[CRITIQUE] The Jungle Book (2016)

Résumé : Recueilli par des loups, le jeune Mowgli est contraint de quitter sa nouvelle famille afin de fuir le redoutable tigre Shere Khan qui jure de l’éliminer. Guidé par la panthère Bagheera, il entreprend alors un voyage initiatique dans la jungle et part à la rencontre des animaux qui la peuplent.

Critique : 

Il y a quelques semaines encore, je n’aurais pas cru redécouvrir les aventures de Mowgli au cinéma! Pas que je déteste cet univers ou le personnage, mais je n’avais aucunes attentes pour celui-ci. Non seulement je n’ai pas vu la bande-annonce (Même après avoir vu le long-métrage, ce n’est toujours pas fait!), mais je n’ai lu aucune critique et ne savais rien sur la distribution ou les gens présents au côté technique. Donc, même si je savais de quoi parle The Jungle Book, je ne savais pas s’il serait fidèle ou, tout du moins, s’il conserverait les qualités de l’œuvre animée de Disney, de 1967 (Ou sa suite tardive de 2003). Pour autant, même si j’ai vu le dessin animé de Disney, je ne suis pas un grand connaisseur de l’œuvre littéraire de Rudyard Kipling. Malgré tout, il reste que mes adaptations préférées de cet ouvrage sont The Jungle Book de Stephen Sommers (Avec Jason Scott Lee dans le rôle de Mowgli) et The Second Jungle Book: Mowgli & Baloo (Une adaptation que je n’ai pas revue depuis sa distribution VHS.). Donc, même si une adaptation réelle de The Jungle Book me paraissait inutile, il me faut avouer que ce n’était pas parce que ledit long-métrage était en en version réelle. Maintenant que je l’ai vu, voici mon avis!

Cette nouvelle adaptation de The Jungle Book suit l’histoire de Mowgli, un jeune enfant humain, qui vit avec les animaux. Il est notamment le protéger de Bagheera, une panthère noire très gentille qui demeure le mentor de Mowgli, qui est également l’enfant des loups et le fils d’Akela, la louve du groupe. Même si les animaux l’acceptent, il demeure que Mowgil reste un humain et provoquera rapidement la colère de Shere Khan, un tigre dangereux et défiguré, qui promet à la troupe de loups et Bagheera de tuer Mowgli. Assez rapidement, Bagheera obligera Mowgli à retourner dans son peuple humain, pour le protéger, mais il sera attaqué par Shere Khan et il se perdra dans la forêt. Heureusement pour lui, Mowgli tombera sur Baloo, un grand ours paresseux et gentil. Pendant un moment, ceux-ci feront équipe pour voler du miel aux abeilles, tout en devenant les meilleurs amis du monde. Lorsque les choses deviendront dangereuses, Bagheera retombera sur Mowgli et Baloo et ceux-ci décideront, après que Shere Khan ait pris le contrôle de la troupe de loups, de ramener Mowgli auprès des humains. Après un incident de circonstances avec des singes, dirigés par King Louie, Mowgli apprendra que Shere Khan a tué le roi des loups et décidera de combattre le tigre vorace, au lieu de fuir, tout en étant aidé de Bagheera et Baloo!

Faire une adaptation réelle de The Jungle Book n’était absolument pas une chose impossible, non seulement Stephen Sommers l’aura prouvé avec sa version de 1994, mais il est clair que l’univers peut parfaitement coller dans la réalité; il suffit de l’offrir avec la bonne sauce. C’est ce que parvient à faire Jon Favreau avec cette réadaptation moderne. Sans être un excellent film ou une perfection, cette nouvelle adaptation est simplement divertissante et propose vraiment une modernisation visuelle et technique hors-pair. Dès les premières minutes, où Mowgli court sur des arbres, on sent que cela est réel et que les avancements techniques ont finalement permis d’offrir des décors sur fonds verts crédibles qui fonctionnent parfaitement. Puis, on sent également que l’œuvre de Favreau tente vraiment d’offrir du grand spectacle, ne se privant pas offrir plusieurs scènes d’action très spectaculaires et des moments assez impressionnants visuellement (On pense à la rencontre de Mowgli avec le serpent nommé Kaa.).

Puis, même si cela risque de mal vieillir dans quelques années, The Jungle Book offre une bonne retranscription visuelle des personnages animaliers. Non seulement ceux-ci sont très beaux, avec des animatroniques qui rendent crédibles le spectacle, mais on sent un réalisme certain dans la texture de leur pelage et de leurs polis, surtout Bagheera et Shere Khan qui ressemblent véritablement aux animaux auxquels ils sont associés, même chose pour King Louis qui semble réel et qui possède de véritables caractéristiques propres aux orangs-outans. Puis, lorsque les animaux parlent, on ne sent pas d’exagérations ou des imperfections dans le procédé. Non seulement ils bougent leurs bouches correctement, mais ils ont un rendu visuel qui marche parfaitement, surtout Baloo qui possède des expressions amusées et drôles, ou Bagheera qui transmet bien les émotions d’un père pour son fils, envers Mowgil.

Cette nouvelle adaptation de The Jungle Book possède également des décors très beaux qui transpirent le réalisme, en donnant l’impression d’être dans une vraie forêt amazonienne. J’aime particulièrement les scènes où Mowgil se retrouve dans la grande forêt qui semble très inquiétante, surtout lorsque Mowgil doit affronter Kaa, le grand serpent géant. Puis, on sent que les environnements ont l’air réels, surtout lorsque Mowgil court dans des arbres, nage dans l’eau ou doit tenter de survivre à une avalanche de roches. Encore mieux demeure le combat final où notre héros doit affronter Shere Khan, avec du feu partout et des branches qui commencent à être fragiles. On sent, lors de ce combat final, que le danger est imminent et que les flammes sont réelles, rendant ainsi les tentatives de survie et la mauvaise posture de Mowgil contre le grand tigre dangereux encore plus réalistes et le tout encore plus stressant.

On donnera aussi à cette nouvelle adaptation d’offrir une excellente transposition des meilleurs éléments de la version de 1967. Par exemple, on sent que Bagheera et Baloo sont très représentatifs de leurs précédentes personnalités, surtout Baloo qui est toujours aussi drôle et léger. Puis, le long-métrage reprend très bien les musiques populaires qu’on à tant apprécié auparavant, comme The Bare Necessities (Qui demeure un classique intemporel.), I Wan’na Be Like You ou Trust in Me (Pas la plus marquante, je vous l’accorde…) qui étaient tous présentes dans la version animée originale et sont tous remises dans cette nouvelle version réelle de façon parfaite. On remarquera aussi que, tout comme les nombreuses versions filmiques, celle-ci réintègre le fameux King Louis (Qui n’existe pas dans le livre original) de façon identique.

On donnera aussi aux scènes d’action d’offrir la marchandise sans trop de misères, surtout lors du fameux moment où Bagheera doit, à deux reprises, se frotter à Shere Khan, tout en sachant qu’il n’a simplement pas le dessus sur lui. Même Baloo tente un combat contre notre cher tigre et, il faut l’avouer, il se défend très bien. On donnera aussi aux scènes où Mowgil doit fuir dans les arbres d’être de véritables moments stressants. Ces moments sont offerts avec un certain suspense et une ambiance tendue qui demeure offerte brillamment, surtout la première scène où Mowgil fait un entraînement contre Bagheera. Il faut aussi offrir à cette ré-imagination le fait de savoir offrir aucuns temps morts, tout en se donnant à fond pour offrir une histoire complète et qui tient la route tout du long. Même les multiples apparitions de personnages secondes populaires (On pense à King Louis) ne font jamais tâche et s’arrangent pour donner un résultat scénaristique symétrique qui fait du bien à voir.

L’œuvre de Jon Favreau possède aussi le bénéfice d’avoir quelques libertés dans sa manche. Bien que la retranscription scénaristique est bien visible, il demeure que l’œuvre tente à plusieurs reprises d’offrir des nouveaux éléments intéressants. On pense surtout au fait que Mowgil soit un enfant des loups (En tout cas, je ne me souviens pas de ce fait dans la version originale…) ou qu’il doit utiliser des moyens sophistiqués pour récupérer du miel à Baloo, tout comme l’idée de la fameuse fleur rouge qui effraie tous les animaux (Vous comprendrez lorsque vous verrez le long-métrage). Pour autant, et cela risque de déplaire aux fans du long-métrage animé, la plus grande innovation est la fin en elle-même où Mowgli ne rejoint pas les humains. Bien que cela soit surprenant, cela aide à une certaine cohésion dans l’univers de The Jungle Book où le personnage principal est l’humain de la jungle et ne veut pas aller vers son peuple, mais cela permet aussi de mettre une possibilité de suites.

Du côté technique, The Jungle Book se défend assurément bien! Jon Favreau (Iron Man 1 & 2, Cowboys & Aliens) offre une réalisation symétrique et impeccable où chaque moment d’action, de suspense ou montrant des animaux parlés est un véritable moment d’effort de sa part. Puis, même s’il n’a jamais été un grand réalisateur, on sent que l’homme nous aura offert (Jusqu’ici…) sa meilleure réalisation. Mark Livolsi offre un montage plutôt impressionnant avec une symétrie certaine dans les coupures et les moments d’action, tout comme dans le développement de l’histoire. Bill Pope offre probablement la meilleure qualité du long-métrage avec sa direction photographique très belle qui donne des paysages colorés et diversifiés aux niveaux des teintes colorées. Pour sa part, John Debney (Sin City) donne une musique envoûtante avec plusieurs morceaux qui donnent un bon résultat au niveau du suspense et des scènes d’action.

Dans le rôle de Mowgil, Neel Sethi, un nouveau venu, ne donne pas la performance de sa vie, mais cela demeure une performance acceptable pour un rôle de jeune enfant insouciant et joyeux. Je dois avouer que pour le restant, je ne peux pas vraiment juger concrètement puisque j’ai vu le long-métrage en doublage québécois, avec les voix de Normand D’Amour, Ariane Moffatt et Laurent Paquin. Par-contre, je peux facilement dire que Normand D’Amour aura offert une performance sincère et crédible dans le rôle de King Louis (Avec une voix qui ressemble énormément à celle d’Aslan dans la saga de The Chronicles of Narnia.). Enfin, je ne peux pas aller plus loin dans mon avis sur les acteurs, mais je ne peux pas vous dire non plus que nos voix québécoises n’étaient pas crédibles!

Le seul défaut que je donne vraiment à ce film serait peut-être le fait que l’œuvre offre un schéma narratif un peu répétitif avec la quête futile de Bagheera et Baloo qui tentent d’envoyer Mowgli à son peuple humain. Même si la quête est nécessaire et qu’elle est reprise de l’œuvre animée de 1967, cela demeure un point qui m’a toujours agacé, surtout qu’on sait qu’ici que le personnage principal n’ira jamais voir son peuple et que ce n’est qu’un fil rouge pour tenir le long-métrage. Par-contre, il faut avouer que c’est le seul point scénaristique qui fait réellement défaut.

Avec cette ré-imagination du conte original, Walt Disney Pictures s’assurait d’offrir un univers visuel impressionnant avec une envie d’offrir des décors et des retranscriptions de personnages bluffantes. Malgré l’inutilité de la 3D, il demeure que le pari est réussi, tandis que Jon Faveau et son équipe n’auront en aucun cas déçu l’audience en offrant un divertissement conséquent qui donne littéralement envie de sortir de notre siège et d’aller dans une forêt amazonienne pour y parcourir ces paysages. Bien qu’on se doute que l’œuvre vieillira mal dans les quelques années à venir, au niveau des effets spéciaux, il demeure que ces derniers sont actuellement impeccables et proposent une révolution certaine, depuis la venue d’Avatar de James Cameron. En sachant qu’une suite est déjà prévue, on peut dire Jon Faveau et son équipe n’auront pas fini de surprendre l’audimat. En attendant cette suite, il est à noter qu’une nouvelle version de The Legend of Tarzan (Avec Alexander Skarsgård) arrivera cet été et qu’une seconde version réelle de The Jungle Book (Réalisée par Andy Serkis) arrivera en 2018. En tout cas, on peut dire que la mode des hommes sauvages en pleine forêt amazonienne, avec des animaux autour d’eux, n’a pas fini d’être d’actualité!

Note : 4.5 / 5

En résumé : Bien que mes attentes pour cette nouvelle adaptation de The Jungle Book étaient complètement absentes, je ne regrette pas d’être allé voir cette version réelle du conte original avec une personne proche de moi. Non seulement le divertissement est totalement présent, mais on offre une révolution visuelle qui dépasse l’entendement, autant au niveau des jolis paysages, que des animaux qui sont simplement réalistes et splendides. Puis, on donnera à la distribution québécoise d’être très compétente, tout comme au scénario d’être solide. Au final, bien que je ne sois pas le plus grand fan ou connaisseur de l’œuvre de Rudyard Kipling, je dois avouer que cette nouvelle adaptation est une révolution certaine, arrivant quasiment à la cheville de l’œuvre de Stephen Sommers!


Réalisation : Jon Favreau

Scénario : Justin Marks

Avec en version originale : Neel Sethi, Ritesh Rajan, Bill Murray, Ben Kingsley, Idris Elba, Lupita Nyong’o, Scarlett Johansson, Giancarlo Esposito, Christopher Walken, Emjay Anthony

Avec en version québécoise : Neel Sethi, Laurent Paquin, Normand D’Amour, Ariane Moffatt

 

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