[CRITIQUE] Point Break (2015)

Résumé : Un jeune agent du FBI infiltre une équipe de criminels utilisant leurs aptitudes aux sports extrêmes afin de commettre leurs crimes.

Critique : 

La gestion de remake d’un classique populaire est une chose difficile à cerner. Bien que les gens autour d’une œuvre qui reprend un classique veulent offrir le maximum et donner une bonne réactualisation, il arrive que cela ne fonctionne pas. Il suffit de voir le sort offert au Robocop de José Padilha qui était, dès son début de production, un véritable paria et une œuvre détestée par internet. Bien que les remakes de longs-métrages cultes ne soient pas la seule cible de cette mauvaise réputation, il demeure que les fans se donneront toujours à cœur joie pour démolir un remake qui semble mauvais. Sorti à la fin de 2015, Point Break était un navet dès son annonce et ce fut encore pire lorsque les premières photos, bandes-annonces et affiches furent sorties. Pour ma part, je fus intrigué par la bande-annonce qui semblait offrir une version totalement différente de l’original, tout en voulant respecter son aîné. Lorsque le long-métrage sorti en salles, je fus content et enthousiasme envers cette nouvelle œuvre, la prenant en tant qu’égal à l’original (Critique ici). Pour autant, les critiques et spectateurs ne furent pas convaincus (9% sur Rotten Tomatoes!) et le film fit un box-office assez minable (131 millions pour un budget de 105). Ce qui me remit en question sur mon fanatisme de ce remake détesté, jusqu’à mon nouveau visionnement en Blu-ray!

Cette réactualisation du long-métrage de 1991 suit au départ Johnny Utah et son ami, Jeff, qui décident de faire un parcours de motocross dangereux pour leur chaîne YouTube et leurs commanditaires. Pendant le moment où ils doivent sauter sur un petit rocher, à la fin de la piste, Johnny parvient à aller de l’autre côté, mais son ami dévale la pente avec sa moto. Sept ans plus tard, Johnny est devenu une recrue du FBI qui doit faire ses preuves auprès de son supérieur, l’inspecteur Hall. Par un heureux hasard, il pourra faire ses preuves grâce à des brigands qui dévalisent des banques et avions. Sur l’enquête, Johnny expliquera à son supérieur que les voleurs de banque sont en fait des amateurs de sports extrêmes qui veulent reproduire les huit épreuves d’Ono Osaki, qui a pour but de faire ces épreuves, tout en redonnant un élément à la nature. Assez rapidement, Johnny s’infiltre en France, pendant la quatrième épreuve, pour découvrir qui sont les cinq bandits. Ses soupçons se tournent assez rapidement sur Bodhi et ses quatre amis qui semblent étranges. Malgré des embûches, Johnny réussira à sympathiser avec Bodhi et sa bande, tout en découvrent la culpabilité de Bodhi et ses sbires dans les vols. À ce moment précis, Johnny devra choisir entre faire son travail ou aider Bodhi et sa bande!

Il faut le dire d’avance, offrir un remake de Point Break était loin d’être une mauvaise chose. Non seulement l’original est un long-métrage imparfait et légèrement vieillot, mais le potentiel était réellement présent avec la vague de popularité que vit la saga Fast and Furious, avec son Furious 7. Donc, autant au niveau de l’utilité que du moment de le faire, le remake de Point Break était réellement bon à faire maintenant, dans ce climat. Au niveau de la qualité, Point Break peut réellement s’affirmer comme un des remakes les plus exemplaires et intéressants qui soit sorti depuis longtemps! Que ce soit au niveau scénaristique ou structure, l’œuvre d’Ericson Core ne pouvait pas être plus différente qu’originale. Bien qu’on reprenne les personnages et l’histoire en surface, il demeure que Point Break ne suit pas le même schéma, ni même les péripéties. Cela se fait déjà sentir avec la première scène de motocross absente de l’original.

Par après, on se rend compte que Point Break se veut être un divertissement léger et facilement digérable qui cherche avant toute chose à offrir des scènes visuellement époustouflantes et une bonne dose d’adrénaline. Sur ce point, nous pouvons dire que l’œuvre d’Ericson Core est réussi et donne la marchandise de manière unique. On sent de par les scènes de sports extrêmes que le budget a servi à offrir des séquences impressionnantes en sautant d’un avion, en faisant du parachute du haut des montagnes et en pratiquant du ski dans des pentes dangereuses. Bien plus que l’original est encore avec ses belles scènes de surf, le remake parvient à offrir des scènes visuellement belles qui donnent des sensations fortes à ceux qui ont le vertige. Personnellement, ma scène préférée dans ce registre demeure celle où Johnny poursuit Bodhi en escaladant des parois rocheuses sans équipement!

Ce remake est aussi une réussite en offrant le personnage de Bodhi avec un bien meilleur message écologique et rebel que l’original. Bien que l’original démontrait que Bodhi mettait son plan à exécution pour combattre le système et pour démontrer que la valeur de l’argent était surfaite, il demeure que le Bodhi du remake donne une bien meilleure couche sur ce point, en voulant simplement passer au-travers des épreuves d’Ono Osaki pour vivre pleinement dans la nature et lui rendre ce qui lui appartient. Puis, on donne à Bodhi un air beaucoup plus sympathique que dans l’original, nous l’offrant totalement comme un anti-héros qui prendra toujours Johnny comme son allié (On supprime même le plan grotesque de torturer la petite-amie de Johnny!). D’un autre côté, même les amis de Bodhi sont beaucoup plus sympathiques et intéressants que ceux que l’original nous offrait.

Point Break est aussi une réussite grâce à sa manière d’offrir un éloignement considérable avec l’original. Bien que l’original soit une nostalgie et mon long-métrage préféré de Patrick Swayze (Bien que j’adore Road House!) et l’un de ceux de Keanu Reeves, je ne peux pas dire que la structure narrative du long-métrage de Kathryn Bigelow était si parfaite et intouchable que cela. Tout d’abord, il est sympathique d’avoir mis l’emphase sur un scénario plus corsé et travaillé sur les sports extrêmes et les épreuves d’Ono Osaki. Non seulement on dynamise le tout, mais on donne encore plus d’importance aux sous-textes de l’œuvre originale. Puis, le fait d’offrir une vraie raison à l’embauche de Johnny dans le FBI marche bien mieux. Je donnerais autant de crédit à l’étoffe que vit le personnage de Samsara (Ou Tyler dans l’œuvre précédente…) qui est beaucoup plus attachante ici. On corrige même des erreurs flagrantes de l’original comme le côté salopard de Bodhi, la théorie stupide de Pappas et de Johnny sur le fait que ce sont des surfeurs par des caractéristiques ou la démarcation de bronzage qui fait que Johnny reconnaît les voleurs de banque! Vous pouvez me croire, le remake fait bien de ne pas suivre l’original mot pour mot.

Pour continuer là-dessus, Point Break est également très intelligent en donnant une vision plus réaliste et sérieuse dans la balance. Je veux bien que les braqueurs de banque avec des masques de présidents fut une trouvaille intéressante dans les années 90, mais elle n’aurait pas marché aujourd’hui. Pour cela, on bénit définitivement les scénaristes Rick King, W. Peter Iliff et Kurt Wimmer (The Thomas Crown Affair, Equilibrium, Ultraviolet, Street Kings, Total Recall) d’avoir su actualiser astucieusement le côté vol de banque et le monde des sports extrêmes. J’aime définitivement qu’on cite la génération YouTube et les managers qui profitent beaucoup de leurs célébrités. Puis, lorsque vient finalement le moment où Johnny qui se retourne contre ses nouveaux amis, on y croit beaucoup plus que lors de l’œuvre originale. Puis, lorsqu’on s’y attend le moins, ce remake offre un revirement de situation qui m’a beaucoup surpris envers un certain personnage, surtout qu’il avait un destin relativement différent dans l’œuvre de Bigelow.

Malgré son envie de changer totalement son scénario, le remake tente quand même d’offrir plusieurs clins-d’œil intéressants à son aîné. On notera tout d’abord que la scène où Bodhi et ses sbires cambriolent une banque est marquée par leur casque de moto qui possède les fameux visages des présidents des États-Unis (Un bel hommage d’ailleurs!). On offre aussi la fameuse scène du tir dans les airs avec une belle reprise qui fait plaisir à voir. Puis, dans des rôles très secondaires, James Le Gros et Bojesse Christopher sont de retour dans ce remake. Pour ceux qui ignorent de qui il s’agit, ceux-ci étaient les sbires de Bodhi dans l’original.

En plus de tout cela, Point Break offre un style d’action énormément soutenu. Bien que l’œuvre d’Ericson Core est avant toute chose une pauvre excuse (Dans le bon sens du terme!) pour des beaux paysages et des sports extrêmes, il est bien que l’œuvre rattrape le tir pendant son troisième acte en offrant une pente rocheuse qui dévale et des courses poursuites trépidantes. La fameuse scène de l’après vol de banque où Johnny tire et court après Bodhi et ses sbires tient incontestablement la route, tout comme la fameuse scène de l’escalade qui donne des frissons dans le dos! Bien qu’étant beaucoup plus une œuvre qui veut offrir des scènes de sports extrêmes épatantes, Point Break sait pour autant offrir un dernier acte trépidant au niveau de l’action.

Pour ce qui est du côté technique, c’est impressionnant! Ericson Core (Invincible) donne une réalisation imposante et qui en donne plein la vue au niveau des scènes de sports extrêmes, tout comme les scènes d’action. On sent que l’homme voulait rendre l’expérience de la 3D au cinéma explosive! Pour sa part, le montage de John Duffy, Gerald B. Greenberg et Thom Noble est plutôt impeccable et donne des coupures symétriques qui ne font jamais honte. Puis, les éclipses rapides ne sont pas dérangeantes non plus, tout comme les scènes d’action qui possèdent de bonnes coupures. Également à la direction photo, Ericson Core donne un visuel bleuté et naturel qui renvoie directement à l’original, c’est très beau visuellement et on sent que l’homme veut rendre crédible les paysages exotiques et naturels qu’il offre sans cesse. Junkie XL (DOA: Dead or Alive, Mad Max: Fury Road, Deadpool, Batman v Superman: Dawn of Justice) donne une trame sonore efficace et qui soutient chaque moment de sports extrêmes avec brio, surtout lors de la scène de parachutes au-dessus des rocheuses!

Au niveau des acteurs, c’est bon comme mauvais! Dans le rôle principal, Luke Bracey (The Best of Me) est très mauvais et demeure inexpressif; tout le long, on sent qu’il ne donne aucune nuance ou du charisme à son personnage. Edgar Ramirez (Hands of Stone, Joy, Deliver Us From Evil) donne une performance excellente dans le rôle de Bodhi et propose un contrasse impressionnant entre lui et Bracey! Teresa Palmer (Warm Bodies, I Am Number Four, The Choice, Triple 9) donne une performance enjouée et expressive qui fait du bien à voir. Matias Varela et Tobias Santelmann sont aussi plutôt bons dans les rôles des sbires de Bodhi. Delroy Lindo (The One) est peu présent, mais il est très correct. On notera aussi la présence de Max Thieriot (My Soul to Take, House at the End of the Street, Bates Motel) au générique.

Au niveau des défauts, ce serait vraisemblablement la fin qui est assez inintéressante. Pas qu’elle soit si mauvaise, mais elle reprend simplement la fin de l’original. Bien qu’elle soit plus impressionnante (Le 105 millions de budget y est pour beaucoup!), c’est simplement le même enjeu et finalité. De ce fait, avec un remake aussi différent et original dans son scénario, c’est décevant de finir sur la même note que l’original.

Au final, Point Break est un remake qui aura vécu le même sort que trop de remakes sortis dernièrement en salles. Les gens ont simplement vus en mal le fait qu’il est un remake de leur film préféré et ils n’ont pas voulu le voir en tant que tel. Pour ma part, sans être une œuvre d’exception ou imposante, il donne un divertissement certain avec un côté technique hors-pair et des scènes de sports extrêmes qui donnent des sensations fortes. Déjà, lors de sa sortie en salles, avec la 3D, le long-métrage m’avait mis sur le derrière pour sa grande qualité visuelle, et cela ne change définitivement pas au second visionnement. On offre une variation intéressante de l’original et un produit fini qui donne définitivement la pêche. Avec le remake de Robocop, Point Break est l’un des meilleurs remakes sortis dans les derrières années.

Note : 4.2 / 5

En résumé : Injustement critiqué et avec un box-office relativement décevant, ce remake de Point Break ne méritait assurément pas tant de haine gratuite. Il ne réinvente pas la roue, surtout avec la venue de la saga Fast and Furious, mais il est définitivement une excellente curiosité et probablement l’un des meilleurs remakes de la dernière décennie. Non seulement les paysages et le scénario sont exemplaires, mais on voit à quel point les efforts ont été offerts pour parvenir à offrir une réactualisation intéressante à la pellicule de Kathryn Bigelow. Au final, Point Break est un bien meilleur remake que ne pouvait l’être The Fast and The Furious, il y a quasiment 15 ans.


Réalisation : Ericson Core

Scénario : Kurt Wimmer

Avec : Luke Bracey, Édgar Ramirez, Teresa Palmer, Ray Winstone, Delroy Lindo, Bojesse Christopher, Tobias Santelmann, Matias Varela, Clemens Schick

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