[CRITIQUE] Hardcore Henry (2016)

Résumé : Henry, un cyborg nouvellement ressuscité, doit sauver sa femme / créatrice des griffes d’Akan, un tyran psychotique ayant des pouvoirs télékinétiques, et de son armée de mercenaires. À ses côtés, se trouve Jimmy un étrange soldat britannique qui représente sa seule chance de survivre à cette journée.

Critique : 

2016 s’annonce comme étant une année explosive et diversifiée en films d’action. Que ce soit des films de super-héros, des projets minimalistes (The Shallows, Green Room, Snowden) ou les grosses productions (The Jungle Book, The Legend of Tarzan, Warcraft, Ben-Hur), nous avons tout simplement une année excellente qui restera dans les annales. En attendant ces sorties, il reste qu’avec des longs-métrages comme Deadpool ou 10 Cloverfield Lane, nous avons eu un début d’année intéressant. Néanmoins, l’un des projets que j’attendais le plus demeurait Hardcore Henry. Inspiré d’un court-métrage surnommé Bad Motherfucker, Hardcore Henry aura eu la chance inestimable de pouvoir devenir un long-métrage grâce au producteur Timur Bekmambetov (Night Watch, Day Watch, Wanted) qui a vu assez d’excellences dans le court-métrage pour le transformer en une version longue et, lors de sa post-production, Ilya Naishuller, le réalisateur, a fait une campagne Indiegogo pour parvenir à compléter les effets-spéciaux. Avec un succès pour cette campagne et une diffusion au Festival international du film de Toronto, IIya Naishuller ne devait pas s’attendre à ce qu’Hardcore Henry ait une sortie cinématographique internationale ce vendredi. Malgré tout, c’est ainsi que j’ai enfin pu découvrir le long-métrage et vous offrir cette critique!

Hardcore Henry nous place selon le point de vue d’un certain Henry, un homme normal transformé en cyborg après un combat contre Akan, un scientifique fou. Après sa transformation cybernétique, Henry sera réveillé par Estelle, une scientifique, qui se révélera être sa femme. Malgré son réveil, les festivités seront rapidement de courte durée lorsqu’Akan arrivera dans le décor, tuera les scientifiques de ce projet et tentera de tuer Henry et Estelle. S’échappant du vaisseau, Henry et Estelle tenteront de fuir, mais se retrouveront rapidement devant les hommes d’Akan qui tenteront de tuer Henry à nouveau et qui enlèveront Estelle. Par la suite, Henry devra simplement combattre des sbires d’Akan, tout en étant aidé par un certain Jimmy, qui se révélera être un allié étrange possédant de multiples frères jumeaux! Pendant une journée complète, Henry devra trouver certains moyens pour recharger sa batterie vitale, combattre des sbires, retrouver Akan et essayer de l’empêcher de conquérir le monde avec une armée de robots identiques à Henry.

Il n’est assurément pas étonnant que Timur Bekmambetov ait vu un si grand potentiel dans ce projet. Non seulement Hardcore Henry est probablement un des projets les plus visuels les plus originaux des dernières années, mais il est aussi un énorme plaisir qui demeure du début jusqu’au générique de fin! Dès le départ, on se rend compte que la technique de réalisation (Qui est de mettre des caméras sur le torse et visage de l’acteur) tient du génie et est réellement bien utilisée. Bien qu’il y ait parfois des tremblements de caméras, ce n’est jamais illisible ou vraiment chaotique visuellement parlant. Puis, on se rend même compte que l’œuvre parvient à offrir des bonnes scènes d’action impressionnantes et une véritable gestion du rythme qui rend Hardcore Henry toujours divertissant et qui renouvelle sans cesse ces enjeux et les limites techniques du «first-person shooter».

D’un autre côté, on transpose aussi extrêmement bien le concept de science-fiction que met en évidence l’œuvre d’Ilya Naishuller. Bien que les inspirations d’Hardcore Henry sont claires (On pense nécessairement à Robocop…), il ne va jamais trop loin avec ceux-ci ou son concept de science-fiction; ça reste avant toute chose une œuvre digne de Crank où le héros se veut être un véritable dur à cuir qui fait des vraies cascades folles et qui cherche n’importe quel prétexte pour faire des conneries. Puis, l’œuvre montre sans cesse Henry avec une difficulté à pouvoir garder sa batterie virale (Sous le cœur) pleine et à rester dans un état de santé acceptable. On le verra souvent devenir blessé et avoir la vision brisée. La fameuse scène où, après un combat contre Akan, Henry se retrouve en pleine nature, avec un œil arrachée (Qu’on présente visuellement avec la caméra qui montre une image coupé en deux) et du sang partout dans le visage. Puis, on offre aussi un concept de clones robotiques qui tient aussi la route. Malgré tout, ce n’est jamais exagéré non plus, on met en évidence le tout comme une œuvre telle que I, Robot, où le concept est parfaitement adapté à l’œuvre.

Hardcore Henry est aussi intéressant en étant une version filmique à la série de livres «Un Livre dont vous êtes le Héros» où le spectateur se retrouvera à être Henry. Bien que le concept risque d’avoir des plaintes pour le visuel tremblent et le «first-person shooter» qui fait partie intégrante de l’œuvre, il reste que l’idée était vraiment brillante (Et VVS, son distributeur, l’a très bien illustré avec sa campagne publicitaire.) et très bien transposée en voulant que le personnage principal devienne simplement les gens dans la salle, qui font ces actes violents et les conneries du personnage d’Henry. Puis, l’exercice rappelle définitivement la mode des jeux vidéos en «first-person shooter» comme Bioshock où nous sommes la personne qui parvient à vaincre les boss de fin de niveaux et qui est en mesure de sauver la planète à elle seule. Puis, Harcore Henry va définitivement jusqu’au bout dans cette idée et l’amène de la meilleure des façons!

L’œuvre d’Ilya Naishuller est aussi une brillante expérience en donnant des scènes d’action à couper le souffle! Tout d’abord, la fameuse scène de course poursuite où Henry poursuit un sbire d’Akan est un véritable moment de folie. On sent que l’idée est d’offrir une immersion totale où nous suivons chaque instant et où le personnage tire sur des soldats, fait une fusillade contre le sbire et lui court après au-travers d’un aéroport et d’un parc, jusqu’à un petit village passant. D’ailleurs, chaque moment où Henry fait de l’infiltration, détruit des voitures ou combat des méchants, il y a toujours une immersion visuelle où nous sentons que le personnage commet de véritables actions et qu’il est très imposant, au-travers de son regard où nous voyons ces mouvements et son côté athlétique. Puis, on offre un dernier acte où Henry affronte des centaines de clones robotiques et où le protagoniste utilise des éléments du décor, ses habilités physiques et sa bonne aptitude avec des armes à feu!

En parlant de ce dernier acte, Hardcore Henry prend bien le temps d’offrir un affrontement final explosif entre Akan et Henry où celui-ci doit utiliser ses plus grandes compétences pour parvenir à tenir tête à son ennemi, ce qui demeure difficile puisqu’Akan a des pouvoirs de télékinésie avancés qui contrôlent les mouvements d’Henry. Malgré tout, cela demeure exceptionnel puisqu’Henry prend le temps de retenir les mains de son ennemi ou utilise les corps flottants pour rejoindre Akan qui utilise son pouvoir pour faire tout voler. On livre même un dernier moment final où Henry est à son plus faible et doit combattre un ennemi émotionnellement plus fort. Puis, l’œuvre offre un revirement final attendu, mais qui donne une nouvelle dynamique intéressante à l’œuvre.

Le long-métrage a aussi quelques éléments qui jouent en sa faveur. On pense notamment au fameux générique d’ouverture où nous voyons des méchants être tués avec les armes d’Henry. C’est sanglant et probablement le meilleur générique depuis l’hilarant générique d’ouverture de Deadpool. Aussi, il y a le concept des jumeaux multiples de Jimmy qui est plutôt excellent et, tout comme le personnage principal, on se demande sincèrement la clé du mystère autour des multiples personnalités de Jimmy, qui sont totalement différentes et toutes délirantes. Puis, on offre plusieurs moments divertissants où Henry doit découvrir des environnements nouveaux comme un club de strip-teaseuses ou un laboratoire très sophistiqué. On place aussi dans ce film des effets spéciaux et visuels qui sont véritablement impeccables et rendent l’œuvre crédible.

Pour ce qui est du côté technique, c’est impressionnant! Ilya Naishuller (Bad Motherfucker) offre une réalisation révolutionnaire et qui repousse les limites du «first-person shooter» depuis l’excellent Maniac. Que ce soit les scènes d’action, de courses poursuites ou de combats, c’est tout simplement des moments visuellement impeccables; surtout les moments où Henry se fait soulever de terre par Akan ou qu’il affronte sa grande armée de clones robotiques. Puisqu’Hardcore Henry est un dérivé du plan-séquence ou du found-footage, il est évident que le montage de Steve Mirkovich avait beaucoup à prouver puisque le but est d’offrir une œuvre qui bouge sans arrêt et qui doit montrer le point de vue constant d’Henry. Sur ce point, le montage obtient un sans-faute et mérite de grandes éloges. Bien que n’étant pas la grande qualité de l’œuvre, la direction photo de Pasha Kapinos, Vsevolod Kaptur et Fedor Lyass est très belle et rend les décors naturels très poétiques. Darya Charusha a beau offrir une musique discrète, elle demeure très bonne lorsqu’elle fait son apparition.

Les acteurs sont aussi très sympathiques! Sharlto Copley (District 9, Elysium, Oldboy, The A-Team) donne un rôle de soutien très bien et donne une performance déjantée qui correspond à sa réputation de grand acteur. Danila Kozlovsky est plutôt convaincant dans le rôle du méchant, mais il demeure assez peu présent pour réellement marquer. Haley Bennett (College, The Haunting of Molly Hartley, The Hole in 3D) a toujours été une très mauvaise actrice et cela ne change pas ici, alors qu’elle peine à convaincre dans son rôle de la fiancée d’Henry. Pour sa part, Tim Roth (Reservoir Dogs, Pulp Fiction, The Hateful Eight, Funny Games) n’a beau être là que pour une scène, il est parvenu à me surprendre dans son petit rôle où il demeure convaincant.

Pour ce qui est des défauts, nous avons l’histoire en elle-même qui demeure très clichée, malgré la prémisse visuelle ultra originale. Même avec le côté robotique, le méchant avec de la télékinésie ou le côté violent et con à la Crank, cela demeure toujours l’histoire simple du héros qui doit sauver sa dulcinée. Cela devient même redondant lorsqu’on voit qu’Hardcore Henry essaie très fort de donner des sous-intrigues non-conventionnelles et très révolutionnaires. Au final, il aurait été bien qu’Ilya Naishuller et Will Stewart aient tenté de retravailler leur scénario et d’offrir une histoire beaucoup plus originale.

En conclusion, Hardcore Henry est une véritable folie visuelle et qui cherche à tout moment d’offrir des moments d’action très saugrenues et exagérés, mais c’est justement la plus grande qualité de l’œuvre qui tente une approche à la Robocop, mais avec le style stupidement fun de Crank. Dans cette optique, on ne peut qu’applaudir Ilya Naishuller qui donne tout ce qu’il a pour offrir un divertissement sophistiqué et rempli d’action qui fait du bien pendant une bonne centaine de minutes. Puis, lorsque le générique arrive, on ne peut que sentir une véritable satisfaction d’avoir vu tant de moments excentriques et une technique visuelle aussi bien utilisée. Les détracteurs se plaindront probablement des tremblements et des mouvements saccadés d’Henry, mais c’est justement le réalisme de cette technique visuelle qui fait tant l’excellence de ce long-métrage. Je m’en souviendrais personnellement comme un grand long-métrage!

Note : 4 / 5

En résumé : Bien qu’Hardcore Henry ne soit pas la meilleure œuvre des dernières années, ou même de l’année, cela demeure un divertissement musclé et impressionnant qui nous donne une dose d’adrénaline exceptionnelle. Puis, la technique visuelle du «first­person shooter» tient la route, tout comme les acteurs qui sont convaincants. Le seul véritable reproche demeure le scénario simpliste qui ne change pas d’une œuvre d’action tournée de façon ordinaire. Malgré tout, je n’oublierais pas les excellentes scènes d’action, de courses poursuites et de combats qui sont simplement parfaites et qui sauront rapidement devenir cultes. Au final, si vous avez un long-métrage à voir en avril, Hardcore Henry doit définitivement être le premier sur votre liste!


Réalisation : Ilya Naishuller

Scénario : Ilya Naishuller, Will Stewart

Acteurs : Sharlto Copley, Danila Kozlovskiy, Haley Bennett, Tim Roth, Andrey Dementiyev, Sergey Shnurov, Kirill Serebrennikov, Aleksandr Pal, Svetlana Ustinova, Darya Charusha, Ravshana Kurkova

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