[CRITIQUE] X-Men: Apocalypse (2016)

Résumé : Depuis le début de la civilisation, il fut adoré comme un Dieu. Apocalypse, le premier et le plus puissant des mutants, a amassé le pouvoirs de plusieurs mutants, devenant ainsi immortel et invincible. Après un sommeil de quelques millénaires, il est désillusionné par notre société actuelle et recrute une équipe de puissants mutants, dont Magneto, pour exterminer l’espèce humaine et créer un nouvel ordre mondial qu’il pourra diriger. Alors que le destin de la Terre est en jeu, Mystique et le Professeur X doivent diriger une équipe de jeunes X-Men pour arrêter l’immortel et sauver l’humanité de la destruction.

Critique : 

x-men-apocalypse-poster-ukJe dois le dire aisément, bien que j’apprécie quand même la saga X-Men, je ne suis pas le plus grand fan de cette dernière non plus. Malgré tout, je respecte entièrement celle-ci et je lui vaux même une grande admiration pour être l’une des sagas les plus lucratives au monde avec une très grande longévité. Dans la trilogie originale, je ne suis pas un grand fan des deux premiers volets de Bryan Singer, mais j’apprécie relativement X-Men: The Last Stand (Je sais qu’il s’agit d’un sacrilège ultime!). Pour ce qui est des spin-offs, je déteste avec passion X-Men Origins: Wolverine, tout en trouvant très ordinaire The Wolverine. À la fin, que reste-t-il pour moi dans une saga que je n’adhère pas nécessairement? Pour ma part, mon adhésion totale à cette franchise demeure la trilogie du passé. Non seulement X-Men: First Class fut une véritable révélation pour moi, mais X-Men: Days of Future Past est un véritable chef-d’œuvre dans la longue franchise. Après son énorme succès (747 millions), ce second chapitre de la trilogie fut suivi rapidement par l’annonce d’un troisième volet, X-Men: Apocalypse, qui serait la véritable conclusion de la franchise en six longs-métrages (On oublie les spin-offs de Wolverine et Deadpool…). Dans cette optique, ce chapitre fut simplement une de mes grosses attentes en super-héros de l’année, surtout avec son concept!

Lors du chapitre précédent, Wolverine, Charles Xavier et Erik Lehnsherr étaient parvenus à redéfinir complètement le futur et vivre dans une société plus sereine. Pour autant, en changeant le passé, l’équipe des X-Men aura simplement recréé un passé alternatif où un nouvel ennemi, En Sabah Nur (Apocalypse), deviendra un adversaire dangereux. Ce nouveau chapitre se passe dix ans plus tard et met l’accent sur Charles Xavier qui, depuis le temps, sera parvenu à créer la fameuse école des mutants qu’il s’était promis. Là-bas, des mutants variés comme Scott Summers, Jean Grey, Hank McCoy ou Jubilee sont présents. En parallèle, il s’avère qu’En Sabah Nur sera libéré et commencera un plan pour refaire le monde comme il l’entend. Par la même occasion, Erik tentera de vivre une vie familiale tranquille, mais sera vite découvert comme étant le fugitif qu’il fut auparavant. Assez rapidement, après une vision troublante de Jean et une tentative de retrouver Erik, Charles, Hank, Alex Summers et Moira MacTaggert se frotteront rapidement à Apocalypse, qui s’avère être le mutant le plus puissant qui soit. Après qu’Apocalypse ait tenté de détruire la Terre avec des missiles et que le manoir ait été détruit, les mutants seront au départ séparés, mais se retrouveront rapidement pour affronter Apocalypse et ses quatre cavaliers surpuissants!

Malgré que mes attentes étaient bien présentes pour X-Men: Apocalypse, il s’avère que celles-ci étaient beaucoup moins élevées que pour X-Men: Days of Future Past. Non seulement parce que la promotion était moins alléchante, mais je n’étais pas vraiment convaincu par la route scénaristique de l’œuvre et de l’efficacité de son méchant, Apocalypse. Pour autant, dès ces premières secondes, X-Men: Apocalypse démontre rapidement son efficacité en expliquant concrètement les origines d’En Sabah Nur, tout en donnant de façon exemplaire les raisons qui font que celui-ci ne tenta pas de combattre les X-Men et de détruire la Terre, auparavant. Autrement, l’œuvre parvient efficacement à offrir une histoire exemplaire avec l’idée d’offrir enfin les origines de Scott Summers, Jean Grey ou Ororo Munroe (Tornade / Storm). Par la même occasion, l’œuvre se donne comme devoir de continuer adroitement le futur / passé alternatif de l’opus précédent, tout en donnant une continuité aux personnages au Professeur X et Magnéto.

De plus, X-Men: Apocalypse agit adroitement en répondant à certains questionnements que le long-métrage précédent avaient mis en suspens. Bien qu’on sent que Bryan Singer va trop loin dans son obsession à effacer X-Men: The Last Stand, il demeure que lui et son scénariste, Simon Kinberg (X-Men: The Last Stand, X-Men: Days of Future Past, Superman Returns, Fantastic Four) clouent la boucle avec une certaine excellence, tout en continuant des intrigues qui nous paraissaient intéressantes. Tout d’abord, il est fort distrayant d’enfin découvrir que le professeur Xavier aura finalement réussi à construire son école de surdoués, tout comme Magnéto qui tente de vivre une vie normale, avec sa famille. Le segment sur la vie paisible de Magnéto est d’ailleurs fort réussi et parvient réellement à être exceptionnel, à nous faire aimer Erik, tout comme de finir celui-ci sur une finalité crève-cœur qui tient la route.

On place aussi l’excellence en donnant des nouvelles versions intéressantes de certains personnages. Bien que je n’ai jamais été fan de Scott Summers, il me faut avouer que cette trilogie du passé sera finalement parvenu à me faire apprécier son évolution, ses misères et sa manière de devenir un leader né, lorsqu’il affronte Apocalypse, avec Magnéto et Professeur X. Même chose pour Jean Grey qui, je dois l’avouer, possède une véritable évolution saisissante et le fait d’offrir une bonne chimie entre elle et Scott, tout comme de mettre en avant l’instabilité de ses pouvoirs, sont des bons éléments. Puis, bien que je le déteste toujours autant, il s’avère que la version jeune de Nightcrawler est beaucoup moins mauvaise que celle offerte dans X2, ce qui demeure déjà une légère évolution dans le bon sens!

Ce chapitre est aussi une mine d’or en étant le plus pausé de la trilogie. Bien que First Class et Days of Future Past ont mis la barre haute pour être des divertissements d’action très prenants (Tout en gardant des scénarios très réfléchis, cela va de soi.), il demeure qu’X-Men: Apocalypse tente plutôt une approche très lente et psychologique où les dilemmes moraux et les conflits d’opinions entre Xavier et Apocalypse sont la pierre angulaire de l’œuvre et le tout marche simplement sur ces concepts, en donnant une voie beaucoup plus dramatique et pesante à ce chapitre. Ce chapitre prend aussi beaucoup de temps pour offrir un scénario bien construit qui amène des conclusions en béton sur les multiples personnages et l’univers de la saga de Bryan Singer. Ce qu’il ne réussit peut-être pas totalement, mais ce troisième chapitre devait être plus lent et réfléchi que les autres pour parvenir à conclure la saga en six longs-métrages.

On place aussi la barre haute avec des scènes d’action extrêmement satisfaisantes. Bien que ce chapitre soit plus pausé, il s’avère aussi capable d’offrir des séquences impressionnantes, pendant le troisième acte. Puisqu’Apocalypse est le méchant le plus puissant de la saga, il était de mise que la franchise ne pouvait plus se servir d’un simple soulèvement de sous-marins ou de sentinelles qui détruisent des mutants. Cette fois-ci, il s’avère qu’Apocalypse détruit des villes entières, mais s’avère aussi très coriace pour rendre les coups aux X-Men. Pour autant, c’est réellement pendant le combat final, où les X-Men se servent de leurs pouvoirs collectivement, que ce chapitre explose les attentes. On place même un style inédit à la franchise où Xavier affronte mentalement Apocalypse dans un duel psychologique et visuel fort brutal! Je dois aussi dire que des petites scènes comme l’affrontement dans une cage ou la séquence où un personnage surprise (Nous allons taire son nom dans cette critique..) vient tuer une troupe de soldats en totalité! Même la séquence de Quicksilver se révèle impressionnante et même mieux que celle de X-Men: Days of Future Past.

Bien que les critiques ont été assez négatives sur ce point, il demeure que X-Men: Apocalypse est une réussite constante en offrant pas mal tout ce qui a fait l’excellence de la franchise. Que ce soit le fameux générique traditionnel, avec la finale avec la porte en forme de «X» avec un bouton bleu au milieu, le sous-sol métallique ou le Cerebro emblématique, ce chapitre donne un plaisir nostalgique certain. Par la même occasion, le scénario de Simon Kinberg est peut-être un condensé des meilleurs éléments de la franchise, mais c’est en cela que l’on sent que Bryan Singer et son scénariste ont réellement voulu faire plaisir aux fans, et à ceux qui suivent la saga depuis fort longtemps. Même l’utilisation des flashbacks du passé de Magnéto n’est pas choquante et permet même de comprendre d’une nouvelle façon certains éléments clés.

Ce troisième volet de la trilogie du passé peut aussi se dire brillant en offrant une conclusion impeccable qui termine définitivement la trilogie. Bien qu’il y ait certaines inconsistances, il demeure que la trilogie termine ce qu’elle avait à dire et donne une finalité qui se tient, surtout sur l’amitié complexe entre Magnéto et Professeur X. On amène aussi plusieurs éléments scénaristiques qui pourraient être dans des spinoffs, comme la scène post-générique avec un mutant qui pourrait être coriace, ou le fameux pouvoir incontrôlable de Jean qui amènerait un excellent concept. Soyons honnêtes, je serais le premier à vouloir un long-métrage se passant dans les années 90, avec la même troupe, mais si X-Men: Apocalypse se veut réellement le volet final, en se connectant totalement à X-Men (2000) et X2, on peut au moins lui offrir le mérite de très bien fermer les portes.

Pour ce qui est du côté technique, cela demeure brillant! De retour à la réalisation, Bryan Singer (The Usual Suspects, Superman Returns) offre une réalisation parfaite qui démontre son talent certain dans cette franchise. On sent que l’homme est passionné par sa franchise culte et il offre probablement sa meilleure réalisation, tout en œuvrant à créer des scènes d’action spectaculaires et à rendre emblématique l’excellent personnage qu’est Apocalypse. Michael Louis Hill et John Ottman donnent un montage exemplaire qui offre le maximum d’informations importantes, tout en donnent un produit divertissant et concis, malgré son temps d’écoute de 2h30. Pour sa part, Newton Thomas Sigel offre une direction photographique sublime qui fait, par la même occasion, d’X-Men: Apocalypse le chapitre le plus coloré et poétique de la franchise, surtout pendant le combat final. John Ottman (Superman Returns, X2, la saga Fantastic Four) offre également une trame sonore sublime, marquante avec plusieurs nouveaux thèmes remarquables. Puis, il me faut admettre que j’adore toujours autant le logo Fox qui termine sa petite musique en fusionnant avec le thème de la franchise!

Les acteurs sont aussi un atout. James McAvoy (Wanted, Trance) est toujours aussi investi et charismatique dans le rôle de Charles Xavier. Même chose pour Michael Fassbender (Steve Jobs, Macbeth, 12 Years a Slave, Shame, Centurion, Eden Lake) qui demeure toujours mon acteur préféré de la franchise et offre une performance excellente, surtout avec l’évolution de son personnage durant sa vie de famille. Jennifer Lawrence (La saga Hunger Games) et Nicholas Hoult (Jack The Giant Killer) se révèlent aussi toujours aussi investis dans leurs rôles respectifs. Rose Byrne (La saga Insidious, la saga The Neighbors) se révèle aussi excellente, tout comme Lucas Till (Crush, All Superheroes Must Die), bien qu’il soit peu présent. Étant déjà bon dans le chapitre précédent, Evan Peters (La saga Never Back Down) demeure toujours aussi survolté et brillant dans le rôle de Quicksilver. Dans les nouveaux venus, Tye Sheridan (Joe, Dark Places) et Sophie Turner (Game of Thrones) sont plutôt impressionnants et livrent des versions jeunes de Scott et Jean qu’on apprécie. De plus, Oscar Isaac (Star Wars: The Force Awakens) offre une performance sidérante et parfaite dans le rôle d’Apocalypse et malgré le maquillage, on sent les expressions justes de l’acteur. Les seules vraies plaies du long-métrage demeurent Alexandra Shipp (Anubis) et Kodi Smit-McPhee (The Road, Let me In, Slow West), surtout Shipp qui demeure une erreur de casting monumentale pour Tornade.

Pour ce qui est des défauts, ce serait l’acharnement exagéré de Bryan Singer à effacer complètement X-Men: The Last Stand de la carte. Bien que ce chapitre ait terminé la saga trop tôt et qu’il possède des défauts, ce n’est pas non plus un tâcheron total. Je dirais même que, à force de redéfinir sa saga, Bryan Singer finit par créer des incohérences et des inconsistances visibles qui gâchent un peu le plaisir. Mais bon, ce n’est pas catastrophique non plus…

Au final, X-Men: Apocalypse n’est peut-être pas le chef-d’œuvre qu’on pouvait espérer après le brillant X-Men: Days of Future Past, mais celui-ci demeure une conclusion majestueuse de la trilogie du passé de nos héros. Non seulement on poursuit certaines intrigues de façon magistrale, tout en donnant l’un des meilleurs méchants de la franchise mais on termine aussi la trilogie du passé sur une note quand même exceptionnelle. Par-dessus le marché, Bryan Singer et Simon Kinberg ont tenté d’offrir un chapitre beaucoup plus réfléchi et psychologique sur les divergences d’opinions d’Apocalypse et Charles Xavier, mais aussi d’offrir les scènes d’action les plus spectaculaires de la franchise. Il n’en ressort un divertissement estival solide et probablement l’un des meilleurs longs-métrages de super-héros de l’année!

Note : 4 / 5

En résumé : Bien qu’on retrouve quelques incohérences et inconsistances, X-Men: Apocalypse demeure une excellente conclusion à la trilogie du passé, tout en faisant honneur aux deux chapitres précédents. Il est certain que j’aurais voulu que ce troisième chapitre soit totalement grandiose et parfait, mais il demeure que ma réaction lorsque le générique arriva fut positive, et c’est ce que je retiens le plus. Après, je ne serais pas contre que la franchise fasse un chapitre dans les années 90 ou des spinoffs, mais avec la forme finale qu’elle offre avec ce troisième chapitre, elle juste assez bonne pour tirer sa révérence avec élégance.


Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Simon Kinberg, Michael Dougherty, Dan Harris, Bryan Singer

Avec : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Oscar Isaac, Nicholas Hoult, Rose Byrne, Olivia Munn, Evan Peters, Kodi Smit-McPhee, Sophie Turner, Tye Sheridan, Alexandra Shipp, Lucas Till, Josh Helman, Lana Condor, Ben Hardy

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