[CRITIQUE] Deadpool (2016)

Résumé : Un ancien membre des Forces Spéciales devenu mercenaire est le sujet d’une expérience illégale lui donnant des pouvoirs de guérison et adopte l’alter-ego Deadpool.

Critique : 

Deadpool poster 3Bien que j’adore les films d’action en tout genre, il demeure qu’un style plus que les autres demeure ma grande passion : les longs-métrages de super-héros! Même s’il demeure que les produits offerts par Mavel et DC Comics ne sont pas tous bons, il reste que la curiosité des critiques et du public en général demeure intacte. Ainsi donc, après une année 2015 assez avare en longs-métrages de super-héros (Surtout avec un Fantastic Four assez discutable), 2016 s’annonce tout simplement démentielle et pleine de promesses. Avec des Captain America: Civil War, X-Men: Apocalypse, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows, Suicide Squad ou Batman V Superman: Dawn of Justice, on peut dire que l’année va être époustouflante. Pour autant, Deadpool est incontestablement ma plus grande attente de cette année. Non seulement les bandes-annonces, les affiches et la promotion en général étaient démentielles, mais le produit me semblait totalement fidèle à la bande-dessinée originale. Donc, même en sachant que ce dernier pouvait être mauvais, Deadpool me semblait avoir plus de potentiel que des combats entre super-héros mécontents!

Wade Wilson était un mercenaire et un tueur à gages pour le gouvernement, mais lorsqu’il fut renvoyé, il décida de faire des petites magouilles pour gagner sa vie. C’est là qu’il rencontra Vanessa Carlysle, une prostituée, dont il tomba réciproquement amoureux. Malheureusement pour Wade, un cancer généralisé lui sera vite diagnostiqué. Étant prêt à mourrir, Wade sera contacté par The Recruiter, un homme anonyme offrant à Wade la chance de pouvoir survivre à son cancer grâce à un traitement expérimental. Bien vite, Wade sera pris comme un animal de laboratoire par Francis et Angel Dust, en subissant des expérimentations barbares. Heureusement, lors d’un traitement qui le brûlera au troisième degré, Wade deviendra immortel et pourra se venger de ces deux personnes. Aujourd’hui, Wade Wilson répond au doux nom de Deadpool, en portant un costume rouge lumineux, et il est fin prêt à se venger de Francis et Angel, tout en tentant de reconquérir sa femme et faire plusieurs fracas intenses! Lorsque sa femme sera enlevée par Francis, Deadpool aura besoin de l’aide de Colossus et Negasonic Teenage Warhead pour le combat final.

Il faut le dire assez vite, la promesse d’offrir enfin un véritable long-métrage sur Deadpool, adapté des bandes-dessinées de Fabian Nicieza et de Rob Liefeld, donnait, en elle-même, l’eau à la bouche. Tout comme le fait de vouloir offrir un design fidèle à Deadpool contrairement à l’infâme X-Men Origins: Wolverine (Critique ici). Il faut le dire, même si le spin-off de Wolverine aura permis à Deadpool d’exister sur grand écran et de permettre aux producteurs de penser à un long-métrage sur Deadpool en solo, le massacre était quasi-total pour les X-Men, mais aussi pour le personnage en lui-même! Ainsi donc, sept ans plus tard, vient la pellicule de Tim Miller et, il faut le dire, le pari est réussi avec brio. Non seulement Deadpool est fidèle à ce qu’il est censé être, mais aussi propose probablement un des meilleurs longs-métrages de super-héros depuis plusieurs années.

Commençant dès le départ par un générique d’introduction imposant et hilarant où les noms de l’équipe technique sont remplacés par une description quelconque, Deadpool révèle ses couleurs et ne lâche jamais cette voie extrêmement hilarante et qui donne une ironie volontaire partout! Que ce soit les habitudes de Deadpool de briser le quatrième mur, de parler sans arrêt ou d’offrir des répliques cinglantes, tout y est pour que le fan de bandes-dessinées ou le spectateur ordinaire puisse rire un bon coup. On n’en rajoute définitivement avec des références subtiles (Enfin… on va dire!) sur X-Men Origins: Wolverine et Green Lantern, mais aussi sur Hugh Jackman. On n’offre même une scène culte où Deadpool critique ouvertement le jeu d’acteur médiocre de Ryan Reynolds. Donc, en plus d’être une comédie extrêmement drôle et une boîte à références, Deadpool est un règlement de comptes très clair sur les déboires passés de son personnage principal et son interprète. Puis, on va se le dire, toutes les séquences où Deadpool utilise avec ironie son immortalité (La séquence où il est surpris de se casser les mains et les jambes contre Colossus!) ou son habitude à briser le quatrième mur sont toutes réussites (Surtout celle où il se demande s’il a éteint le four…) et permettent définitivement au personnage de pouvoir offrir un divertissement convaincant au spectateur.

De l’autre côté du spectre, Deadpool s’avère aussi une comédie romantique plutôt intéressante et qui permet de découvrir le personnage sous un jour inattendu. En effet, pendant la majorité du long-métrage, il s’avère que nous suivons le passé de Wade Wilson qui rencontre son âme-sœur, l’aime beaucoup, voit sa relation être détruite par son cancer, etc. Puis, on offre toujours l’ironie palpable de Deadpool avec des scènes de sexe entre lui et sa femme qui se déroulent à des dates précises. Puis, il s’avère que la raison du choix de Wade de devenir immortel et de sauver sa femme, lors du troisième acte, sont aussi des raisons liées à son amour pour elle. Même si certains seront surpris par cette voie scénaristique, nous pouvons au moins comprendre la raison qui fait que Deadpool sort la fin de semaine de la St-Valentin!

Deadpool marche aussi très bien grâce à son côté action. Bien que j’adore les comédies, il s’avère que si un long-métrage de super-héros est incapable de rendre adéquatement son côté action, il va me perdre. Ce n’est pas le cas de Deadpool qui donne plusieurs séquences d’action hallucinantes et des combats extrêmement bien chorégraphiés. Tout d’abord, vous avez la fameuse séquence mythique de l’autoroute (Séquence qui aura été lancée sur internet illégalement, pendant un test qui aura encouragé les producteurs à faire le long-métrage!) où Deadpool saute dans une voiture et commet des meurtres, tout en donnant plusieurs répliques cinglantes. Même chose pour le combat final qui oppose Deadpool, Colossus et Negasonic Teenage Warhead aux grands méchants. C’est tout simplement extraordinaire et on sent que le budget minime de 58 millions de dollars aura servi pour cette scène! Puis, le petit combat entre Francis et Deadpool, dans le passé, possède aussi ces bons points.

Cette adaptation possède aussi son efficacité grâce aux flashbacks sur l’histoire de Deadpool. Bien que X-Men Origins: Wolverine aura raconté grossièrement l’époque où Wade Wilson était un mercenaire, il s’avère que la pellicule de Tim Miller propose plutôt le comment de sa transformation en l’illustre Deadpool. Bien que les deux longs-métrages se contredisent là-dessus, je préfère la version offerte par les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (Tous deux responsables de Zombieland) où nous découvrons un Wade Wilson détruit par des méchants qui l’auront rendu hideux et avec un cadeau empoisonné, son immortalité! Bien évidemment, il s’agit de la partie la plus sérieuse du long-métrage, mais jamais on ne sent de rupture de ton, puisqu’il était nécessaire d’être sérieux.

Pour ceux qui n’arrêteront pas de dire que Deadpool est un long-métrage solo et ne possède aucun lien de parentés avec la saga X-Men. Il s’avère plutôt que Deadpool n’arrête pas d’offrir des références à X-Men Origins: Wolverine, mais aussi possède deux mutants appartenant à la saga créée par Bryan Singer. Tout d’abord, vous avez Colossus qui, bien que n’ayant pas de liens avec le personnage de Daniel Cudmore dans X2, X-Men: Last Stand et X-Men: Days of Future Past, veut bel et bien faire un lien solide entre les deux univers. De l’autre côté, vous avez Negasonic Teenage Warhead qui, bien que n’ayant jamais apparu dans aucun long-métrage X-Men, fait bel et bien partie de la communauté mutante. On ne parlera même pas de la copine de Deadpool qui fait partie intégrante des X-Force.

Au niveau de la violence, Deadpool n’est probablement pas le long-métrage le plus violent de tous les temps. Par-contre, au niveau de ce qui est possible de montrer au cinéma (Et avec une classification R aux États-Unis…), le long-métrage de Tim Miller est au-dessus de la norme et propose un divertissement sanglant où les têtes tombent et où l’on voit souvent de la nudité. Je dirais même qu’au niveau des productions Marvel, Deadpool surpasse tout ce qui a été fait jusqu’ici. Bien évidemment, il ne faut pas vous attendre non plus à un résultat au-dessus de Kick-Ass ou autres puisque la pellicule de Tim Miller est avant tout une comédie romantique, dont but est de rire à gorge déployée avant d’être dégoûté. Mais, pour un projet qui avait dès le départ la cote «Rated-R», il tient volontiers ses promesses de divertissement sanglant goûteux!

Au niveau du côté technique, c’est très bien! Tim Miller (Dont c’est la première réalisation.) propose un travail de réalisation plutôt impressionnant et on sent que l’homme avait le cœur à la bonne place quand il a accepté le projet. On sent qu’au-travers des scènes brisant le quatrième mur ou des d’action, Miller se donne à fond pour rendre le tout crédible, notamment lors d’une scène iconique où Deadpool tourne la caméra. Pour sa part, Julian Clarke propose un montage assez intéressant où il utilise des ralentis et des coupures brusques de manière volontaire et bien définie, surtout lorsque Deadpool interrompt volontairement une scène de combats pour raconter son passé. Ken Seng donne une direction photographique plutôt quelconque, mais qui ne vient jamais détruire le long-métrage non plus. La musique de Junkie XL n’est pas mauvaise, mais elle ne parvient jamais à être marquante, puisqu’on repense plutôt à des musiques comme Angel of the Morning, utilisé lors du générique démentiel, ou Mr.Sandman.

Au niveau des acteurs, c’est excellent! Ryan Reynolds (Buried, The Voices, Self/Less, The Proposal) donne une performance démentielle dans le rôle de Wade Wilson et Deadpool. Non seulement se donne-t-il à fond, mais on sent définitivement que l’acteur est à l’aise dans le rôle. Dans les faits, sa performance suffit à accepter son pardon pour X-Men Origins: Wolverine! Morena Baccarin (Gotham, Batman: Bad Blood) offre un jeu d’actrice très correct et possède un personnage appréciable. Pour sa part, Ed Skrein (Game of Thrones, The Transporter Refueled) donne un méchant plutôt convaincant qui passe bien avec son côté sérieux, en contraste avec le style comique de Reynolds, et qui se lasse rapidement des blagues de Wade. Gina Carano (HaywireFurious 6, In The Blood, Kickboxer: Vengeance) offre une seconde méchante intéressante, dans le style «garçon manqué» de l’actrice. Et finalement, Brianna Hildebrand (Prism, First Girl I Loved) donne une adolescente bad-ass, également de type «garçon manqué», qu’on apprécie.

Au niveau des défauts, ce serait peut-être le peu d’utilité que peuvent avoir les personnages secondaires. Bien que T.J.Miller ou Leslie Uggams aient des moments de gloire et des bonnes répliques avec Deadpool, il se révèlent assez inutiles dans le produit fini. Bien évidemment, on se doute que Deadpool doit avoir toute la place et qu’il va devenir quasiment iconique pour cela, mais offrir des présences plus consistantes à ces personnages n’aurait pas fait de mal. Même chose pour Colossus ou Negasonic Teenage Warhead qui sont très intéressants et parfaits, mais qui ont des présences plutôt brèves, voir inutiles. Surtout qu’avec les liens que Deadpool tente de faire à tout prix avec la saga X-Men, cela aurait été mieux de les mettre plus de l’avant. Je serais aussi dur en disant qu’il est dommage que Deadpool n’ait pu s’offrir que deux X-Men avec son budget.

Au final, je ressors de Deadpool avec plus de qualités que de défauts; non seulement l’œuvre de Tim Miller est extrêmement drôle, irrévérencieuse, mais elle propose aussi un des divertissements sanglants et ironiques les plus intéressants au monde! Tout dans Deadpool est signe de rigolade et de moments époustouflants. Que ce soit les moments où Deadpool brise le quatrième mur ou les scènes d’action, il s’avère que le tout marche adéquatement et fait en sorte de nous tenir attentif pendant le 1h48 que dure le long-métrage. Puis, même si certains critiques ont été déçus de cet aspect, Deadpool est probablement la meilleure comédie romantique à voir à la St-Valentin, rien de moins! D’ailleurs, on offre deux scènes post-génériques annonçant aisément une suite avec Cable (Un autre X-Men!) et offrant une innovation dans la façon d’utiliser une scène post-générique dans l’ironie la plus totale.

Note : 4 / 5

En résumé : Au moment où nous parlons, Deadpool aura eu un succès monstrueux en salles. Ce qui l’amène non seulement comme le grand succès Rated-R de tous les temps, mais aussi un grand succès qui s’assure aisément d’avoir une suite. Dans les faits, ce succès prouve que les gens autour du projet avaient le cœur à la bonne place et voulaient définitivement offrir une version définitive et fidèle à ce héros ironique et brisent le quatrième mur. Au final, on retiendra une excellente comédie romantique, une excellente comédie et un film d’action trépidant. De mon côté, je serais certainement dans la salle pour la suite. Deadpool est un excellent spin-off à la saga X-Men.


Réalisation : Tim Miller

Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick

Avec : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, T.J. Miller, Gina Carano, Brianna Hildebrand, Stefan Kapičić, Leslie Uggams, Jed Rees

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