[CRITIQUE] X-Men: First Class (2011)

Résumé : En 1962, le gouvernement des États-Unis demande l’aide de mutants avec des habilités surhumaines afin d’arrêter un dictateur qui est déterminé à démarrer la Troisième Guerre Mondiale.

Critique : 

X-Men : First Class posterSi vous avez lus mes précédentes critiques de la saga X-Men, vous avez pu découvrir non seulement mon manque d’adhésion à celle-ci, mais également un comparatif qui revient souvent : la saga The Fast and The Furious! Bien qu’elles ne se comparent pas ensemble au niveau de la qualité, la saga X-Men a malgré tout opéré comme tel pendant longtemps, c’est-à-dire que les premiers chapitres étaient moyens et fades, mais que la série a pris une amélioration énorme par-après jusqu’au chapitre décisif. Je nomme souvent ce phénomène le « Fast Five » de la saga X-Men. Ironiquement, X-Men : First Class est non seulement le cinquième volet par la date de sortie, mais est aussi arrivé la même année que Fast Five, c’est-à-dire en 2011. Cet espèce de prequel/reboot, offert après la grève des scénaristes et le refus de Ian McKellen de reprendre son rôle pour X-Men Origins : Magneto, fut pourtant celui que j’ai évité comme la peste. Pour autant, après mon écoute forcée, j’ai dû admettre qu’après 11 ans, la saga créée par Bryan Singer avait enfin réussit à avoir mon adhésion!

Quand ils étaient jeunes, Charles Xavier et Erik Lensherr ont eu une enfance bien spéciale! En effet, dans sa maison de riche, Xavier a vécu avec le secret de pouvoir lire les pensées. De son côté, pris en otage par les Nazis, Lensherr fut un cobaye, perdit sa mère aux mains de Sebastian Shaw et eu une enfance traumatisée. Des années plus tard, en 1962, Xavier et Lensherr sont devenus des adultes et vont connaître un destin incroyable. Cherchant sa vengeance auprès de Shaw, Erik croisera la route de Charles, rendu au service de la nation. Découvrant que Sebastian Shaw, avec l’aide de Emma Frost et Azazel, veut déclencher la Troisième Guerre Mondiale entre les USA et la Russie à Cuba, nos deux mutants devront mettre sur pied une équipe d’enfer qui composera Raven/Mystique, Havok, Banshee, et Beast. Malgré tout, Charles Xavier devra également contenir la rage de Erik qui pourrait bien détruire leur amitié pour toujours!

Je dois le dire, avec trois chapitres fades et un spin-off minable, X-Men : First Class n’est pas le long-métrage qu’on veut découvrir rapidement! Pour autant, sous la tutelle de Matthew Vaughn (Kick-Ass), la recette prend des proportions intéressantes et possède justement les bons ingrédients! Tout d’abord, la relation entre Charles Xavier et Erik Lensherr est touchante, très crédible et ne laisse pas indifférent. En fait, les deux personnages ont enfin une écriture intéressante et ceux-ci ont des personnalités réellement travaillées. Autrement, on touche l’intérêt grâce au mélange réalité/fiction que nos scénaristes touchent. En effet, pendant toute la durée du métrage, il est question du fameux The October Crisis qui se passa à Cuba. La saga n’a jamais réellement tenté auparavant d’aller vers ces coins obscurs et il est plus qu’intéressant, en plus du côté sombre et violent, ce qu’elle tente cette approche.

Mais plus que tout, c’est la manière dont les six scénaristes construisent la structure et l’ambiance de ce chapitre qui est si réussit. À la fois un long-métrage plus accessible et adolescent, la pellicule de Matthew Vaughn tente en même temps d’offrir probablement le chapitre le plus sombre et violent que la série a connu. C’est surtout la vengeance d’Erik Lensherr qui touche la cible alors que celui-ci se sert de son don avec une créativité malsaine (La fameuse scène de la pièce de monnaie lors du troisième acte est énorme!)! On sent également que malgré qu’il soit le chapitre le plus long avec son 2h10, X-Men : First Class parvient au contraire à être divertissant, en donnant des informations primordiales sur ces deux protagonistes et son antagoniste et en apportant une finalité intéressante dans l’emploi du The October Crisis!

Encore mieux demeure la totale indépendance de ce volet avec les autres! On sent définitivement que les scénaristes et son réalisateur ont tentés d’offrir un reboot qui refait la saga, donne une structure différente et ne semble à aucun moment offrir le style Bryan Singer sur aucune point! On sent définitivement cela par ces personnages plus décomplexés (Sebastian Shaw est un bon exemple.) et par les scènes d’action beaucoup moins réalistes et digne d’une BD (La mort de la mère de Lansherr est un autre exemple.), mais justement bien meilleures à cause de ce changement drastique. Les auteurs n’ont même pas eu peur avec le PG-13 d’offrir une scène où Rose Byrne se retrouve dans un bar de danseuses et qu’on parle de guerre sans cesse.

L’une des grosses qualités scénaristiques de X-Men : First Class c’est d’avoir enfin des personnages attachants et qui ont une bonne construction dans leur développement. Assez anodin dans X-Men : The Last Stand, Beast possède enfin une dimension intéressante et qui donne envie de le connaître plus amplement. Même chose pour Mystique qui offre une personnalité gentille et charmante. Tant qu’à Havok et Banshee (Présents dans Generation X.), ils ont une dimension plaisante! Mais, comme dit plus haut, c’est Magneto et le Professeur X qui ont enfin de la viande autour de l’os, une amitié crédible et une dimension humaine et vulnérable ce qui les rendent d’autant plus attachants!

Dans tout cela, il faut bien se rendre à l’évidence que X-Men : First Class possède probablement les effets spéciaux les plus intéressants de la saga! Que ce soit les nombreuses explosions causées par Sebastian Shaw, les séquences où Erik lève un sous-marin à lui seul ou la fameuse séquence des missiles sont totalement époustouflantes et donnent un divertissement amplifié. En fait, on sent que comparativement aux trois premiers volets ou le spin-off sur Wolverine, ce prequel/reboot tente d’aller dans la sobriété et d’offrir un côté beaucoup plus sérieux dans l’utilisation.

Côté technique, c’est pour ma part la perfection! Bien que certains diront que Bryan Singer est le meilleur réalisateur de la franchise, je dirais que Matthew Vaughn n’est réellement pas loin non plus! Offrant une réalisation énergique, inventive et aux plans de caméras soutenus, Vaughn offre enfin des noblesses supérieures à la moyenne de cette saga. Le montage d’Eddie Hamilton et Lee Smith est extrêmement symétrique et professionnel! En fait, de tous les volets de la saga, X-Men : First Class est le premier vrai film à offrir un montage aussi au-dessus de la moyenne, surtout pendant la séquence où Magneto soulève un sous-marin. On donnera également des fleurs à la direction photo de John Mathieson qui offre enfin un visuel coloré et sortant de l’ordinaire.

J’ai eu beau redécouvrir chaque trame sonore des quatre volets précédents avec un certain divertissement, aucune ne surpasse First Class! Henry Jackman offre des compositions époustouflantes et qui, réellement, sortent de l’ordinaire dans une saga comme X-Men. Que ce soit le fameux thème de Magneto qui est agressif et pessimiste ou la fameuse scène du soulèvement de sous-marin qui est héroïque et super émotive, Jackman offre du concret! En fait, la plus grosse qualité de ses compositions, c’est de sortir du moule des précédents volets.

Après avoir été dans la moyenne et la médiocrité dans les précédents volets, X-Men : First Class s’offre le meilleur casting de toute la saga! Dans le rôle de Xavier, James McAvoy (Wanted) offre une performance parfaite et sincère. Pour autant, il se fait surpasser par le meilleur acteur de la franchise : Michael Fassbender (Blood Creek, Eden Lake, Shame). Celui-ci nous donne enfin un Magneto intéressant. Pour autant, la surprise surprenante de First Class est Kevin Bacon (The Woodsman, Hollow Man) qui offre une performance sidérante et machiavélique… Il offre ici l’un des meilleurs méchants de la saga! Rose Byrne (Insidious 1 & 2), January Jones, Nicholas Hoult, Caleb Landry Jones (Antiviral) et Lucas Till (The Crush) sont également excellents. En fait, la seule actrice que je n’aime pas tant, c’est Jennifer Lawrence (The Hunger Games).

Les seuls vrais défauts que je peux voir, ce serait peut-être une absence de réels vilains puissants, outre Sebastian Shaw. Bien que celui-ci amène une merde sans pareil, il aurait été intéressant que le restant de ses sbires soient aussi menaçant que lui. J’ai également un peu de misère avec la finale qui amène une connexion avec X-Men où Charles perd ses jambes. Cela arrive trop rapidement dans la trilogie et enlève un élément intéressant (Le fait que Charles soit très combatif.).

Vous l’aurez bel et bien compris, X-Men : First Class est non seulement une surprise de taille, mais il fait également office de Fast Five dans une saga qui débutait moyennement. En fait, si la saga créée par Bryan Singer avait débutée ainsi, je peux vous dire que j’aurais été le premier en ligne pour chaque nouveau chapitre au cinéma! Il faut croire que la fameuse phrase « Tout s’améliore avec l’âge » s’applique définitivement à cette saga. De plus, en étant indépendant de la saga (On n’utilise même pas Wolverine en tête d’affiche.), First Class fait cavalier seul de façon solide. Il s’agissait tellement d’une surprise pour moi que j’ai attendu avec une impatience énorme la suite de celui-ci, X-Men : Days of Future Past, qui offre un concept très prometteur. Vous pouvez me croire, ce premier volet d’une trilogie annonçait enfin mon adhésion dans une saga flambant neuve!

Note : 4 / 5

En résumé : Bien qu’il arrive tard pour remonter la pente, X-Men: First Class est une surprise surprenante dans une saga assez moindre au départ. Matthew Vaughn et les cinq autres scénaristes ont offert un divertissement à la fois plus accessible et léger, tout en offrant probablement le volet le plus violent et sombre de toute la saga! Puis, sans l’ombre de Bryan Singer, First Class est totalement différent des autres volets et fait figure de prequel/reboot rafraîchissant.


Réalisation : Matthew Vaughn

Scénario : Ashley Miller, Zack Stentz, Jane Goldman, Sheldon Turner, Bryan Singer

Avec : James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Rose Byrne, Jennifer Lawrence, Oliver Platt, Álex González, Jason Flemyng, Zoë Kravitz, January Jones, Nicholas Hoult, Caleb Landry Jones, Edi Gathegi, Lucas Till, Michael Ironside

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