[CRITIQUE] Split (2017)

Résumé : Trois filles sont kidnappées par un homme avec 23 personnalités distinctes et doivent tenter de s’échapper avant l’émergence d’une vingt-quatrième personnalité terrifiante.

Critique :

M. Night Shyamalan, voilà un nom qui se place à deux extrêmes opposés! D’un côté, nous avons un réalisateur primé par le public qui le voit comme un messie du cinéma et une référence grâce à sa filmographie solide. De l’autre côté du spectre, il y a les spectateurs qui voient en M. Night Shyamalan un être déchu ayant perdu la main depuis The Village. Pour ma part, je fais un peu parti des deux catégories. Autant le réalisateur me comble de joie avec The Sixth Sense, jusqu’à The Happening, autant il m’aura perdu complètement après ce long-métrage précis avec des longs-métrages discutables comme The Last Airbender, After Earth ou The Visit. Pour autant, 2017 semblait être le son de cloche qui me redonnerait de l’enthousiasme pour ce réalisateur tant primé. En effet, celui-ci annonçait, avec Split, qu’il revenait à son ancien style, tout en donnant une nouvelle facette intéressante qui fait la marque de commerce de Jason Blum qui, après le succès de The Visit, a voulu refaire une collaboration avec M. Night Shyamalan. Ne restait qu’à voir si, après près de dix ans de projets inintéressants, celui-ci reviendrait sur le droit chemin avec Split.

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Affiche américaine

La prémisse de Split met à l’avant le personnage de Kevin Wendell Crumb, un individu qui possède la faculté d’avoir vingt-trois personnalités différentes dans sa vie de tous les jours. Bien que sa vie aille pour le mieux, il n’y a pas si longtemps, des personnalités ce sont révoltées et ont pris le contrôle. Dans le lot, Dennis et Patricia ont un plan machiavélique dans la balance. Dennis se rendra rapidement sur un parking, assommera un père de famille, tout en enlèvent trois jeunes filles qui étaient dans la voiture choisie. Celles-ci portent le nom de Casey Cooke, Claire Benoit et Maria et seront rapidement enfermées dans une pièce exiguë. Ce qui alertera rapidement les trois jeunes filles demeure l’attitude malsaine et défaillante de Kevin qui, à l’improviste, changera de personnalité, devenant une femme méthodique, un électricien musclé et dangereux ou un enfant insouciant. C’est là que Casey trouvera un stratagème intéressant en essayant de fraterniser avec les différentes personnalités de Kevin. Pendant ce temps, les autres personnalités tenteront de prévenir le docteur Karen Fletcher, qui travaille depuis des années avec Kevin, tout en essayant de comprendre les troubles qui touchent toutes les personnalités de celui-ci. C’est là que, tapis dans l’ombre, une vingt-quatrième personnalité émergera pour sacrifier les trois jeunes filles, tout en causant des ravages impardonnables.

Je dois le dire, avant la projection de Split, j’avais des préjugés assez peu élogieux envers ce long-métrage. Tout d’abord, l’idée me paraissait légèrement stupide dans la balance de mettre un homme qui possède vingt-quatre personnalités, sachant que cela était impossible, puis la bande-annonce semblait mettre en évidence un côté surréaliste à cette prémisse. Pour autant, dès les premières minutes, Split aura totalement fermé mon clapet, en donnant probablement le meilleur long-métrage de M. Night Shyamalan depuis près de dix ans. Cela débute avec la réalisation très vaporeuse avec des plans sobres du réalisateur, qui montre un côté intimiste et tendu démontrant bien qu’un malheur arrivera aux trois jeunes femmes. Puis, l’lorsque qu’arrive Kevin, qui neutralise le père, tout comme les jeunes filles, on se rend compte à quel point la réalisation de Shyamalan est exceptionnelle et donne des frissons dans le dos, avec les plans utilisés ou avec les événements tendus qui arrivent.

Par la suite, on se rend compte de l’écriture de M. Night Shyamalan est d’une importance capitale à la réussite du récit. Là où certains réalisateurs et scénaristes auraient amené la folie de Kevin Wendell Crumb comme un élément horrifique ou parodique, Shyamalan est parvenu au contraire à rendre cela dérangeant, mais également naturel et plaisant quand cela est nécessaire. Bien que le concept utilisé soit un peu surréaliste et met le doigt sur la mauvaise utilisation des doubles personnalités, il demeure qu’on ne tente jamais de rendre cela rationnel ou réaliste dans la balance. Même qu’une scène de dialogues démontre que le docteur Karen Fletcher croit qu’en réalité que les gens munis de cet handicape psychologique sont des gens extraordinaires qui changeront la phase du monde. Dans cette optique, irréaliste dans sa trajectoire, on ne peut pas démolir les intentions scénaristiques de M. Night Shyamalan. Puis, l’homme derrière The Sixth Sense est parvenu à rendre malaisant, dans le bon sens du terme, les changements de personnalités de Kevin Wendell Crumb, tout comme le malaise de sentir qu’un individu dans cette situation peut sauter à la gorge quand bon lui semble!

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Image du film

On donnera également à ce long-métrage d’offrir un côté survie assez impressionnant dans la balance. Bien que le scénario exploite un filon assez rependu où des victimes sont séquestrées dans des endroits exiguës, il demeure que l’œuvre a su parfaitement offrir ce concept scénaristique à son avantage, surtout que le ravisseur en question n’est pas un tueur en série ou un excentrique espionnant les jeunes femmes. D’ailleurs, on se rend compte que le dédoublement de personnalités multiples de Kevin Wendell Crumb permet au personnage d’être assez intelligent, mais aussi de riposter lorsque les héroïnes essayent des tentatives d’évasions. Le meilleur moment demeure celui où, sous les traits de Patricia, Kevin se fera frapper et changera rapidement de personnalité pour parvenir à rattraper sa victime. L’autre scène assez marquante demeure celle où les trois héroïnes blairent Barry, une personnalité âgée de huit ans, en tentant de retenir la porte et s’échapper par un conduit d’aération, et que Dennis arrive pour les capturer de nouveau.

Comme dit auparavant, l’œuvre possède aussi ces mérites en optant à changer le côté malaisant de la maladie psychologique de Kevin Wendell Crumb avec quelques scènes plus légères. Ces moments sont offerts par Patricia et Barry, qui sont beaucoup plus légers et gentils que Dennis. D’un côté, Barry possède un côté insouciant et amical, tout en donnant un aspect drôle lorsqu’il danse ou possède un côté naïf en vivant sa première expérience avec le baiser. Bien que ces moments sont toujours sous les traits de Kevin Wendell Crumb, il demeure que nous voyons un côté sympathique à ce personnage de ravisseur, dans ces moments précis. De l’autre, Patricia demeure très méthodique et sévère, mais nous voyons un côté tendre et maternel qui marche quasiment. Bien que, dans les deux cas, ces moments possèdent toujours un malaise de voir le personnage principal changer totalement de caractère (Surtout lorsque nous voyons Barry qui fixe les jeunes femmes dormir…), cela amène une minutie assez impressionnante de M. Night Shyamalan, qui a compris comment éviter les clichés ou les gros traits.

On donnera également à l’œuvre d’offrir un excellent parallèle entre le passé de l’héroïne principale et la situation qu’elle vit avec Kevin Wendell Crumb. Bien que nous nous doutons aisément de la finalité de son passé, il demeure que le long-métrage A bien fait de montrer, avec des flashbacks graduels, ce qui a bien pu rendre l’héroïne aussi en manque de confiance avec un caractère aussi étrange. Ironiquement, les flashbacks démontrent un côté joyeux et coloré, lorsqu’il s’agit d’un événement triste ou lorsque es événements présents avec Kevin sont totalement sombres et durs. Ce contraste est bien amené et nous comprenons aisément que, malgré son passé, l’héroïne vit le pire calvaire de sa vie dans le présent. J’ai tout autant de positivisme à mettre pour le développement de ce personnage, qui agit graduellement en cherchant une méthode pour sortir de guêpier, sans pour autant commettre des actes irréfléchis. Il suffit de voir comment elle agit avec chacune des personnalités de Kevin, surtout en ce qui concerne Barry, qu’elle réussit à narguer progressivement.

La grande ingéniosité de Split est d’amener le fait que Kevin Wendell Crumb aura bientôt une nouvelle personnalité. Cet événement est probablement le plus grand suspense de l’œuvre, qui parvient à attiser nôtre curiosité tout du long, tout en donnant simplement des brides du réel enjeu qui attend les personnages. Puis, même si cela est tiré par les cheveux, M. Night Shyamalan amène progressivement et logiquement ce qui arrivera au personnage principal, mais aussi les ravages qu’il causera avec sa vingt-quatrième personnalité (Nommée « The Beast ») qui prouve bien que le concept du scénariste est d’amener la maladie mentale de Kevin Wendell Crumb comme un élément surnaturel et non comme un élément réaliste. D’ailleurs, le troisième acte de l’œuvre possède ses bons moments avec « The Beast » qui brise en deux un personnage-clé, tout en dévorant les autres. Pour autant, le meilleur moment demeure la confrontation finale où Casey utilisera ses armes pour affronter cette personnalité surpuissante.

(Notez que je poursuis mon analyse scénaristique de Split avec un paragraphe parlant en long et en large de la fin de Split; un paragraphe qui est situé complètement à la fin de mon article.)

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Affiche américaine alternative

Pour ce qui est du côté technique, c’est une grande qualité! M. Night Shyamalan (The Sixth Sense, Signs, The Village, Lady in The Water) offre une réalisation fidèle à lui-même, tout en livrant des plans sophistiqués et soignés qui demeurent impeccables. On donnera également au réalisateur de se servir adéquatement de ses environnements exiguës, leurs donnent une portée plus grande que ce qui est visible. Luke Franco Ciarrocchi offre un montage très symétrique avec plusieurs techniques impressionnantes qui aident la réalisation de Shyamalan. Mike Gioulakis délivre une direction photographique sombre, terne et dépressive qui correspond parfaitement au style de l’œuvre, tout en livrant des couleurs vives pendant les flashbacks qui marchent tout autant. West Dylan Thordson (Joy) délivre une trame sonore stressante avec des notes stridentes qui marchent parfaitement.

Les acteurs sont également un atout majeur ! Bien que Joaquin Phoenix (Signs, The Village) a refusé la proposition de Shyamalan pour le rôle de Kevin Wndell Crumb, il demeure que James McAvoy (La trilogie X-Men, Wanted, Trance, Victor Frankenstein) le remplace parfaitement et offre une performance parfaite et électrisante qui repose totalement sur la réussite du long-métrage. Nous adorons le voir changer de personnalité et s’adapter à chaque fois au tempérament différent de chacune d’entre-elles. Anya Taylor-Joy (Morgan, Barry) a beau ne pas offrir la meilleure performance du monde, elle est convaincante et pleine de charisme dans son rôle. Betty Buckley (Carrie, The Happening) est aussi assez excellente, tout en donnant une gamme d’émotions crédible, surtout lors du troisième acte. Bien qu’étant assez peu présente, Haley Lu Richardson (The Last Survivors, Recovery Road) et Jessica Sula (Recovery Road, Godless) sont aussi assez charismatiques. On notera aussi la présence de M. Night Shyamalan (Comme à son habitude !) et de Bruce Willis (The Sixth Sense, Die Hard) au générique.

Au final, Split est une excellente surprise et une résurrection exceptionnelle de M. Night Shyamalan, qui revient de ses cendres, tel le phénix, avec ce long-métrage. Même si mes impressions sur le concept du long-métrages étaient assez négatives, il demeure que le réalisateur et scénariste de The Sixth Sense a bien joué ses cartes, tout en utilisant à bon escient le concept de la maladie mentale et du long-métrage de survie. On retiendra également un excellent côté technique, des acteurs hors-pair et un scénario en béton qui livre la marchandise. De plus, Split s’arrange définitivement pour offrir un univers riche et intéressant. Puis, comme dit auparavant, le concept de Split fonctionne dans cet univers et amène une idée intéressante sur les facultés surnaturelles de simples humains. Ne reste qu’à savoir ce que fera M. Night Shyamalan dans l’avenir, avec son hésitation entre faire un Unbreakable 2 ou un Split 2.

Note : 4 / 5

En résumé : Bien qu’il pouvait être à priori assez risqué de toucher aux maladies mentales, M. Night Shyamalan est parvenu à rendre le sujet crédible et intéressant avec son style. On donnera également à l’homme de revenir en force, après près de dix ans à avoir l’air fatigué. Split est non seulement une grande réussite, mais également un renouveau plaisant dans la carrière de l’homme, qui nous aura offert une production de qualité, mais également un rendu final assez dantesque. C’est surtout l’excellente performance de James McAvoy qui permet au long-métrage de fonctionner, avec les multiples personnalités de son personnage. Puis, avec le revirement final offert, M. Night Shyamalan ouvre une porte intéressante où Split se veut la continuité d’un autre long-métrage culte, mais aussi d’une saga en plein développement!


Réalisation : M. Night Shyamalan

Scénario : M. Night Shyamalan

Avec : James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley, Haley Lu Richardson, Jessica Sula, Bruce Willis

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Pour autant, la meilleure qualité de Split est bien évidemment sa révélation finale qui change totalement les choses. D’un côté, il est intéressant que Kevin Wendell Crumb survive dans l’optique où, tout comme David Dunn, il est un super-héros invincible et qui demeure l’avenir de la race humaine. Pour autant, il demeure que la dernière séquence de l’œuvre est un vrai coup de théâtre où M. Night Shyamalan décide de changer ses cartes, et aussi d’amener encore plus logiquement les débordements irréalistes de la maladie de Kevin. Car, dans l’univers d’Unbreakable, il est bien adapté qu’un homme ordinaire ait une force surpuissante telle Superman, ou qu’un homme aux os fragiles devienne un Lex Luthor. Donc, le concept même de Split fonctionne parfaitement en étant une suite à Unbreakable. Puis, d’un autre côté, M. Night Shyamalan et son équipe ont rendu le revirement assez naturel avec la conversation qui mène à une référence à Mr. Glass, tout comme l’apparition de David Dunn. Néanmoins, le meilleur coup de maître demeure l’utilisation du thème principal d’Unbreakable (Composé autrefois par James Newton Howard) pendant cette séquence finale, amenant progressivement ce que j’ai décrit plus haut.

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