[CRITIQUE] Justice League: The Flashpoint Paradox (2013)

Résumé : Flash se retrouve coincé dans une réalité parallèle en pleine guerre et doit faire équipe avec des versions alternatives de ses co-équipiers pour retourner chez lui et pour restaurer la ligne temporelle.

Critique : 

Lorsque je regarde plus profondément la compagnie DC Universe Animated Original Movies, je me rends compte à quel point celle-ci est divisée en deux. Bien que ma préférence aille aux longs-métrages solos, je reste intéressé par la Justice League. Si ma précédente expérience sur Justice League: Gods and Monsters aura été désastreuse, je restais quand même objectif et attendais le bon moment de découvrir un nouveau long-métrage de cette équipe de justiciers. Par chance, l’année 2016 est l’occasion de pouvoir en découvrir un nouveau avec le futur chapitre saga de l’univers DC sur Justice League. Celle-ci se compose de quatre longs-métrages (Un quatrième vient d’arriver avec Justice League vs. Teen Titans…) où nous suivons des arcs narratifs et péripéties (Ou de nouveaux arcs qui arrivent grâce à des scènes post-crédits.), tout en proposant une histoire complète nommée «DC Animated Movie Universe» qui se composera bientôt de sept longs-métrages et met en place un nouvel univers basé sur The New 52 qui alterne entre la Justice League et les longs-métrages de Batman et son fils, Damian. Avec son premier chapitre, Justice League: The Flashpoint Paradox, cette nouvelle saga donnait une bonne première impression!

Flashpoint Paradox posterJustice League: The Flashpoint Paradox porte bien son nom puisqu’il place son intrigue sur Barry Allen qui vit depuis longtemps la culpabilité du meurtre de sa mère. Pour autant, il demeure un héros professionnel et, tout en étant aidé de la Justice League, il arrêtera plusieurs criminels, dont Eobard Thawne, le Reverse-Flash, qui le fera culpabiliser sur le fait qu’il n’aura pu sauver sa mère. Après une nuit de travail, Barry se réveillera dans un monde alternatif où Flash n’aura jamais existé, où sa mère est toujours vivante, où Thomas Wayne est sous les traits de Batman, où Superman n’existe pas et où Aquaman et Wonder Woman sont des méchants. Assez vite, Barry tentera, avec l’aide de Thomas, d’essayer de recouvrir ses pouvoirs, tout en étant à la tête de la rébellion contre Aquaman et Wonder Woman, où il sera aidé de Cyborg et Batman. Par la même occasion, Flash apprendra la vérité sur ce qui aura causé ce dérèglement spatio-temporelle et devra réparer les dégâts causés, avant que l’univers tout entier soit détruit, tout en devant aider les héros à tenir tête à Aquaman, Wonder Woman et Reverse-Flash!

Bien que je ne sois absolument pas fan du collectif de héros nommé Justice League, il me faut avouer que Justice League: The Flashpoint Paradox est le premier long-métrage animé que j’aime vraiment sur cette équipe. Cela se fait sentir dès le début par le traitement sérieux et le scénario extrêmement complexe et riche qui s’accommode à tout cela. En effet, adapté de la bande-dessinée Flashpoint de Geoff Johns et Andy Kubert, le scénario de James Krieg (Spider-Man: The Animated Series) est une véritable mine d’or où nous suivons une œuvre qui place son dévolu sur le voyage dans le temps et les conséquences que devra vivre Flash sur la mauvaise utilisation de celui-ci. Ce n’est peut-être pas original, mais ce long-métrage parvient à réussir l’exploit de ne pas rendre le tout bordélique avec des incohérences. Puis, l’œuvre place incroyablement bien son collectif de héros dans ce bordel temporel. Si Cyborg, Aquaman, Superman ou Wonder Woman sont plutôt fidèles à leurs versions antérieures, c’est surtout le choix d’offrir Thomas Wayne en Batman alcoolique et dépressif qui est vraiment intéressant.

En parlant de lui, Thomas Wayne prouve enfin que son fils, Bruce Wayne, n’a pas mal choisi son rôle de justicier de la nuit. Puis, on montre que, même si les choses se seraient passées différemment, Batman aura été intact dans les circonstances. Cela aide à comprendre à quel point Bruce Wayne est l’homme que son père aurait été fier, en étant exactement comme Thomas, ce qui demeure une excellente trouvaille à l’univers Batman. Ironiquement, il est aussi intéressant de découvrir que Martha Wayne sera devenu le Joker. Malgré tout, je reste aussi intéressé par le destin d’Aquaman et Wonder Woman qui seront devenus de véritables méchants cupides et insensibles. D’ailleurs, le flashback sur leurs parcours est très intéressant et propose une romance entre les deux personnages qui aura tourné au vinaigre. Puis, même si cela demeure banal, j’aime comment Superman aura eu un destin tragique en montrant ce qui serait arrivé si les Kent ne l’avaient pas trouvé.

D’un autre côté, Justice League: The Flashpoint Paradox présente une ironie intéressante face aux méchants populaires des nombreuses licences du collectif de héros. Tout d’abord, puisqu’Aquaman et Wonder Woman seront devenus des méchants, il s’avère que des personnages comme Deathstroke ou Lex Luthor deviendront des gentils qui aideront Flash, Cyborg et Batman pour leur rébellion. Cet effet miroir est fort intéressant et permet d’offrir une alternative étoffée pour démontrer correctement les répercussions apportées par Flash dans le nouvel univers. D’ailleurs, j’aime particulièrement la bataille finale qui aide à comprendre à quel point le nouvel univers où est Flash est simplement la plus mauvaise décision qu’on pouvait avoir, montrant même une finale pessimiste pour cet univers alternatif où Thomas Wayne est Batman. Malgré tout, si vous avez apprécié la première saison de The Flash (Critique ici) où Barry Allen utilise le voyage dans le temps pour réparer les défauts temporels et croise des anciennes versions de lui-même, vous allez adorer la finale de Justice League: The Flashpoint Paradox !

Justice League: The Flashpoint Paradox est aussi une excellente œuvre grâce à l’animation et ses décors. En effet, l’œuvre de Jay Oliva s’accommode d’une animation grandiose et bluffante qui donne un visuel impeccable et extrêmement propre. Bien qu’on nous propose l’animation offerte dans les récents Son of Batman, Batman vs. Robin ou Batman: Bad Blood, ce n’est jamais un problème véritable puisque cette animation aide la compagnie de l’univers DC à offrir des produits presque aussi bien que les compagnies d’animation populaires du Japon! Autrement, les décors de ce long-métrage sont simplement bluffants et font en sorte que nous croyons aisément au monde post-apocalyptique qui se place dans cet univers alternatif. Les édifices détruits, les journaux qui annoncent la fin du monde et la plupart des personnages iconiques morts du collectif de héros ne sont que quelques exemples. Aussi, la fameuse scène où, sous la pluie, Barry Allen doit se servir de produits chimiques et d’un paratonnerre pour redevenir Flash, sous l’aide de Thomas, est excellente au niveau de l’animation.

Outre l’animation, l’autre grosse qualité de Justice League: The Flashpoint Paradox, c’est d’offrir des caméos intéressants des meilleurs méchants du collectif Justice League. Tout d’abord, si j’ai cité plus haut Deathstroke et Lex Luthor, on peut aussi noter la présence de Harley Quinn, Captain Cold, Captain Boomerang et Captain Atom (Qui est méchant dans cette version). Bien que les méchants populaires du collectif de nos héros ne soient pas tous présents, l’essentiel s’y retrouve et nous voyons un bon résultat devant nos yeux. Même s’il n’est présent que pour une seule scène, il est intéressant de voir le Joker sous les traits de Martha Wayne qui devient hystérique et avec le visage du Joker devant le cadavre de son fils, Bruce. Je serais aussi très positif envers la finale de l’œuvre qui propose une nouvelle dimension de The New 52, qui va permettre à nos héros de poursuivre leurs nouvelles aventures.

Au niveau du côté technique, c’est très bon! Jay Oliva (Batman: The Dark Knight Returns, Justice League: War, Batman: Assaut on Arkham) offre une réalisation solide et impressionnante qui prouve toute la passion qui l’anime à chaque réalisation de l’univers DC. Il place définitivement des excellentes scènes de combats, de flashbacks et de voyages temporels qui sont visuellement très impeccables. Christopher D. Lozinski propose un montage très langoureux et qui permet ainsi à Justice League: The Flashpoint Paradox d’être minutieux dans son intrigue et offrir des péripéties cohérentes et complexes à la fois, tout en évitant les longueurs ou incohérences dans une telle intrigue de voyage dans le temps et de paradoxe temporel. Frederik Wiedmann (Son of Batman, Justice League: Throne of Atlantis, Batman vs. Robin, Batman: Bad Blood) offre une musique trépidante et stressante qui tient en haleine tout le long de l’intrigue, surtout pendant le troisième acte où nous voguons entre la guerre et les voyages dans le temps.

Au niveau des acteurs, c’est impeccable! Dans le rôle de Barry Allen, Justin Chambers (Grey’s Anatomy) propose un jeu d’acteur convaincant et donne à son personnage une voix très rauque et légère qui correspond bien au personnage. Kevin McKidd (Grey’s Anatomy) propose une performance intéressante dans le rôle de Thomas Wayne / Batman. Il est charismatique et propose une voix fatiguée et blasée qui correspond à son personnage alcoolique et détruit. Dans le rôle de Cyborg, Michael B. Jordan (Fantastic Four, Chronicle, Creed, That Awkward Moment) est impressionnant et propose une voix jeune et en même temps, de dur à cuir à son personnage. C. Thomas Howell (The Hitcher, The Outsiders, Red Dawn, The Amazing Spider-Man) donne une bonne performance vocale en Reverse-Flash et on retiendra aussi des performances de Cary Elwes (Saw), Nathan Fillion (Firefly, Serenity, Castle), Ron Perlman (Hellboy, Pacific Rim, Sons of Anarchy), Kevin Conroy et Sam Daly dans le rôle de Superman.

Au final, Justice League: The Flashpoint Paradox est un excellent premier chapitre à «DC Animated Movie Universe», qu’il tente de mettre en place sur l’univers de The New 52. Bien que ce premier chapitre ne fasse pas totalement parti de cet univers, la scène post-générique met à l’avant la menace qui pèsera dans Justice League: War. Ce qui aide grandement à mettre dans cette saga The Flashpoint Paradox. Malgré le peu de liens qu’il peut avoir, l’œuvre de Jay Oliva est un excellent long-métrage sur Flash et son univers sur les mondes parallèles et le voyage dans le temps. On donnera aussi au scénario d’offrir en moins de 81 minutes une flopée d’intrigues et de concepts géniaux, des combats impressionnants et une tonne de personnages, gentils et méchants, bien définis et introduits. Le côté technique et les acteurs sont aussi une réussite et on retiendra de ce premier arc narratif sur The New 52 d’être extrêmement riche et d’ouvrir la porte à un univers réussi!

Note : 4 / 5

En résumé : À défaut d’être parfait, Justice League: The Flashpoint Paradox est une excellente première pierre à l’édifice de l’univers de The New 52 et un très bon début de saga pour l’univers Justice League. On donnera aussi à l’œuvre d’avoir pris la bonne décision de mettre en personnage principal Flash et de mettre son dévolu sur le voyage dans le temps et les paradoxes temporels. Également, le fait d’offrir une version de Batman en Thomas Wayne et des versions alternatives d’Aquaman et de Wonder Woman fut très bien pensé. De plus, DC Universe Animated Original Movies délivrait un potentiel intéressant avec le nouvel univers qu’il tentait de créer à partir de ce chapitre en sept longs-­métrages (Jusqu’ici!) entre la Justice League et les longs­-métrages sur Batman et son fils, Damian! Un must­-see à découvrir de toute urgence.


Réalisation : Jay Oliva

Scénario : James Krieg

Avec : Justin Chambers, C. Thomas Howell, Michael B. Jordan, Kevin McKidd, Dee Bradley Baker, Steve Blum, Kevin Conroy, Sam Daly, Dana Delany, Grey Griffin, Cary Elwes, Nathan Fillion, Jennifer Hale, Danny Huston, Danny Jacobs, Peter Jessop, Lex Lang, Vanessa Marshall, Ron Perlman

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s