[CRITIQUE] xXx: State of the Union (2005)

Résumé : Darius Stone, un nouveau agent du programme xXx, est envoyé à Washington pour désarmer une lutte de pouvoirs au sein des dirigeants de la nation.

Critique :

Il y a des franchises que nous aimons voir la progression, ou comment les scénaristes et producteurs se débrouillent pour parvenir à continuer celle-ci. C’est par-exemple le cas de franchises comme Green Street Hooligans ou Mad Max. Pour autant, que se passe-t-il lorsque de mauvaises sagas continuent de plus belle? Je répondrais que le cheminement est tout aussi intéressant. Après un premier chapitre assez mauvais, mais totalement rentable, la saga xXx s’est rapidement vu offrir une suite, xXx: State of the Union, qui montrait un nouvel agent secret pour le programme xXx. En effet, puisque l’acteur Vin Diesel ne voulait pas revenir, la production décida de tuer son personnage dans le court-métrage The Final Chapter: The Death of Xander Cage, tout en amenant les acteurs Ice Cube et Samuel L. Jackson à l’avant-scène. Bien que le box-office fut assez minable (71 millions pour un budget de 60) et les critiques assez assassines à son endroit (16% sur Rotten Tomatoes), l’idée me paraissait assez intéressante, tout en promettant un style très différent de son aîné. Il ne restait qu’à voir jusqu’à quel point cette suite pouvait être créative pour parvenir à offrir autre chose que des sports extrêmes et de l’action stupide!

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Bannière promotionnelle

Après la mort de Xander Cage, il s’avère que le tueur, le lieutenant-colonel Alabama Cobb, et son escadron prennent d’assaut le repère sous-terrain du programme xXx, tout en tuant une panoplie d’agents. Pour autant, l’agent de la NSA,  Augustus Gibbons, prend les armes et affronte plusieurs militaires avant de s’enfuir avec l’agent Toby Lee Shavers, l’inventeur d’armes en chef du programme xXx. Ceux-ci se cacheront rapidement, tout en devenant des fugitifs poursuivis par Kyle Christopher Steele, un autre agent. Le plan d’Augustus et Toby est assez clair, ceux-ci veulent un nouvel agent spécial xXx, tout en espérant de lui qu’il arrête le complot visant le programme. Leur choix se portera sur Darius Stone, un ancien marine, qui aura obtenu vingt ans de prison pour avoir désobéi aux commandements du général George Deckert, tout en lui brisant la mâchoire. Ainsi, Augustus et Toby feront évader Darius, tout en lui demandant de trouver le lieutenant-colonel Cobb et d’arrêter la conspiration. Au même moment, George, devenu secrétaire de la défense pour le président des États-Unis, concocte un plan pour devenir le nouveau président. Apprenant rapidement cela, Darius sera aidé par Toby, Augustus et une ancienne connaissance, Lola Jackson. Malheureusement pour le groupe, durant leur mission, Augustus Gibbons sera tué par Deckert et Cobb, ce qui mettra Darius assez en colère pour combattre les deux tyrans!

Comme dit auparavant, je n’ai jamais été un fan de la franchise xXx, non seulement elle n’est pas divertissante, mais on sent que les scénaristes et producteurs n’ont aucune idée sur comment venir à bout du concept lui-même. Pour autant, là où xXx (2002) était assez mauvais, n’était pas en mesure de prendre correctement son concept et allait trop loin dans la démesure, xXx: State of the Union parvient au moins à être digérable. Dès le départ, on se rend compte que le scénariste Simon Kinberg (Mr. & Mrs. Smith, X-Men: The Last Stand, Jumper, X-Men: Days of Future Past, X-Men: Apocalypse, Fantastic Four (2015)) a bien fait d’abandonner complètement les sports extrêmes et le personnage principal qui devait faire de l’infiltration et utiliser des gadgets exagérément stupides. Il s’avère plutôt que les méchants vont de front dès le début, et que Darius Stone est connu comme agent secret qui devra affronter l’escadron de Cobb, tout comme George Deckert.

C’est d’ailleurs dans cette simplicité que xXx: State of the Union parvient à divertir convenablement le temps qu’il dure. Il est clair que le scénario de Simon Kinberg ne casse pas la baraque et que les illogismes scénaristiques sont assez improbables, tout comme la trajectoire de l’histoire, mais l’œuvre bénéfice d’un traitement beaucoup moins sérieux, drape et lourd qui joue en sa faveur. Cela commence dès le départ avec la séquence assez impressionnante où le lieutenant-colonel Cobb et son escadron vont affronter les agents du programme xXx, tout en tuant de sang-froid toute la troupe au complet. Par après, on se rend compte que l’intégralité de l’intrigue est basée sur Augustus Gibbons, qui est fugitif et qui doit arrêter le gouvernement tentant de le mettre hors d’état de nuire. On donnera même à ce nouveau chapitre d’offrir un meilleur développement des ennemis, surtout le personnage de George Deckert qui demeure peut-être un méchant cliché manquant de sérieux, mais sa manière d’être un bon vieux méchant de cinéma d’action est plutôt intéressant et soutenu.

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Affiche du film

L’œuvre de Lee Tamahori parvient également à être une bonne amélioration en ce qui concerne le personnage de Darius Stone. Bien que le personnage n’ait pas le côté culte et connu de Xander Cage, il demeure que Stone est beaucoup moins agressant, tout en donnant un meilleur traitement. Bien évidemment, son personnage possède autant d’attitude et de franc-parler que celui de Xander Cage, mais nous ne sommes pas dans la même trajectoire. Et puis l’interprétation d’Ice Cube est beaucoup moins irritante que l’aspect frais-chier et musclé de Vin Diesel. On donnera également au personnage de Darius Stone d’offrir de vrais bons dialogues sarcastiques dans la balance, surtout quand il dit textuellement à Augustu Gibbons qu’il a une face de merde! Ce n’est pas du grand art, mais nous sommes au moins dans un semblant d’amélioration.

Pour autant, même si xXx: State of the Union est véritablement divertissant, il ne peut pas non plus se dire parfait. L’un des gros défauts de l’œuvre est évidemment les scènes d’action. Le problème majeur est surtout l’abus d’effets spéciaux numériques qui tuent la crédibilité à chaque fois. C’est surtout le cas de la séquence d’action finale dans le train où chaque moment est simplement exécrable visuellement parfait, principalement le moment où Darius Stone utilise des balles de fusil pour détruire les parois hautes du train, ce qui amène plusieurs étincelles et un feu totalement par-ordinateur qui demeure indigeste. Pour autant, en règle générale, toutes les scènes qui nécessitent du feu ou des explosions sont toutes ratées et n’ont pas la chance d’avoir une bonne finition. C’est même un peu dommage, puisque les scènes d’action comme celle où Darius utilise un tank contre l’armée de Cobb ou celle où Darius attaque Deckert et son escadron dans la Maison Blanche sont véritablement réussies.

L’œuvre tient aussi son génie en n’ayant aucune parenté avec l’œuvre originale mettant en vedette Xander Cage. Bien que les sports extrêmes se mélangeant à l’espionnage était une idée originale sur papier, il s’avérait que Rob Cohen et Rich Wilkes n’ont pas été en mesure de rendre le produit fini intéressant, avec une crédibilité entre les deux genres. En s’assumant simplement comme une autre œuvre d’action clichée, xXx: State of the Union en donne pour son argent, surtout en ce qui concerne les moments quand même épiques comme l’évasion de Darius Stone ou l’assaut de Deckert envers le président des États-Unis. Puis, l’œuvre de Lee Tamahori a su offrir correctement l’environnement de Darius Stone. Bien que cela amène aux ghettos et à des gangsters qui viendront en aide à Darius Stone, l’œuvre est beaucoup plus crédible dans cette trajectoire, tout en rendant ses nouveaux personnages plus étoffés. C’est surtout le cas de Lola Jackson qui donne le minimum syndical dans le rôle de la petite amie de Darius. Puis, même si toujours un peu agressant, le personnage de Toby donne quelques moments sympathiques et un développement consistant, contrairement à son rôle très secondaire du précédent chapitre.

Pour ce qui est des défauts, ce serait peut-être que xXx: State of the Union ne donne pas assez d’informations sur la mort de Xander Cage, outre le court-métrage The Final Chapter: The Death of Xander Cage. Il est même étrange que ce léger moment ne soit inclus dans le montage final de cette suite, rendant plus naturel le passe-flambeau que l’œuvre tente de mettre en évidence. Puis, bien que quand même divertissante, l’œuvre ne casse pas trois pattes à un canard non plus et demeure franchement banale, même si elle est une amélioration dans la franchise. Bien que le scénario de Simon Kinberg est suffisamment étoffé avec des bons points scénaristiques, on dénote une banalité où xXx: State of the Union n’est pas différent des longs-métrages d’espionnages ou d’action du début des années 2000. C’est même un constat assez pénible, lorsque le générique arrive.

XXX: State of the Union
Image du film

Pour ce qui est du côté technique, xXx: State of the Union est une légère amélioration face à son prédécesseur. Lee Tamahori (The Edge, Along Came a Spider, Die Another Day, Next) livre une réalisation assez banale qui a juste le mérite de soutenir correctement les séquences. On lui donnera simplement de bien offrir ses scènes d’action et d’avoir une meilleure gestion du divertissement, contrairement à Rob Cohen. Mark Goldblatt, Todd E. Miller et Steven Rosenblum délivrent un montage compétant avec des coupures adéquates, surtout au niveau du côté nerveux lors des scènes d’action. Le seul reproche serait que la séquence d’action finale qui est assez mal rythmée avec des doublures très visibles, surtout en ce qui concerne Scott Speedman. David Tattersall offre une direction photographique beaucoup moins colorée et pétante que son prédécesseur, mais il demeure que celle-ci est un peu trop saturée en couleurs, donnant un contraste trop grand avec le style urbain de l’œuvre. Bien que ne composant pas la trame sonore du siècle, Marco Beltrami (La saga Scream, Underworld: Evolution, The Wolverine, Terminator 3: Rise of the Machines, Fantastic Four (2015), La saga The Woman in Black, Logan) offre des compositions d’action étoffées. Même les musiques populaires constituées de rap sont assez entraînantes et bien utilisées, à défaut d’être marquantes.

Les acteurs sont aussi un atout en soit. Bien que n’étant pas des plus exceptionnels, Ice Cube (La saga 21 Jump Street, la saga Ride Along, la saga Are We There Yet?) donne une performance convaincante, tout en tenant correctement le long-métrage sur ses épaules. Bien que très peu présent, Samuel L. Jackson (Pulp Fiction, Jackie Brown, Django Unchained, The Hateful Eight, Old Boy, Robocop, le MCU) est assez bon et donne un rôle beaucoup plus marquant et plus long que le précédent chapitre. Bien que Michael Roof (Black Hawn Down, The Dukes of Hazzard) a eu une carrière assez courte et qu’il est mort depuis quelques années, il demeure qu’il était assez sympathique dans son rôle d’inventeur maladroit. Willem Dafoe (La trilogie Spider-Man, Antichrist, Platoon, Daybreakers, eXistenZ, Justice League, Aquaman) offre une prestation convaincante en méchant, tout en donnant un personnage cliché plaisant. Bien que peu présente, Sunny Mabrey (Species III, Snakes on a Plane) donne un rôle de soutien de bonne facture, tout en étant très jolie. Le seul vrai acteur qui soit mauvais demeure Scott Speedman (Underworld, Underworld: Evolution, The Strangers) qui livre son rôle de façon exécrable, avec un manque de conviction chronique à chacune de ses répliques.

Au final, xXx: State of the Union est bien mieux que son prédécesseur, mais reste assez ordinaire et très oubliable, tout en ayant des effets spéciaux merdiques et une trame narrative peu logique. Pour autant, le divertissement est bien visible et l’œuvre bénéficie largement d’avoir perdu le côté sports extrêmes et infiltration. On donnera également à la distribution de livrer correctement leurs performances (Sauf le très mauvais Scott Speedman!), tout en ayant des personnages plus consistants et intéressants que le précédent volet. Même si les fanatiques de la franchise détestent à fond ce second chapitre, il demeure qu’au moins xXx: State of the Union tente une autre approche, au lieu de rester dans le même registre. Je suis conscient que Xander Cage soit la colonne vertébrale de cette franchise, mais il demeure que l’idée était bonne sur papier d’offrir un nouvel agent. Dans tous les cas, Xander Cage est revenu dans xXx: Return of Xander Cage, qui devrait être le départ prometteur d’une nouvelle saga!

Note : 2 / 5

En résumé : Bien que xXx: State of the Union ne soit pas un grand long-métrage ou une perle inoubliable, il en ressort malgré tout un meilleur divertissement et un produit fini plus acceptable que son prédécesseur. On donnera également au côté technique d’être plus étoffé et la distribution d’être plus charismatique. Dans tous les cas, les seuls vrais défauts de ce second chapitre seraient son scénario très banal, ses effets spéciaux exécrables et le manque d’informations sur la mort de Xander Cage, malgré le court-métrage se déroulant entre les deux chapitres. Si vous n’avez pas essayé ce second chapitre et pensez que la réception-critique est une bonne source fiable, il demeure que ce chapitre n’est pas une aussi grosse bourde et qu’il mérite légèrement plus d’attention. Puis, avec le retour d’Ice Cube dans xXx: Return of Xander Cage, il demeure plus que primordial de le découvrir malgré-tout!


Réalisation : Lee Tamahori

Scénario : Simon Kinberg

Avec : Ice Cube, Willem Dafoe, Samuel L. Jackson, Scott Speedman, Xzibit, Peter Strauss, Michael Roof, Sunny Mabrey, Nona Gaye, John Gleeson Connolly

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