[CRITIQUE] xXx (2002)

Résumé : Un adepte de sports extrêmes, Xander Cage, est recruté par le gouvernement pour une mission secrète.

Critique :

Bien que je ne sois pas un grand fan de longs-métrages d’espionnage, il demeure que celui-ci possède ses perles rares. Si d’un côté la franchise Mission: Impossible me laisse totalement indifférent (Sauf peut-être le troisième chapitre, je l’admets!), il reste que son principal adversaire, Jason Bourne, est ma tasse de thé. Puis, avec des comédies d’espionnage comme Austin Powers ou Kingsman: The Secret Service, il reste que les amateurs et non-amateurs possèdent leurs œuvres pour se divertir. Pour autant, il y a une franchise d’espionnage que je ne supporte pas et celle-ci porte le doux nom de xXx. Malgré qu’elle est réputée pour mélanger le sous-genre précédemment cité et les sports extrêmes, cette franchise n’est jamais parvenu à me divertir ou me prendre au jeu. néanmoins, avec la sortie récente de xXx: Return of Xander Cage, qui donnait de bons arguments de vente, il était logique que je réessaie cette franchise, quand même appréciée du grand public. Nous allons donc voir de plus près si mon adhésion au premier chapitre, offert par le très peu reluisant Rob Cohen, aura changé près de 15 ans plus tard.

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Affiche asiatique

Ce premier chapitre de la lucrative franchise suit au départ un espion quelconque qui meurt des mains de Yorgi, un terroriste, et ses sbires. Par la suite, l’agent de la NSA, Eugene Gibbons, décide de créer un programme spécial consistant à engager des amateurs de sports extrêmes comme agents secrets. C’est après que Xander Cage ait fait une cascade assez impressionnante avec une voiture et un parachute, qu’il deviendra vite un candidat idéal pour Gibbons. Après un test assez complexe, Xander Cage sera tout d’abord envoyé en Colombie pour arrêter une production de drogues, où il sera sauvé de justesse par le gouvernement. Après ce second test réussi, Xander Cage aura une nouvelle mission en infiltrant la bande de Yorgi, où il devra passer une commande de voitures luxueuses comme couverture. Pour autant, Yorgi et ses sbires sauront bien assez vite que Xander Cage travaille pour la NSA et feront tout pour l’éliminer. C’est là qu’il aura l’aide de Yelena, une policière infiltrée chez Yorgi, qui veut se sortir de cette galère. Il s’avère assez vite que le vrai plan de Yorgi est d’envoyer un gaz mortel sur la ville de Prague pour mettre le gouvernement hors d’état de nuire.

Donnons à César, ce qui est à César, xXx possède quand même la qualité d’offrir un bon concept sur papier en mettant de l’avant un mélange entre le cinéma d’espionnage et celui des sports extrêmes. On lui donnera également d’avoir le scénariste Rich Wilkes qui semble s’y connaître en sports extrêmes et qui veut offrir à chaque fois des scènes d’action électrisantes avec la thématique du sport à son paroxysme avec Xander Cage qui utilise une auto, tout en étant muni d’un parachute, une moto ou qui utilise un ski pour éviter une avalanche! Puis, on donnera également au réalisateur Rob Cohen de tenter à chaque fois de dynamiser le concept et d’essayer de mettre à l’écran du mieux qu’il peut la thématique de l’œuvre, surtout qu’il a introduit la saga Fast and Furious avec les voitures. En ce qui me concerne, l’énumération des qualités de l’œuvre en elle-même s’arrête ici.

Le principal problème de xXx est qu’il va dans une démesure beaucoup trop «over-the-top» en passant le plus clair de son temps à essayer de rendre crédible le fait qu’un sportif inné devienne tout d’un coup agent secret, tout en ne prenant pas la peine d’adapter ses cascades aux envies de réalisme de Rick Wilkes. On pourrait même dire que l’œuvre de Rob Cohen ne fait jamais l’effort d’offrir une véritable direction, prenant le plus clair de son temps à diviser en deux styles distincts les deux concepts de l’œuvre. Tout d’abord, l’œuvre tente d’offrir une infiltration et un côté espionnage où Xander Cage a des gadgets, se fait passer pour un sportif qui veut de belles voitures, tout en recevant de l’aide d’une policière infiltrée. Dans cette partie précise, xXx exagère son concept en montrant Xander Cage avoir des balles colorées beaucoup trop élaborées, tout comme des longues vues qui peuvent littéralement passer au-travers les murs avec une vision claire! Néanmoins, c’est la partie des sports extrêmes qui fait le plus mal à l’œuvre. Bien que je puisse croire que Xander Cage soit un véritable expert en sports extrêmes, au point de pouvoir sauter par-dessus un bâtiment en feu, il demeure que les cascades sont totalement irréalistes et vont dans une démesure si exagérée que cela en devient simplement exécrable à voir. Il suffit de voir la séquence où Xander Cage attaque une base enneigée, avec une scène interminable où le personnage principal peut fuir avec aise l’avalanche qu’il a lui-même causé!

L’autre gros problème majeur de xXx, c’est d’être incroyablement long et d’être incapable d’aller droit au but. Bien que la prémisse de Rick Wilkes possède ses mérites et aurait pu être véritablement divertissante, il s’avère que les culs-de-sac narratifs et les intrigues inutiles se succèdent aisément. Il suffit de voir le déroulement du premier acte de l’intrigue pour bien comprendre toute l’inutilité qu’elle possède. Non seulement il faut attendre presqu’à la fin du second acte pour voir arriver la menace principale du méchant, mais aussi pour que Xander Cage fasse enfin une manœuvre d’espion pour arrêter ledit criminel. Tout ce qui vient auparavant n’est qu’une mise en place inexistante où le personnage s’infiltre dans le groupe de Yorgi, tout en tentant de trouver des informations. Bien que cette partie aurait pu avoir ses mérites, elle est totalement drainée de toute émotion et s’avère longue à digérer, surtout quand nous sentons que les multiples événements servent de remplissages à cause d’un scénario trop mince.

Nous touchons aussi le fond du baril avec le personnage de Xander Cage lui-même. Bien que le long-métrage assume pleinement que celui-ci est un prétentieux avec de l’attitude en masse, il s’avère qu’il est insupportable. Même si le traitement qu’offre Vin Diesel au personnage n’aide définitivement pas la cause, il est simplement inintéressant d’écouter Xander Cage dire des lignes sarcastiques ou émettre des commentaires désopilants à chaque seconde. C’est encore moins intéressant de voir que le chef de la NSA a cru voir en ce personnage un véritable espion de grande envergure. L’œuvre démontre d’ailleurs sans cesse que le personnage de Xander Cage n’est pas un espion ou une personne compétente dans sa profession, démontrant même que ce n’est pas grâce à ses gadgets ou à l’infiltration qu’il termine ses missions, mais c’est en partie grâce à des véhicules et ses aptitudes dans les sports extrêmes. Dans cette optique, je ne comprends pas vraiment pourquoi la NSA aurait besoin de lui ou que des professionnels comme Jason Bourne, Ethan Hunt ou même Carmen et Juni Cortez n’auraient pas été engagés pour la mission du long-métrage (Je suis évidemment sarcastique)!

L’œuvre perd aussi des points dans son style réaliste et sombre. Bien que les œuvres dans ce style fussent légion, à l’époque, xXx se plante définitivement. Le problème étant qu’encore une fois le scénariste Rich Wilkes ne sait pas gérer correctement les deux styles que l’œuvre préconise corps et âme. Bien que cela soit démentiel selon la production de voir Xander Cage sauter d’un pont avec une voiture et un parachute, cela ne correspond pas à ce qui vient ensuite, avec les tests et le côté espionnage. L’œuvre tente même à plusieurs reprises d’offrir de l’humour avec le tempérament de frais chier de Xander Cage, mais ces dites passes d’humour arrivent pendant qu’il se prépare à se faire torturer par un méchant ou qu’il doit finaliser un contrat avec le méchant principal, tout en envoyant du sarcasme à la policière infiltrée. Bien que ces scènes pourraient être drôles, elles ne sont jamais mises dans des moments opportuns, donnant ainsi un résultat bâclé. Pour autant, la pire décision de ce long-métrage est de vouloir absolument transpirer l’attitude et de plaire au public fan de sports extrêmes et de voitures, sans jamais prendre en considération que ces éléments ne fonctionnent pas bien dans un style si drastiquement opposé.

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Affiche américaine

Par-contre, le clou du cercueil vient sans problème à la séquence d’action finale où Xander Cage est un lanceur de missile et qu’il doit le désamorcer. Bien que cette scène essaie de faire du suspense et d’offrir des plans nerveux, il demeure que cette scène ne fait aucunement crédible et passe le plus clair de son temps à manquer de crédibilité et d’offrir des improbabilités absolument grotesques où le personnage principal agit n’importe comment pour pouvoir désamorcer le missile, tout en prenant bien son temps pour qu’on soit près de perdre des citoyens innocents. Pour autant, c’est la conception exagérément futuriste de cette dite machine qui fait perdre le plus de crédibilité, surtout en ce qui concerne la façon de faire plonger celle-ci dans l’océan! Bien que toutes les scènes d’action de xXx soient assez ratées, il demeure que cette séquence finale donne un goût amer en bouche où on se demande sincèrement si les gens autour de la production savaient ce qu’ils faisaient.

Pour ce qui est du côté technique, xXx ne s’améliore définitivement pas! Bien que possédant quelques bons longs-métrages à sa courte filmographie, Rob Cohen (Daylight, The Skulls, The Fast and The Furious, Alex Cross) n’a jamais été un bon réalisateur. Son principal problème a toujours été ses plans tremblants et son style brouillon où on sent qu’il ne sait pas tourner une scène d’action correctement, tout en donnant des plans hasardeux et ineptes à plusieurs reprises. Le montage de Chris Lebenzon, Joel Negron et Paul Rubell est aussi une catastrophe où l’on sent que les coupures brusques et le manque de logique visuelle se croisent sans cesse; on ne parlera même pas du montage pendant les scènes d’action ou de sports extrêmes qui sont simplement exécrables. La direction photographique de Dean Semler est aussi un échec cuisant où le côté excentrique et surexposé des couleurs dénature complètement le visuel, tout en le rendant granuleux au possible, ce qui ne marche jamais avec le style sombre et réaliste de l’œuvre. Même la musique de Randy Edelman rate la cible avec un thème musical faussement épique rappelant Mission: Impossible, tout en donnant d’autres compositions exécrables ou oubliables. Pour autant, le pire restera la trame sonore qui ne marche jamais avec les images du film, entre l’utilisation de Feuer Frei, pendant l’introduction, ce qui gâche le suspense, de Bodies (Let The Bodies Hit The Floor) utilisée pour une scène d’action, ce qui détruit le spectaculaire, ou de 004, une musique espagnol, servant à dépeindre le pays. Toutes ces chansons sont très mal utilisées et représentent bien le manque de cohésion de l’œuvre.

Les acteurs n’arrangeant définitivement pas les meubles et donnent des performances exécrables! Dans le rôle principal, Vin Diesel (The Fast and The Furious, The Last Witch Hunter, la saga Riddick) délivre une performance où son trop plein d’attitude et son visage inexpressif n’aident la cause. Bien que l’acteur soit encore de nos jours très mauvais, il l’est beaucoup moins qu’à l’époque où il comptait sur ses muscles et son attitude pour compenser! Bien qu’habituellement très bonne, Asia Argento (Land of The Dead, Trauma, Phantom of The Opera, The Stendal Syndrome, Mother of Tears, Dracula 3-D) offre ici une performance tout simplement exécrable et où on sent qu’elle est laissée à elle-même, sans véritable direction. Pour autant, le pire acteur de la distribution demeure Marton Csokas (La saga The Lord of The Rings) qui, entre ses expressions inexpressives et ennuyées, ne donne jamais de crédibilité dans le rôle de l’antagoniste principal. Dans le lot, il n’y a que Samuel L. Jackson (Pulp Fiction, Django Unchained, The Hateful Eight (Critique ici), Robocop, Old Boy, le MCU) qui propose une performance louable, malgré son manque d’apparitions.

Au final, xXx est aussi mauvais et mal maîtrisé que mes souvenirs ne le laissaient croire. Non seulement le côté technique est d’une rare ineptie, mais les acteurs et la scénarisation démolissent un peu plus le désastre. Bien que le succès de xXx fut assez exceptionnel lors de sa sortie en salles (277 millions pour un budget de 70) et les critiques assez positives (48 % sur Rotten Tomatoes) aient été bien présentes, l’œuvre de Rob Cohen fut l’une des rares que je n’ai jamais été capable d’apprécier, à l’époque. Encore maintenant, la plupart des défauts que je reprochais demeurent bien visibles, mais d’autres défauts encore plus exécrables se faufilent dans le lot. Bien que la franchise xXx possède un succès et une troupe de fanatiques que je respecte, je ne saurais jamais comprendre pourquoi. Mais bon, espérons que xXx: Return of Xander Cage saura réparer les défauts de cette franchise !

Note : 1 / 5

En résumé : Bien que possédant une prémisse et un concept qui se tient sur papiers, xXx est un bel exemple d’une équipe technique qui ne semble pas avoir compris comment rendre une œuvre cohérente, intéressante ou même suffisamment étoffée pour tenir correctement. Dans cette optique, xXx est un beau pétard mouillé, mais également une opportunité manquée pour offrir un succès similaire à The Fast and The Furious, pour les courses de voitures. Dans tous les cas, le concept de l’œuvre de Rob Cohen méritait mieux et la présente suite, xXx : Return of Xander Cage, saura peut-être offrir un meilleur résultat!


Réalisation : Rob Cohen

Scénario : Rich Wilkes

Avec :  Vin Diesel, Asia Argento, Marton Csokas, Samuel L. Jackson, Michael Roof, Richy Müller, Danny Trejo

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