[CRITIQUE] Never Back Down: No Surrender (2016)

Résumé : L’ancien champion de MMA Case Walker garde un profil bas, en gagnant des petits combats régionaux et en refusant de participer à des ligues puissantes qui poussent leurs athlètes vers la prise de drogues pour améliorer leurs performances. Néanmoins, Walker est convaincu par un ancien ami, Brody James, de le suivre en Thaïlande et de l’entraîner pour un combat contre l’invaincu et le mortel Caesar Braga. Lorsque Brody est blessé durant l’entraînement, Case est forcé par un puissant promoteur de remplacer son ami dans ce combat épique.

Critique : 

Bien que je n’ai jamais vraiment été très enthousiaste à ce qu’elle en devienne une, il faut avouer que la saga Never Back Down en a fait du chemin, en huit ans. Non seulement elle aura débuté majestueusement avec la pellicule de Jeff Wadlow, mais aura continué de plus belle avec l’entrée de Michael Jai White dans la franchise. Bien que celui-ci aura simplement repris le titre, tout en ayant le saut non-officiel du «Reboot», il demeure que Jai White a continué la saga depuis tout ce temps. Pour sa première incursion dans la franchise, Jai White aura simplement repris mots-pour-mots le premier chapitre, tout en ajoutant plus de nudité et des combats plus brutaux. Malgré tout, Never Back Down 2: The Beatdown n’aura pas été réellement concluant pour moi, surtout à cause de sa thématique homophobe, de la réalisation médiocre de Jai White, des mauvais acteurs et du côté technique amateur. Pour autant, il faut croire que le succès fut au rendez-vous puisque, quelques années plus tard, Jai White annonça qu’il mettait en projet un troisième chapitre. Nommé Never Back Down: No Surrender, l’œuvre semblait légèrement mieux que son prédécesseur, en voulant simplement mettre une concentration totale sur Case Walker et sur le monde très médiatisé de la MMA.

never-back-down-no-surrender-dvdLors du final de Never Back Down 2: The Beatdown, Case Walker annonçait à un ancien ami qu’il voulait reprendre du service en tant que combattant dans la MMA (Et non en tant qu’entraîneur.). Ce troisième volet continue sur cette conclusion en montrant Case Walker qui se fait tout petit, tout en enchaînant les petits combats faciles. Après un combat contre un adversaire de bas niveau, Case retombera sur un ancien ami, Brody James, qui lui offrit de déménager en Thaïlande avec lui pour l’entraîner contre le grand champion, Braga, tout en remontant la pente après son passage en prison. Assez rapidement, Case acceptera l’offre et se rendra dans le gym de Brody, appartenant à un certain Matty Ramos. Si, au départ, Case sera vu comme un paria par Matty et les multiples recrues, il deviendra rapidement une star, à cause de la fuite d’une vidéo où il se bat. Ce qui arrivera jusqu’aux oreilles du promoteur véreux de Braga qui décide, avec un stratagème douteux, de blesser volontairement Brody et de faire participer Case au combat contre Braga. En parallèle, Case vivra une romance avec Myca Cruz, l’assistante du promoteur.

Comme dit plus haut, bien que je ne suis pas un fan de Never Back Down 2: The Beatdown, je dois avouer que mes attentes pour Never Back Down: No Surrender étaient quand même élevées. Non seulement, aux vues de la bande-annonce, l’œuvre semblait visuellement supérieure avec un meilleur côté technique, tout comme le scénario qui semblait bien mieux maîtrisé que son prédécesseur. Au final, il s’avère que je n’étais pas dans le tort, puisque l’œuvre de Michael Jai White parvient non seulement à offrir un divertissement adéquat, mais corrige quasiment les défauts des deux précédents chapitres. Cela se fait sentir au-travers du scénario de Chris Hauty et Michael Jai White qui ont pris la bonne décision en se centrant intégralement sur des personnages qui se préparent à un combat imminent, tout en ayant Case Walker comme centre d’attention.

En cela, Never Back Down: No Surrender gagne des points en développant totalement le personnage de Case Walker. Bien que celui-ci était une vraie plaie dans le volet précédent, ce n’était pas à cause de son cheminement ou de sa personnalité, mais à cause de l’entêtement maladif de Chris Hauty à simplement refaire le premier volet, tout en transformant Case Walker en Jean Roqua du pauvre, vivant à son travail avec toute l’intégralité du personnage de Djimon Hounsou. Par chance, ce troisième volet évite cette trajectoire malodorante en montrant dès le début que Case combat dans un ring, qu’il abandonne sa caravane et va vivre dans un hôtel, puis dans une maison luxueuse. Bien que la subtilité ne soit pas de mise, on change enfin le personnage, ce qui aide beaucoup. L’autre grosse qualité de ce personnage est d’enfin découvrir son cheminement où il vit une romance avec une femme, apprend le MMA à des recrues du gymnase et va vivre plusieurs défis dans sa vie, surtout sa querelle avec Brody.

Cette suite est aussi une véritable amélioration en oubliant totalement le passage de l’adolescence à l’âge adulte qui étaient des thèmes récurrents des deux premiers volets. Bien que j’apprécie généralement ces thématiques, Never Back Down 2: The Beatdown avait totalement rendu ces éléments périmés et médiocres. En ce sens, on peut dire que Chris Hauty et Michael Jai White ont été intelligents de simplement faire un long-métrage sur des adultes qui s’entrainent et veulent parvenir à combattre un champion en titre. Bien que le scénario rappelle énormément Kickboxer, il demeure que ce troisième volet reste impeccable en lançant totalement son dévolu sur un entraînement intensif et sur les personnages principaux adultes qui vivent dans l’industrie populaire du MMA.

On touche aussi la cible avec la façon d’offrir des combats au-travers de l’œuvre. Étant un grand connaisseur des arts martiaux mixtes, il est clair que Michael Jai White allait continuer son bon travail. Il y parvient dès le début, avec le combat dynamique et bien chorégraphié entre Case et un adversaire facile. Bien que le match soit court, il est facile de voir, dès le début, que Michael Jai White aura fait des efforts en dynamisant les coups des combattants, tout en rendant plus crédible comment ceux-ci vont au tapis. Même chose pour le combat entre Case Walker et un apprenti du gymnase de Brody où, avec des fondus en noirs et en blancs, nous voyons le combat entre les deux adversaires, mais aussi Case qui fait comme dans son entreaînement, où nous voyons d’avance les coups qu’il portera. Pour autant, mon combat préféré restera celui d’un combattant mystérieux qui frappe dans un sac à longueur de journée, voit un collègue se faire tabasser, va sur le ring, et va lui mettre une correction. Puis, même si ce n’est pas un combat ultra mémorable, le combat final entre Case et Braga tient aussi la route.

On touche aussi la cible en offrant une histoire qui prend son temps. Bien qu’elle n’a rien de spécial en soit, elle a le mérite de mettre en place un certain suspense et une envie de faire du développement de personnages, tout en offrant un côté dramatique et drape bienvenu. En ce sens, on peut dire que Chris Hauty et son co-scénariste ont bien fait de mettre en place une histoire de complots avec le promoteur qui veut Case pour affronter Braga, au lieu de Brody, ou la querelle qui arrivera entre Case et Brody. Même chose pour la romance entre Case et Myca Cruz qui tient la route et demeure quand même réaliste dans son traitement. On donnera aussi des lauriers pour la sous-intrigue où Case entraîne deux apprentis en leur donnant des trucs simples pour briser des nez ou monter et descendre des marches.

Par-dessus le marché, Never Back Down: No Surrender est plutôt intéressant en livrant une bien meilleure exploitation de l’univers du MMA. Bien que j’aime beaucoup le premier volet et que le second volet tient ces bons points, il demeure que ceux-ci n’ont pas été en mesure d’offrir leur plein potentiel sur l’internationalité que possède le MMA. Au moins, le troisième volet corrige ce défaut et donne, dès le départ, un combat dans un pays étranger, pour ensuite mettre son action totalement en Thaïlande. Puis, on rend le tout crédible en montrant que les gens du pays sont d’une nationalité différente, tout en gérant beaucoup mieux le budget du long-métrage, comme en utilisant des décors plus gros pour le gymnase ou pour l’endroit qui sert de combat final. Ce n’est peut-être pas parfait, mais on sent une meilleure gérance pour le sport qu’est le MMA, tout comme du budget alloué.

Pour ce qui est du côté technique, ça demeure très dynamique! Avec de l’expérience cette fois-ci, Michael Jai White (Never Back Down 2: The Beatdown) délivre une réalisation beaucoup mieux maîtrisée, avec des plans somptueux et propres, tout en donnant des coupures et des plans rapides très symétriques. Bien que le réalisateur ait commis des bourdes affreuses sur le second volet, il se rattrape majestueusement ici. Pour sa part, Scott Richter offre un montage très professionnel qui donne un rythme soutenu au long-métrage, tout en permettant à l’œuvre d’être crédible et d’offrir des combats réalistes à l’écran. La direction photographique de Ross W. Clarkson est très colorée et donne un professionnalisme non-négligeable à l’œuvre qui demeure impressionnante, avec ses teintes colorées qui rendent le visuel très beau. Frederik Wiedmann (Sniper: Legacy, Tremors: Bloodlines, Son of Batman, Justice League: The Flashpoint Paradox, Batman vs. Robin, Batman: Bad Blood) offre une trame sonore très épique qui rend chaque scène de combats ou scènes dramatiques très puissantes.

Les acteurs sont aussi un atout! Dans le rôle principal, Michael Jai White (Mortal Kombat: Legacy, Undisputed 2: Last Man Standing, Universal Soldier: The Return) a beau être mauvais, on sent toujours qu’il adore jouer Case Walker et qu’il tient à ce personnage. Josh Barnett (Absolution) n’est pas non plus excellent dans son rôle, surtout pour un vrai combattant de MMA, mais cela demeure quand même potable pour ce qu’il a à faire. Gillian White est très charismatique dans son rôle et donne une chimie soutenue à son personnage et celui de Jai White. Esai Morales (From Dusk Till Dawn) donne également un bon rôle de méchant et possède une présence intéressante à l’écran. Stephen Quadros (Cradle 2 The Grave) n’est peut-être pas aussi bon que Djimon Hounsou ou Jai White dans son rôle de mentor / entraîneur, mais il demeure intéressant dans sa façon d’offrir son personnage. Bien que peu présente, JeeJa Yanin (Chocolate, The Protector 2, Raging Phoenix, This Girl is Badass, Hard Target 2) fait le long-métrage au complet avec sa scène de combat épiquel et on notera aussi la présence de Tony Jaa (La saga Ong-Bak, la saga The Protector, la saga The Bodyguard, Furious 7) au générique.

Pour ce qui est des défauts, ce serait probablement le fait que Never Back Down: No Surrender a une écriture étrange dans son cheminement. Bien que Chris Hauty ne soit pas totalement en tort, son scénario s’assemble drôlement et plusieurs événements de l’œuvre accélèrent le long-métrage inutilement, comme le moment où Brody se casse un membre ou lorsque Case provoque et combat Braga avant d’aller sur le ring. Ce n’est pas beaucoup catastrophique, mais on sent encore une fois que Hauty est un mauvais scénariste et que Never Back Down fut sa seule vraie œuvre vraiment bien écrite, malgré des légers débordements.

Au final, Never Back Down: No Surrender n’est pas un chef-d’œuvre, c’est indéniable, mais cela demeure beaucoup mieux que Never Back Down 2: The Beatdown. Non seulement cela, mais on sent que Michael Jai White aura vécu une grande amélioration au niveau de sa réalisation, tout comme dans la chorégraphie des combattants. Je serais même prêt à dire que son jeu d’acteur est un peu mieux maintenant. Il a aussi su offrir une bonne collaboration avec Chris Hauty pour rendre le scénario un peu plus meilleur qu’à l’habitude. On donnera aussi à ce troisième volet de savoir mieux gérer son budget et de rendre la saga beaucoup plus crédible au niveau de son sport. Bien que le premier chapitre restera toujours indétrônable, ce troisième volet reste aussi une bonne curiosité. À la fin, si un jour un Never Back Down 4 arrive sur les tablettes de DVD, il est non seulement certain que je l’achèterais, en ferais une critique sur Avis Mortel, et je serais très content. Que voulez-vous, il suffit que le titre de l’œuvre de Jeff Wadlow soit écrit sur une pochette pour que je sois bien motivé!!

Note : 3.5 / 5

En résumé : Bien que ce troisième chapitre ne soit assurément pas une perfection, il demeure que celui-ci dépasse largement le second chapitre, tout en donnant une nouvelle perspective de la franchise. Par-dessus tout ça, on sent que Michael Jai White tient à cette franchise et se donne à fond pour offrir une certaine amélioration sur sa réalisation, le scénario et son jeu d’acteur. L’œuvre offre aussi des scènes de combats qui rivalisent presque avec celles du premier volet et s’offre une distribution plutôt bonne, surtout avec JeeJa Yanin et Tony Jaa. Au final, si Never Back Down: No Surrender ne serait pas la conclusion à la franchise, je ne serais pas mécontent.


Réalisation : Michael Jai White

Scénario : Chris Hauty, Michael Jai White

Avec : Michael Jai White, Gillian White, Josh Barnett, Esai Morales, Stephen Quadros, Nathan Jones, Brahim Achabbakhe, Ron Smoorenburg, JeeJa Yanin, Tony Jaa

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