[CRITIQUE] Never Back Down 2: The Beatdown (2011)

Résumé : Quatre combattants avec des passés différents se réunissent pour s’entraîner avec une ancienne vedette de la MMA, et devront ultimement combattre entre eux.

Critique : 

Never Back Down 2 posterComme je le disais dans ma critique de Never Back Down, j’ai une affection particulière pour ce long-métrage et  je l’adule énormément. Pour autant, je suis amplement capable de voir les défauts et peu comprendre pourquoi les critiques furent très mitigées, tout comme le fait que l’œuvre de Jeff Wadlow (Kick-Ass 2, Cry Wolf) eut un box-office assez modique (41 millions pour un budget de 20), ce qui en fit un succès assez mitigé. C’est ainsi que, malheureusement, la carrière de Never Back Down se termina rapidement et la suite attendue (Pour ma part, du moins!) n’arriva jamais. Cependant, il s’avère que la saga continua son petit chemin dans le marché des œuvres directement en DVD. Bien que cela soit un peu dommage, il était clair que mes attentes seraient bien présentes dans ce cas précis. Offert par Michael Jai White, Never Back Down 2: The Beatdown se voulait une suite très libre de l’original, tout en étant un reboot déguisé de l’œuvre de Wadlow. Dans un cas comme dans l’autre, il s’avérait que Michael Jai White avait la lourde tâche de reprendre le flambeau de la saga, tout en donnant de nouvelles bases totalement différentes. Qu’est-ce qui ressort de ce produit?

Never Back Down 2: The Beatdown suit Mike Stokes, un jeune homme ordinaire, qui arrive dans une nouvelle université pour continuer ces études. Il s’avère que Mike vit un problème majeur avec son père, qui aura simplement choisi de quitter sa femme et son fils pour un autre homme. En parallèle, nous suivons Zack Gomes, un boxeur de renom, qui devra arrêter sa carrière de boxeur après avoir subi trop de coups lors de son dernier combat, ce qui en résultera à un décollage de la rétine qui pourrait le rendre aveugle. Pour autant, malgré leurs problèmes respectifs, Mike et Zack décident de commettre la folie de vouloir s’inscrire au Beatdown, un événement d’arts martiaux mixtes grandiose. En allant voir Max Cooperman, l’organisateur de l’évènement, Mike et Zack se feront recommander de vivre un entraînement intensif auprès de Case Walker, un ancien champion de MMA, récemment sorti de prison et en probation. Bien assez vite, Mike et Zack seront acceptés par Case, tout en devant s’entraîner auprès de Tim et Justin, deux élèves de Case. Bien que les entraînements soient difficiles, les quatre élèves de Case se révèleront exemplaires et décideront tous de participer au Beatdown. Malheureusement pour Mike, Zack et Tim, Justin perdra facilement la tête, en envoyant au passage Case en prison, ce qui obligera nos trois amis à lui donner une leçon au Beatdown!

Soyons honnêtes dès le départ, Never Back Down 2: The Beatdown est facilement décelable comme un long-métrage qui rate sa cible trop souvent. Bien qu’il possède des qualités bien visibles, il demeure que l’œuvre frappe dans un mur trop souvent. Dès le départ, cela est facilement visible par le scénario maladroit et pauvre de Chris Hauty. Non seulement l’homme n’aura pas compris ses erreurs commises dans le précédent volet, mais il empire la situation, tout en rentrant sur un terrain glissant qui le mène facilement vers un long-métrage choquant de par ses thématiques. On touche aussi le fond du baril en offrant simplement une histoire totalement identique au précédent volet où les variations légères sont de mises, mais où l’on sent trop souvent que Michael Jai White a simplement refait l’œuvre de Jeff Wadlow.

Lorsque je parle du fait que Never Back Down 2: The Beatdown peut choquer à travers ses thématiques, je parle évidemment des thématiques homophobes que propose Chris Hauty. Non seulement l’homme aura utilisé la facilité en changeant les problèmes du personnage principal qui vit une situation de mort à homosexualité, mais aura simplement marché sur des œufs en donnant cette variation. Parce que, soyons honnêtes, le scénariste ne sait pas contenir ses débordements et offre un long-métrage homophobe où Mike vit sans cesse des blagues de certains camarades de classe qui le prennent comme un homosexuel à cause de son père, tout en vivant aussi des vannes à propos de cela, par le personnage de Justin. On place même le personnage d’Eve, l’amoureuse de Mike, dans la même situation alors qu’elle attaque verbalement Mike en disant que l’homosexualité ne se transmet pas et que sa colère envers son père est puérile, même si on comprend que Mike n’est pas en colère que son père soit homosexuel, mais simplement parce que son père l’ait laissé, lui et sa mère. En fait, on a trop souvent l’impression que Chris Hauty a des bonnes intentions avec son sujet, mais cela sort comme une mauvaise intention. C’est un peu le risque à prendre lorsqu’on tente une approche une intrigue à la Karate Kid, avec celle d’une intrigue beaucoup plus sérieuse et risquée!

Cette suite est aussi légèrement ratée en voulant mettre à l’avant une plus grosse proportion des concepts du premier volet. Bien que j’apprécie que l’œuvre veuille créer une camaraderie entre combattants avec les quatre disciples de Case, tout en donnant plus de scènes d’entraînements, il demeure que cette suite ne gère pas correctement cet aspect. Tout d’abord, il s’avère encore une fois que Chris Hauty marche sur des œufs en rendant Tim et Zack très secondaires, mais aussi par le fait qu’il ne parvient pas à rendre les personnages attachants ou avec des péripéties palpitantes. C’est surtout le cas de Justin qui, en dehors de ses entraînements, ne fait que vendre des bandes-dessinées. C’est donc difficile de s’attacher à lui, tout comme Tim qui joue simplement les bonnes âmes avec sa mère. On manque aussi la cible avec des thématiques trop prises de façon superficielle comme la mère de Tim qui est prostituée ou Zack qui vit un décollage de la rétine, mais que ces intrigues ne seront jamais importantes.

Dans les concepts repris du chapitre précédent, Never Back Down 2: The Beatdown rate aussi la cible avec le personnage de Case Walker. Bien que l’œuvre veut simplement reprendre partiellement le personnage de Jean Roqua, il demeure qu’on ne donne que cela avec Case qui vit un secret difficile envers ses parents, qui entraîne dans des conditions minimes, qui vit au boulot et qui deviendra un mentor exemplaire pour les quatre jeunes. Bien que ce personnage ne soit pas terriblement mal exploité, il demeure qu’on découvre simplement le même mentor que l’original, avec la même histoire au-travers de l’œuvre. La seule différence, c’est que Case est beaucoup moins noble que Jean Roqua et reste plus proche de ses élèves. L’autre similitude c’est que Mike ne réussit pas à vivre une romance paisible avec Eve. Pour autant, non seulement cela est moins crédible que dans l’original, mais on invente plusieurs situations pour que les deux amoureux restent à l’écart, comme Eve qui sort avec Zack.

On touche aussi le fond en proposant un retournement de personnalité totalement abrupte de Justin. Bien que l’on puisse sentir que le personnage est instable et qu’il va finir par devenir sociopathe, il demeure que la façon de l’offrir transparaît comme une pauvre excuse pour avoir un méchant expéditif. Surtout que, dans la logistique du scénario, il n’y a aucune raison pour que Justin se retourne contre ses amis et Case, tout comme sa folie meurtrière qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Même si Ryan McCarthy (Le méchant du volet précédent) n’était pas le plus défini au monde et qu’il avait un développement léger, il demeure que celui-ci était totalement prévu comme un méchant et avait des raisons valables de vouloir l’être. Alors que, dans l’immédiat, Justin est certainement le méchant le plus mal défini et expéditif depuis longtemps.

Je serais aussi assez négatif envers le budget du long-métrage. Bien que cette suite n’ait pas la prétention de vouloir être un long-métrage à gros budget avec une finition exemplaire, il reste que les ennuis budgétaires de cette suite nuisent même au scénario. Il suffit de voir l’organisation du Beatdown qui est totalement bâclée en condensant simplement quelques combattants dans une pièce extrêmement exiguë. Bien que je puisse comprendre que cette suite ne pouvait pas offrir une grande pièce avec une centaine de spectateurs, il reste que le tout est peu crédible. Même chose pour l’université où réside Mike et les autres qui semble extrêmement petite et ne semble jamais complète.

On donnera au moins à Never Back Down 2: The Beatdown d’être en mesure d’émuler le premier volet correctement en offrant des scènes d’entraînements et de combats qui tiennent la route. En ayant Michael Jai White qui connait totalement les arts martiaux mixtes, il n’était pas difficile pour ce chapitre d’être crédible. Que ce soit les quelques moments où Case apprend des clés de bras ou des prises complexes (Comme le pied sur la gorge), ou simplement les combats lors du Beatdown, on sent des chorégraphies sophistiquées avec plusieurs coups bien portés. Le combat entre Mike et Zack possède même le mérite d’avoir un suspense et une camaraderie qui marchent bien ensemble. Même chose pour le combat final entre Mike et Justin qui est fort divertissant et qui propose les meilleurs moments de l’œuvre, surtout lorsque Mike brise le bras à Justin. L’autre grosse qualité serait que ce volet cible beaucoup moins les jeunes que le précédent chapitre, en proposant des scènes de nudités très prononcées.

Pour ce qui est du côté technique, c’est un peu moyen. Débutant à la réalisation, Michael Jai White (Never Back Down: No Surrender) offre une réalisation très mauvaise qui accumule les bourdes visuelles de façon phénoménale. Que ce soit les tremblements de caméras répétitifs, les cadrages hasardeux ou les ralentis douteux, il s’avère que Jai White rate la cible au niveau de la réalisation. Debra Beth Weinfeld offre aussi un travail catastrophique avec des fondues au hasard, des coupures brusques ridicules comme Mike qui dit « It’s About My Father » et que la caméra coupe sur la scène suivante. Pour autant, le pire effet de montage demeure cette scène d’introduction inutile qui révèle complètement les enjeux de l’histoire, tout en étant remontrée plus tard. Pour sa part, la direction photographique de Yaron Levy est plutôt terne et ne parvient pas à offrir autre-chose qu’un style granuleux et terne qui demeure assez minable. Également, Justyna Kelley et David Wittman offrent une trame sonore très mauvaise où les mélodies ne concordent pas avec les scènes: même que les chansons chantées deviennent rapidement redondantes et sont trop rallongées pour les scènes d’entraînements de cinq minutes.

Les acteurs non plus ne sont pas géniaux! Dans le rôle principal, Dean Geyer (Landmine Goes Click, The Sand) ne parvient non seulement pas à tenir le long-métrage sur ses épaules, mais il donne une performance exécrable et inexpressive. Probablement le seul bon acteur de la production, Alex Meraz (La saga Twilight, The Roommate) donne une prestation investie et les rares scènes émotives avec son personnage sont excellentes. Todd Duffee est un vrai combattant d’arts martiaux mixtes, dans la vraie vie, et offre une performance médiocre qui démontre qu’il n’est pas un acteur., tout comme Scottie Epstein qui demeure aussi assez mauvais dans le rôle de Justin et qui ne donne jamais une véritable étincelle dans son jeu. Jillian Murray (Forget Me Not, Wild Things: Foursome, Cabin Fever: Patient Zero) a beau être très jolie, elle est simplement transparente. De retour dans la franchise, Evan Peters (X-Men: Days of Future Past, X-Men: Apocalypse, Kick-Ass) donne toujours une excellence performance, survoltée et investie. Bien que toujours aussi mauvais que d’habitude, Michael Jai White (Spawn, Mortal Kombat: Legacy, Blood and Bone, Undisputed II: Last Man Standing) demeure à son aise dans ce rôle précis.

Dans l’immédiat, je dois avouer que j’apprécie aussi Never Back Down 2: The Beatdown comme un plaisir coupable non modéré, mais il demeure que l’œuvre est beaucoup trop avare en nouveautés et se met les pieds dans les plats trop souvent. C’est surtout le cas avec l’écriture maladroite et trop ambitieuse de Chris Hauty qui offre un côté homophobe extrêmement déconcertant. Par-dessus le marché, on dirait que l’œuvre à simplement voulu offrir plus que l’original, avec un nombre plus élevé de combattants, mais son budget semble démolir complètement ses ambitions. Non seulement cette suite ressort comme un pétard mouillé, mais elle offre trop peu de moments forts, sauf le combat final, pour qu’on soit réellement sidéré. C’est bien dommage, puisque Michael Jai White et son équipe avaient réellement le don d’être prometteur!

Note : 1.8 / 5

En résumé :  Bien que Never Back Down 2: The Beatdown avait l’ambition d’être une suite indépendante de son aîné, tout en voulant offrir un reboot, il reste que l’œuvre se tire trop souvent dans le pied. Non seulement le côté technique est assez mal agencé, les acteurs sont extrêmement mauvais, pour la plupart, mais l’histoire est très mal construite. Disons qu’on sent que cette suite avait l’ambition de faire différent de son prédécesseur, mais sa différence lui confère des défauts probants difficiles à nier. Au final, il n’en reste qu’à vous de voir si vous voulez découvrir cette suite, au moins pour le lien avec le Beatdown, Max Cooperman ou Case Walker qui ressemble beaucoup trop à Jean Roqua!


Réalisation : Michael Jai White

Scénario : Chris Hauty

Avec : Michael Jai White, Dean Geyer, Alex Meraz, Todd Duffee, Scottie Epstein, Jillian Murray, Evan Peters, Stacey Asaro, Gralen Bryant Banks

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