[CRITIQUE] Goal III: Taking on the World (2009)

Résumé : Des héros compétitionnent sur la plus grande scène de tous les temps, la Coupe du Monde de la FIFA.

Critique : 

Lorsqu’on découvre une trilogie conséquente et prévue comme telle, on veut assurément la découvrir, pour le meilleur et, surtout, pour le pire. Lorsque j’ai découvert, pour la première fois, Goal The Dream Begins, j’ai été épaté de son immense qualité, mais également sa manière de mettre en place le drame sportif et les péripéties très percutantes de Santiago Munez. Puis, encore maintenant, je vois The Dream Begins comme l’un des meilleurs drames sportifs jamais faits. Par après, j’étais tenté de découvrir les suites. Tout d’abord, vous avez Goal II: Living The Dream qui possédait ses qualités, mais on sentait définitivement un produit fini moyen. Je n’étais donc pas chaud pour voir Goal III: Taking on the World. une suite qui poursuit la malédiction de la saga, avec un budget réduit, mais qui a aussi connu une sortie directement en DVD au Royaume Uni (Il n’existe donc qu’en zone 2…) et sans visibilité réelle. Donc, après la descente en qualité avec le second chapitre, est-ce que cette conclusion à la trilogie peut faire pire?

goal-iii-taking-on-the-world-posterAprès les événements de Goal II: Living The Dream, il s’avère que Santiago Munez est en liste pour aller à la Coupe du Monde. Avec deux co-équipiers, Charlie Braithwaite et Liam Adams, ceux-ci en profitent pour faire la fête pendant un tournage dont Charlie fait partie. Après ledit tournage, les trois amis auront un accident grave sur la route. Si Charlie et Liam sont sains et saufs, Santiago se retrouvera avec des blessures faisant en sorte qu’il ne pourra être sélectionné. Par la suite, Liam et Charlie vivront chacun de leur côté des événements qui changeront leur vie. Charlie tombera sur sa future fiancée, Sophia Tardelli, qui a également survécu à l’accident. Pour sa part, Liam découvrira qu’il a une fille et il le supporte assez mal, malgré les encouragements de June, la mère, pour devenir un père responsable. Pendant la Coupe du Monde, il arrivera un événement tragique changeant la vie de Charlie et Liam, tout en restructurant leurs existences à jamais!

Dès le départ, Goal III: Taking on the World est un long-métrage insultant pour n’importe quel fan des deux premiers chapitres. En effet, non seulement il semble ignorer complètement les multiples portes laissées ouvertes par le chapitre précédent, mais il est complètement hors sujet avec le «To Be Continued» que laissait Goal II: Living The Dream. Même pire, il abandonne les trois quarts de son casting par la même occasion. Ce qui laisse simplement un faux reboot au scénario limité et de nouveaux personnages antipathiques. Croyez-moi sur paroles, ce troisième volet de la saga est tout simplement médiocre et vient entacher solidement la crédibilité de la saga, tout en rendant les meilleures qualités de la saga obsolètes ici. Cela en devient quasiment insultant lorsqu’on sent que les liens avec les deux premiers chapitres sont limités et qu’on sent même que ce troisième chapitre pourrait appartenir à une autre saga.

Puis, pour ceux qui viendront dire que ma description est fausse, puisque Kuno Becker est en avant-plan sur la pochette DVD, celui-ci n’apparait que 15 minutes pendant la totalité de l’œuvre. En effet, Santiago Munez, le fameux personnage au grand cœur et à la mythologie solide, passe de rôle principal à serpillière de troisième plan. Cela ne serait pas un problème si les deux personnages principaux avaient autant d’intérêt, ce qui n’est pas le cas. Liam Adams se révèle être un personnage inintéressant avec une personnalité exécrable, surtout envers le fait qu’il refuse d’être là pour sa fille. On ne parlera même pas de Charlie Braithwaite qui est une copie sans intérêt de Gavin Harris, mais sans le charisme et la dimension solide. Même chose pour les personnages secondaires qui sont tous des clones de d’autres personnages, ou qui sont sans saveur et aux péripéties extrêmement exécrables.

Également, Goal III: Taking on the World s’enfonce encore plus dans la merde en démontrant à chaque instant que son scénario est sans consistance et exécrable. Bien que Mike Jefferies n’avait pas écrit le scénario le plus original et inventif avec Goal! The Dream Begins, on sentait que l’homme savait où il allait et voulait raconter des bases solides sur la FIFA, ses ligues et son personnage principal extrêmement solide. Bien que le scénario de Goal II: Living The Dream manquait de consistance et ratait des cibles, il demeurait assez bon pour qu’on veuille rester jusqu’à la fin. Pour autant, il s’avère que ce troisième chapitre nous délivre constamment des développements de personnages exécrables entre Liam qui se met à boire et Charlie qui vit des passions avec sa future fiancée. Le reste du temps, nous découvrons des scènes de dîner entre des amis qui ne servent à rien. Ne parlons même pas de l’avancement de Santiago Munez qui retourne chez les Newcastle (Un échec très insultant d’ailleurs…), ne jouera pas pendant toute l’histoire et n’aura aucune intrigue pour conclure son épopée!

Goal! III insulte aussi en mettant au troisième plan le football. En effet, après deux longs-métrages concentrés sur ce sport, ce film commence déjà en étant tout sauf un long-métrage de football! Dès le début, on voit Santiago, Liam et Charlie aller sur un plateau de tournage de films érotiques pendant les vingt premières minutes. Pour ensuite n’inclure que trois scènes de football. Malgré tout, ce troisième volet est tellement fauché que les séquences de football sont reprises de vrais matchs (En résumé, du stock footage…) et rajoute les acteurs en post-production pour faire croire à un vrai match. Donc, même lorsqu’il met l’emphase sur le football, Goal III: Taking on the World n’a pas assez de budget pour faire de vrais matchs! D’ailleurs, les scénaristes en font même une blague au début avec un faux match de football, pour une publicité, avec des fonds verts.

On n’enfoncera définitivement le clou dans le cercueil avec, comme dit plus haut, le manque de liens avec les premiers chapitres. Si on peut comprendre que Goal III: Taking on the World ne voulait pas remettre Santiago Munez au premier plan, il est difficile de croire que les portes ouvertes ont été tant ignorées. À la fin de Goal II: Living The Dream, Mike Jefferies et ses scénaristes avaient mis en évidence plusieurs personnages vivant des déboires qui allaient être résolus pendant le troisième volet. Tout d’abord, Roz Harmison était enceinte de Santiago Munez et sa dernière scène laissait transparaître sa grossesse. Gavin Harris avait parlé avec son agent pour pouvoir aller à la Coupe du Monde. Glen Foy et Santiago avaient un conflit qui semblait vouloir se résoudre dans un troisième volet. Même chose pour Santiago qui allait aussi à la Coupe du Monde. En ignorant toutes ces portes ouvertes et en faisant disparaître tous les acteurs concernés, les scénaristes et la production se révèlent fainéants.

On peut même aller plus loin en disant que la conclusion du match et la fin du film sont tout simplement exécrables. Pour la fin de la partie, on utilise des bouts de vrais matchs pour faire en sorte d’insérer une défaite de l’équipe pour la Coupe du Monde, ce qui amène à croire que la trilogie Goal! a mis tant d’efforts pour rien. La fin est simplement insultante en délivrant une conclusion grotesque sur un mariage d’un personnage qu’on connaît qu’à peine. Le tout ferme même la boucle sur Santiago Munez qui donne un discours, avant le générique.

Pour ce qui est du côté technique, c’est médiocre au possible! Andrew Morahan (Highlander III: The Sorcerer) délivre un travail à mi-chemin entre une réalisation de téléfilm et de l’épilepsie. Vous pouvez me croire, son travail est terriblement indigeste et il s’agit d’un supplice de supporter sa réalisation digne d’une série Z. Le montage de Giles Bury tient de l’exploit tant il offre toutes les faiblesses des deux premiers longs-métrages, mais ne réussit pas en plus à transmettre l’illusion sur les parties sur fonds verts. Il abuse même de coupures brusques qui rendent le tout homogène au possible! George Tiffin offre une direction photographique dégueulasse, aux couleurs flashy, extrêmement agressantes et qui font transparaître son côté fauché. La trame sonore de Mark Thomas est terriblement mielleuse,au point qu’un ours pourrait en mourir, et elle est si mauvaise qu’on en vient à vouloir s’arracher les oreilles. Je ne parlerais même pas de la musique So Low So High de Maps qui est insupportable.

Les acteurs n’aident pas la cause! JJ Feild (Centurion) donne une prestation exécrable où l’on sent qu’il veut être charismatique et même émouvant, même si cela rate à chaque fois. Leo Gregory (Green Street Hooligans) n’est guère plus convaincant et offre des expressions faciales anthologiques, tellement il est exécrable. Anya Lahiri et Kasia Smutniak ont beaux avoir un sex-appeal certain, elles sont simplement médiocres. Bien qu’étant au troisième plan avec parfois des scènes sans dialogues, Kuno Becker (Nomad: The Warrior) offre une performance très correcte. Je dirais même que ces deux scènes émotionnelles surpassent facilement les deux acteurs principaux médiocres!

Je ne trouverais qu’une seule qualité à ce long-métrage, et ce serait le léger moment dramatique et émotionnel qui arrive pendant le troisième acte. Bien que cela survient beaucoup trop tard et que le long-métrage est emmerdant, il demeure qu’on est touché par le côté émotionnel et à quel point, même pour des personnages qu’on déteste, on peut ressentir une certaine triste.

Vous l’aurez compris, Goal III: Taking on the World est une conclusion affligeante pour cette trilogie à moitié produite par la FIFA. Non seulement on sent la paresse et le budget fauché de cette production, mais on ressort avec un paquet de défauts qui ne devraient pas être dans une production normale. De plus, on comprend parfaitement pourquoi les distributeurs auront décidé de sortir ce troisième volet directement en DVD et seulement au Royaume Uni. Le résultat est tellement raté et affligeant que personne ne voudrait voir cela. Mike Jefferies aura totalement détruit le potentiel de sa trilogie, tout en concluant de la pire façon qui soit en omettant les portes ouvertes de Goal II: Living The Dream, mais aussi en ayant pondu une alternative aussi désastreuse. De plus, il aura détruit le «background» de son héros principal, au détriment de deux nouveaux êtres qui ne valent pas la peine. Au final, on reste sidéré de voir une conclusion aussi misérable!

Note : 0.3 / 5

En résumé : En voyant simplement les deux premiers volets de la saga, on peut facilement s’imaginer un scénario extrêmement convaincant pour cette conclusion, avec les portes ouvertes et le «To be Continued» du précédent volet. Pour autant, en étant le producteur et scénariste principal de la franchise, Mike Jefferies n’aura pas été capable de réaliser cet objectif. Non seulement cela démontre une paresse agressante, mais aussi une incompréhension face à sa décision de vouloir faire absolument une trilogie. Pire encore, nous sommes devant une équipe technique inepte, un côté complaisant affreux, des acteurs médiocres et un scénario affligeant. Absolument rien n’est à sauver dans Goal III: Taking on The World, qui passe comme un des pires films critiqués sur Avis Mortel!


Réalisation : Andrew Morahan

Scénario : Mike Jefferies, Piers Ashworth

Avec : Leo Gregory, JJ Feild, Kuno Becker, Nick Moran, Tamer Hassan, Kasia Smutniak, Anya Lahiri, Wendy McGregor Fitzsimmons

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