[CRITIQUE] Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants (2016)

Résumé : Le chevalier noir est de retour avec ce qu’il fait de mieux – protéger les citoyens de Gotham City. Lorsque le scientifique maléfique Mr. Freeze active sa dernière invention sur deux des puissants criminels de la ville, Killer Croc et Bane, les choses ne font que s’empirer. Devenus des monstres géants, les deux super-criminels déchargent leurs pouvoirs sur les rues de Gotham City. Le justicier masqué et son équipe de super-héros devront sauver la ville en construisant des armures robotiques géantes pour combattre ces adversaire hors du commun.

Critique : 

Il faut le dire, que nous l’aimions ou non, la franchise Batman Unlimited reste probablement une des franchises de jouets les plus populaires au monde. Non seulement possède-t-elle une panoplie de personnages diversifiés, mais elle a le mérite d’être active dans le domaine télévisuel et cinématographique. En quelques-mois seulement, la franchise aura eu pas moins d’une série web et deux longs-métrages offerts sur les tablettes de DVD. Il faut croire que le succès fut assez important pour Batman Unlimited: Animal Instincts et Batman Unlimited: Monster Mayhem, puisqu’aujourd’hui, il s’agit littéralement d’une trilogie à part entière. Ainsi donc, après avoir offert les méfaits du Pingouin et du Joker à l’écran, la franchise allait plus loin en offrant pas moins qu’une panoplie de méchants et un style Mecha bien senti. Peut-être était-ce risqué en tant que tel, mais Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants semblait vouloir offrir le divertissement ultime pour les jeunes enfants et, en cela, nous pouvions croire que la saga animée de Batman Unlimited allait améliorer ses défauts flagrants et être un divertissement costaud!

Lors de la finale de Batman Unlimited: Animal Instincts, nous avions vu que le Pingouin s’était écrasé avec sa capsule de secours en Antarctique. Après cet événement, nous continuons sur le Pingouin qui, depuis ce temps, fait équipe avec Mr. Freeze dans son laboratoire. Dès lors, le Pingouin imagine la vengeance parfaite envers Batman et propose à Mr. Freeze d’aller à Arkham Asylum, pour libérer des prisonniers comme Bane, Killer Croc, Clay Face et Chemo, tout en combattant la bande de Batman en chemin. Le but de l’évasion des quatre bandits est de les utiliser par le Pingouin et Mr. Freeze pour pour qu’ils soient les sujets d’une expérience qui rendra Killer Croc et Chemo géants. Deux semaines plus tard, il s’avère que la ville de Gotham City est transformée en bloc de glace et est enneigée par Killer Croc et Chemo, qui attaqueront la ville par la même occasion. Débarquant à Gotham City, Mr. Freeze sera rapidement trahi par le Pingouin, Bane et Clay Face, qui utiliseront son sérum grossissant. Alors que la ville est ravagée par quatre monstres géants, Batman et Green Arrow auront l’aide du professeur Kirk Langstrom pour avoir des robots géants surpuissants pour parvenir à tenir tête aux monstres, tout en ayant les services de Robin (Damian Wayne), de Nightwing et de Flash pour sauver les civils!

Donnons un peu de crédit à ce long-métrage, Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants est véritablement une amélioration dans la franchise. Tout d’abord, il améliore un peu la structure scénaristique en donnant une véritable histoire qui se tient dans la balance. En effet, au lieu de livrer plusieurs confrontations pendant 85 minutes, Kevin Burke (Dont c’est le premier scénario) et Chris Wyatt (Ultimate Spider-Man, Teenage Mutant Ninja Turtles, Avengers Assemble) ont choisi d’offrir une véritable ligne directrice où les événements s’enchaînent vers le point culminant : la ville de Gotham City congelée! Bien que cela soit assez avare en tant que tel, il demeure qu’en décidant d’offrir une montée de suspense et des éléments cruciaux qui arrivent au compte goûte, les scénaristes empêchent la redondance qu’on sentait pendant les deux premiers chapitres. Autrement, ce troisième volet possède aussi l’excellence d’enlever majoritairement les pointes d’humour désagréables. Cela se sent avec le départ de Red Robin, sous les traits de Tim Drake, qui sera remplacé par le Robin iconique de Damian Wayne. Bien que cette version ne soit pas aussi jouissive que celle de Son of Batman, Batman vs. Robin, Batman: Bad Blood ou Justice League vs. Teen Titans, il a le mérite d’avoir une personnalité anxieuse bienvenue!

Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants peut aussi se donner une tape dans le dos pour offrir une meilleure utilisation de ses méchants. Bien que les deux précédents chapitres avaient aussi cette qualité, l’œuvre de Curt Geda a su rendre ceux-ci véritablement intéressants, en ne les utilisant pas uniquement comme des jouets promotionnels. Cela est peut-être dû à la gestion scénaristique de Kevin Burke et Chis Wyatt, mais les méchants ont des dialogues savoureux entre-eux et ont un véritable temps de développement qui permet une appréciation plus dynamique que de simples personnages avec des pouvoirs ou facultés divertissants. Le plus intéressant de la bande demeure Mr. Freeze qui possède une personnalité nuancée qui mérite quelques éloges en donnant un côté sérieux et sombre qui a le mérite de rendre l’œuvre plus mature qu’on ne pourrait le croire. Le seul bémol avec le personnage demeure l’absence de Nora Freeze (Présente dans des œuvres comme Batman & Mr. Freeze: SubZero ou Batman & Robin) qui justifierait la folie du Mr. Freeze. Puis, bien qu’étant bien moins nuancés, Bane, Clay Face, Killer Croc et Chemo ont aussi des bonnes présences à l’écran. C’est simplement dommage que leurs apparitions soient plus justifiées pour des combats.

On donnera aussi à ce troisième chapitre d’offrir la marchandise au niveau des scènes d’action et de combats. Bien mieux encore que les deux précédents chapitres, Batman Unlimited: Mechs and Monsters offre un paquet de moments anthologiques où Batman et Green Arrow, dans leurs robots géants, donnent du fil à retordre aux quatre ennemis géants principaux pendant un bon moment. Bien que cela rappelle énormément les combats d’œuvres Mecha comme Transformers ou Power Rangers, il demeure que le divertissement est à son apogée et le fait de voir Batman affronter Bane et Killer Croc, comme Green Arrow affronter Chemo, est une véritable euphorie qu’on redemande sans cesse. Surtout lorsque Batman improvise avec son armure en utilisant son bras cassé comme arme. Pour autant, rien n’égale le combat final où Batman et Green s’allient pour combattre Chemo avec des stratégies assez impressionnantes, surtout lorsque Green Arrow intervient sans son robot.

Puis, bien que très courte, la scène où le Pingouin et Mr. Freeze vont à Arkham Asylum pour récupérer les quatre autres antagonistes possède son efficacité. Cela s’explique par l’utilisation de clins-d’oeils avec plusieurs apparitions de méchants notoires de la franchise entière de Batman. Que ce soit Two-Face, Cheetah, Hush, The Mad Hatter ou le Joker, ils ont tous une apparition mémorable et donnent des répliques amusantes. Le seul bémol serait peut-être que ces personnages auraient tous mérités une apparition plus longue qui justifierait leur apparition. Mais bon, il est aussi probable que certains d’entre-eux seront peut-être dans un hypothétique quatrième chapitre!

batman-unlimited-mechs-vs-mutants-dvdBien que j’aie parlé plus haut des qualités scénaristiques de Kevin Burke et Chis Wyatt, il demeure que les deux hommes n’ont pas nécessairement le talent de Heath Corson et cela transparaît avec les deux derniers actes de l’œuvre. Bien que Corson avait trop tendance à mettre l’accent sur une longue course poursuite entre les gentils et méchants pendant toute la durée des deux précédents chapitres, il avait le mérite de savoir où il allait et les scénarios de Batman Unlimited: Animal Instincts et Batman Unlimited: Monster Mayhem ne souffraient pas d’une quelconque stagnation ou d’une véritable redondance désagréable. Ce n’est pas le cas du scénario des deux remplaçants qui, une fois la confrontation tant attendue arrivée, ne font plus avancer quoique ce soit et se contentent de mettre en évidence une succession de segments d’action et de combats qui arrivent un après l’autre, mais qui sont totalement anti-homogènes entre-eux. L’autre gros défaut de leur scénarisation est d’être incapable de définir correctement la ligne directrice de leur scénario pour venir à l’affrontement. Cela débute avec une scène de «flashfoward» qui montre une bride du combat avant de revenir deux semaines auparavant. Pour autant, cela ne s’arrête pas là et chaque décision des personnages pour venir à la situation de combats tant attendue est simplement grotesque et va dans une démesure abusive encore plus exagérée que par le passé. Cela vient du fait que le Pingouin est prêt à utiliser ses sbires simplement par vengeance pour détruire la ville de Gotham City au grand complet, mais aussi du côté blasé de Mr. Freeze qui veut anéantir la ville pour avoir la tranquillité qu’il souhaite tant! Tout comme les deux précédents chapitres, cette démesure ne serait pas un problème si la saga Batman Unlimited savait développer correctement ses méchants et leurs motifs, mais cette franchise ne se donne malheureusement jamais la peine de le faire et cela demeure toujours aussi saugrenu et stupide!

L’autre gros défaut de l’œuvre est encore une fois sa pauvre excuse à être un outil publicitaire pour vendre des jouets. Bien que la franchise ait toujours eu ce mandat précis, il demeure que Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants est encore plus flagrant que par le passé. Cela débute assez vite avec les méchants qui deviennent géants avec de nouveaux pouvoirs (Clay Face qui devient un monstre volcanique comme le montre la couverture DVD.) ou simplement les engins robotiques qu’utilisent Batman et Green Arrow. Si des franchises comme Transformers ont toujours été aussi dans la vente de jouets, il demeure que l’utilisation des personnages robotiques ne reflétait pas cette dévotion à la vente, ce qui n’est pas le cas de ce troisième chapitre. C’est encore plus flagrant lorsque nous voyons que les robots géants des deux héros peuvent avoir comme utilité le pouvoir d’enlever un bras et de mettre celui de l’autre robot!

Ce troisième chapitre a aussi le démérite d’être incapable de rendre ses environnements vivants et intéressants. Si la ville de Gotham City était autrefois belle et bien utilisée dans les chapitres réalisés par Butch Lukic, il s’avère que sous la supervision de Curt Geda, la ville est devenue fade et est simplement un décor inintéressant qui sert aux multiples combats de monstres et robots géants. C’est encore plus flagrant lorsque nous voyons de multiples édifices détruits qui ne semblent pas avoir d’impact sur quoique ce soit. Ce manque de vivacité dans la ville empêche d’ailleurs de croire à cette invasion de méchants géants et comme quoi la ville et les citoyens seraient en danger.

Pour ce qui de l’animation, malgré le manque de vie de Gotham City, Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants a au moins le mérite d’être probablement le chapitre le mieux animé de la franchise. Si l’on pouvait mettre le démérite de l’utilisation abusive d’effets par ordinateur et en 3D pour certains décors et véhicules, ce chapitre ne possède pas ce défaut et la longue année d’attente pour ce chapitre aura été bénéfique. On donnera aussi aux designs des personnages d’être mieux travaillés, bien qu’encore cartonnesques, et d’offrir une meilleure finition et gesticulation dans leurs mouvements. On donnera aussi aux robots géants d’être véritablement beaux avec des concepts visuels intéressants.

Au niveau technique, l’œuvre se défend plutôt bien! Curt Geda (Turok: Son of Stone, Superman: Brainiac Attacks, Ultimate Avengers, Batman: Mystery of Batwoman, Batman Beyond: Return of the Joker, Beware the Batman) donne une réalisation plutôt impressionnante avec plusieurs plans dynamiques. Cela est surtout visible lors des combats contre les robots et les monstres, tout comme dans la base secrète de Mr. Freeze où nous sentons que nous sommes réellement en plein hiver. Bruce King offre un montage assez mitigé où nous sentons que l’homme est dans une certaine cohérence, mais l’utilisation d’une scène déplacée de son contexte, en début de parcours, tout comme la mauvaise gestion visuelle de la succession de combats qui entache le tout. Bien que la franchise Batman Unlimited soit assez répétitive dans ses qualités et défauts, il reste que la musique de Kevin Riepl (La saga Batman Unlimited) est toujours aussi différente et avec un intérêt de vouloir offrir des partitions toujours aussi héroïques et épiques.

Au niveau des acteurs, c’est aussi très bien. Roger Craig Smith (Ultimate Spider-Man, Transformers: Robots in Disguise, Avengers Assemble), Charlie Schlatter (Diagnosis Murder), Will Friedle et Chris Diamantopoulos (Mickey Mouse) sont toujours aussi bons et dynamiques dans leurs rôles respectifs. De retour dans la franchise, Dana Snyder (Justice League Action) est toujours aussi parfait et passionnant vocalement dans le rôle du Pingouin. Dans le rôle de Mr. Freeze, Oded Fehr (La saga Resident Evil, la saga The Mummy) est plutôt impeccable avec une voix dépressive qui fonctionne parfaitement avec le personnage. Lucien Dodge (Pokemon: Origins) est aussi très bien dans le rôle de Damian Wayne, donnant une voix hésitante et pleine d’espoir qui demeure intéressante. Puisqu’il apparaît pendant deux scènes respectives, il demeurait logique que Troy Baker (Batman: Arkham Origins, Batman: Assaut on Arkham) revienne dans le rôle du Joker et, comme toujours, il est fort dynamique et parfait.

Au final, Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants est à la fois le meilleur et le pire chapitre de la trilogie. D’un côté, il améliore enfin l’animation, la structure scénaristique (D’un certain point!) et l’utilisation de ses méchants, mais il s’accommode des pires défauts que puisse avoir la saga et se donne à cœur joie pour les empirer drastiquement. Dans cette optique, il demeure que la compagnie Mattel est une vraie plaie pour l’univers filmique en préparation et entache complètement ses tentatives de vouloir faire un bon long-métrage. Je dirais même qu’elle oblige la franchise à utiliser des concepts saugrenus et qui n’aident en rien la cause. Il restera des acteurs de bonne facture et un côté technique qui se débrouillent bien. Au final, malgré sa qualité toute aussi mitigée que les précédents chapitres, ce troisième volet donne bon espoir d’un hypothétique quatrième chapitre qui saura réellement offrir un produit de qualité!

Note : 2.6 / 5

En résumé : Bien que la franchise Batman Unlimited a toujours eu une qualité assez minime, elle possède des bons points quand même recevables. Il reste quand même bien décevant que celle-ci se donne le mandat d’être une longue publicité pour vendre des jouets. Non seulement parce que ces personnages et histoires ont du potentiel, mais aussi parce qu’elle pourrait être bien plus que cela. Au final, il reste au moins que Batman Unlimited: Mechs vs. Mutants améliore quelques qualités et son année d’espacement avec le précédent chapitre lui confère une meilleure finition. Pour autant, les défauts probants de cette franchise sont bien pires qu’auparavant et cela est bien dommage. En conclusion, nous sommes dans les mêmes eaux et nous espérons que l’éventuel quatrième chapitre sera mieux!


Réalisation : Curt Geda

Scénario : Kevin Burke, Chris Wyatt

Avec : Roger Craig Smith, Oded Fehr, Lucien Dodge, Dana Snyder, Chris Diamantopoulos, Phil LaMarr, Will Friedle, Charlie Schlatter, Carlos Alazraqui, John DiMaggio, Dave B. Mitchell, Troy Baker, Richard Epcar

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