[CRITIQUE] Batman Unlimited: Animal Instincts (2015)

Résumé : Batman, avec l’aide du Flash, de Green Arrow, de Nightwing et de Red Robin, tente découvrir les mystères des robots animaliers attaquant Gotham.

Critique : 

Bien que j’apprécie beaucoup les œuvres animées sortant directement sur DVD de DC Comics, il demeure que la compagnie se reposait énormément sur ses lauriers depuis plusieurs années. En effet, depuis la création de la filière alternative possèdent des longs-métrages comme Superman: Doomsday ou Batman: The Killing Joke, la compagnie ne nous aura rien offert, outre trois œuvres cinématographiques par année sur cette dite filière. Pour autant, c’est en 2015 que les choses auront totalement changé avec la création de gammes de jouets aux noms de DC Super Hero Girls et Batman Unlimited. D’ailleurs, ces deux gammes de jouets pour enfants auront tellement eu de succès que DC Comics aura décidé d’offrir plusieurs médiums télévisuels et filmiques par-dessus le marché. Si DC Super Hero Girls se verra offrir une série web, un téléfilm et un long-métrage directement sur DVD, Batman Unlimited se fera rapidement offrir plusieurs courts-métrages et une trilogie filmique aussi sur DVD. C’est avec Batman Unlimited: Animal Instincts que cette trilogie débutera avec un certain potentiel. Il ne restait qu’à voir si le tout serait assez bon pour valoir plusieurs chapitres!

batman-animal-instinctsCe premier chapitre commence sur Batman, Nightwing et Red Robin (Tim Drake) qui parcourent la ville à la recherche d’un crime. Au même moment, nous apprenons que le Pingouin a pour objectif d’offrir des robots animaux pour aider la ville lors de tâches difficiles. Il s’avère qu’en même temps, Killer Croc, Sliverback, Man-Bat et Cheetah prennent d’assaut un musée et une bijouterie lors d’un cambriolage, tout en étant affrontés par Batman et Nightwing, qui seront aidés par Flash et Green Arrow. Malgré un bon avantage, les quatre bandits gagneront et partiront vers des endroits respectifs. Avec l’aide de Flash et Green Arrow, Batman et sa troupe auront une autre altercation dans un zoo avec les quatre bandits, qui seront aidés par les animaux de l’endroit, tout comme par des robots animaux puissants. Après avoir perdu de nouveau, la troupe de Batman apprendra que le Pingouin et son gang ont comme projet de créer une apocalypse sur Gotham City avec un astéroïde géant, qui a pour but de permettre au Pingouin de s’enrichir totalement!

Bien que l’œuvre de Butch Lukic n’ait pas nécessairement la qualité d’être intelligente ou bien ficelée, il faut au moins offrir au long-métrage le mérite d’être mieux qu’il n’y paraît. Dès le départ, on sent une certaine qualité dans la gestion scénaristique qui se développe, au gré du temps. Cela se sent avec la façon dont on offre les personnages de Batman, Nightwing ou Red Robin, qui sont plutôt sympathiques et qui donnent, en quelques phrases, un certain dynamisme dans leur personnalité, tout comme dans l’environnement où ils évoluent. On donnera également au scénariste Heath Corson (Justice League: War, Batman: Assaut on Arkham, Justice League: Throne of Atlantis, Batman Unlimited: Monster Mayhem) de savoir bien gérer ses péripéties et de mettre en évidence une logistique dans ses concepts. Cela fait plaisir à voir alors qu’il prend bien soin de rendre intéressant la thématique des animaux, avec tous les méchants et les robots animaux qui ont tous des liens.

Je serais aussi très positif envers les scènes de combats et d’action qui sont véritablement divertissantes, malgré des exagérations visuelles évidentes. Cela débute assez vite avec les deux scènes d’action collaboratives où nous voyons Nightwing et Flash affronter Killer Croc et Cheetah, tout en voyant Batman et Green Arrow combattre Sliverback et Man-Bat. Ces deux combats ont la chance d’avoir un certain dynamisme et d’offrir plusieurs moments forts, dont la scène où Flash utilise sa vitesse pour donner de multiples coups à Sliverback. Par la suite, la confrontation individuelle dans le zoo, entre chaque héros et méchants, a la chance d’être aussi dynamique et fait son possible pour rendre le suspense fort avec plusieurs moments où nos héros sont vulnérables, surtout Batman qui doit affronter Cheetah et des lions. Pour autant, la confrontation finale dans la ville de Gotham City tient la route et se permet une folie et un côté sauté qui fonctionnent agréablement bien avec Batman qui utilise un robot animal comme moto ou Flash qui utilise sa super-vitesse pour détruire un champ de force. Par-contre il s’avère rapidement que ce premier chapitre se tire vers le bas!

Bien que Batman Unlimited: Animal Instincts avait un potentiel certain avec sa gamme de jouets plus ambitieuse que DC Super Hero Girls, il restait que la mentalité de DC Comics sur le fait que les enfants doivent avoir un produit léger et assez mal agencé, prime sans cesse sur l’œuvre. Le principal problème est que nous sentons que Batman Unlimited: Animal Instincts est une pauvre excuse pour vendre des jouets en montrant correctement les engins et costumes des personnages, tout en donnant une allure plus cartoonesque à ceux-ci. Cela empêche non seulement l’œuvre d’être plus adulte ou sérieuse qu’elle ne le devrait, mais elle cherche sans cesse à vouloir se croire dans la bonne direction pour les enfants. Cela se sent avec le personnage de Flash qui passe le plus clair de son temps à être le support comique de service en plaçant plusieurs blagues faciles qui marchent (La blague sur le fait que Nightwing croit en lui…) ou se plantent totalement (Celle où Flash devient le terrain de jeu ambulant des gorilles…). Malheureusement pour nous, les mauvaises blagues et répliques assassines ratées arrivent en pagaille et il est difficile de tenir le divertissement longtemps, surtout lorsque tous les personnages sont de véritables moulins à parole prenant un malin plaisir à dire des stupidités.

Comme dit plus haut, Batman Unlimited: Animal Instincts possède le gros problème de se servir de ses péripéties et scènes d’action pour vendre des jouets. D’ailleurs, cela devient agressant lorsque nous voyons Batman changer trois fois de costume pendant le déroulement de l’intrigue, tout comme l’utilisation de plusieurs de ses véhicules. Puis, même si j’apprécie concrètement de voir Green Arrow et Flash dans le décor, il demeure que leurs utilités et costumes sont clairement aléatoire, pour offrir une variété dans les étagères. Nous pouvons même être encore plus sceptique envers l’utilisation des trois robots animaux qui ont plusieurs armes et formes rétractables différentes pour permettre une diversité clairement destinée à l’amusement (La fameuse moto robotisée est un exemple flagrant!). Bien que j’aie l’air d’exagérer dans mes propos, il demeure que Batman Unlimited: Animal Instincts ne parvient pas à avoir la subtilité de divertir correctement, sans rendre l’œuvre comme une campagne publicitaire. C’est d’ailleurs encore plus décevant quand nous voyons l’effort que tentait d’apporter des séries animées comme The Transformers ou G. I. Joe, qui avaient un bien meilleur contenu et plus de divertissement.

Puis, bien que je disais que l’œuvre avait la faculté d’utiliser ses concepts et outils scénaristiques à bon escient, il demeure que cela tombe vite à plat avec le manque de diversité dans les péripéties et dans le manque de retenue dans ses revirements. Comme dit plus haut, les scènes d’action et de suspense ont la chance d’être excellentes, mais le fil conducteur qui mène à celles-ci n’est pas assez solide pour tenir la route, avec le schéma narratif des sbires du pingouin qui affrontent Batman et son équipe et qui sont dans leurs pattes. Le principal problème à cette redondance demeure que Heath Corson veut contenir ses revirements, mais en utilisant cette technique, il ne donne pas grand-chose entre-temps. Pour autant, lesdits revirements sont tous un peu stupide et rendent l’œuvre tout simplement bâclée. Ce qui devait être de simples vols dans des édifices différents de la ville, devient vite prétexte à un plan saugrenu avec un astéroïde sur la ville! En n’ayant pas peur d’aller dans cette démesure abusive, Batman Unlimited: Animal Instincts perd vite en crédibilité et donne l’impression d’avoir un noyau beaucoup trop mal mis en place.

L’animation a au moins le mérite d’être intéressante et dans la norme de la qualité des œuvres de DC Comics. Bien que les dessins et costumes des personnages sont beaucoup plus grossiers et cartoonesques qu’à l’habitude, il demeure qu’ils ont un joli visuel tout en étant totalement impeccables dans l’optique offerte, surtout les trois costumes de Batman qui sont simplement impressionnants. On donnera aussi aux environnements et aux multiples personnages d’avoir un rendu visuel totalement réussi, tout comme les trois robots animaux qui ont le plaisir d’avoir une bonne contraste de couleurs et une bonne forme visuelle. Même les scènes d’action et le dernier acte ont la chance d’avoir une bonne fluidité et une finition simplement parfaite.

Le côté technique est aussi une bonne qualité de l’œuvre! À la chaise de réalisateur, Butch Lukic (Batman Unlimited: Monster Mayhem) offre une réalisation plutôt inventive, proposant des plans ingénieux et diversifiés qui donnent une certaine pêche à l’œuvre. Il suffit de voir la course poursuite où Batman est poursuivi par l’armée de robots animaux pour bien comprendre la tenue de réalisation professionnelle de Lukic! Bien que n’étant pas parfait, je dois dire que le montage de Bruce King est plutôt professionnel; on sera simplement déçu du manque de diversifié pendant les deux premiers actes, où on semble revoir continuellement la même chose. Kevin Riepl (La saga Batman Unlimited, Justice League Action) offre une palette musicale épique où nous sentons qu’il veut rendre les présentations de personnages et scènes d’action sensationnelles, avec un thème principal simplement dantesque et digne de mention!

Au niveau des acteurs, nous sommes aussi dans la véritable qualité de l’œuvre. Dans le rôle de Batman, Roger Craig Smith (Ultimate Spider-Man, Transformers: Robots in Disguise, Avengers Assemble) a beau ne pas avoir le talent de Kevin Conroy ou Jason O’Mara, il demeure plutôt crédible et donne une voix grave et sombre qu’on apprécie entendre continuellement. Dans les rôles de Nightwing et Red Robin, Will Friedle (Gardians of The Galaxy, Transformers: Robots in Disguise) et Yuri Lowenthal (Justice League: Gods and Monsters) sont aussi plutôt crédibles vocalement et donnent vie correctement aux personnages qu’ils incarnent. Bien que n’étant pas mauvais, Charlie Schlatter (Diagnosis Murder) donne une personnalité plutôt discutable à Flash où celui-ci agit comme un support comique assez agressant. Chris Diamantopoulos (Mickey Mouse) est quand même crédible dans le rôle de Green Arrow, donnant le style sarcastique et professionnel du personnage. Dans le rôle du Pingouin, Dana Snyder (DC Super Friends) est plutôt bon et donne le côté agressif et machiavélique qu’on adore du personnage.

Bien que n’étant pas aussi mauvais que nous pourrions le croire, Batman Unlimited: Animal Instincts a beaucoup de mal à savoir où il veut aller et il se contente souvent d’aller dans la facilité avec une montagne de scènes d’action, mais un scénario inégal et souvent mal agencé. Dans cette optique, nous pouvons dire aisément que l’œuvre perd des plumes et devient même lassante au gré du temps. Nous pouvons être aussi difficiles envers la sur-utilisation de sa gamme de jouets et le manque de retenue envers ses revirements saugrenus. En dernier lieu, il ne reste qu’une animation professionnelle et des acteurs convaincants; des acteurs qui donnent un excellent travail vocal, tout en n’étant pas aussi bons que les acteurs vocaux officiels depuis des lustres. Si vous voulez découvrir l’œuvre pour y voir une prolongation de la gamme de jouets, celui-ci fait le travail, mais il restera un amuse-gueule moyen pour ceux qui veulent un produit consistant.

Note : 2.6 / 5

En résumé : Bien que Batman Unlimited: Animal Instincts ne soit définitivement pas un mauvais long-métrage, il reste qu’il se met dans la mauvaise direction avec cette franchise sur la gamme de jouets de Mattel (Max Steel) qui semble plus intéressée de montrer ses jouets, que de vouloir offrir un véritable divertissement de bonne facture. Il demeure au moins que la franchise Batman Unlimited a une meilleure matière à offrir avec ses jouets et concepts que DC Super Hero Girls et qu’il peut y avoir une bonne amélioration si les gens autour de la saga filmique donnent une meilleure gestion du produit fini!


Réalisation : Butch Lukic

Scénario : Heath Corson

Avec : Roger Craig Smith, Chris Diamantopoulos, Will Friedle, Charlie Schlatter, Yuri Lowenthal, Dana Snyder, John DiMaggio, Keith Szarabajka, Laura Bailey, Phil LaMarr, Richard Epcar, Alastair Duncan, Amanda Troop

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