[CRITIQUE] Batman Unlimited: Monster Mayhem (2015)

Résumé : Le Joker est aidé dans sa quête pour rendre la technologie moderne inutile par Solomon Grundy, Silver Banshee, Clayface et Scarecrow.

Critique : 

Comme dit auparavant, la franchise Batman Unlimited avait un potentiel assez fort avec sa gamme de jouets très diversifiés. D’ailleurs, son succès demeure assez évident avec la parution de quelques produits dérivés sur le web et au niveau cinématographique. Cela débuta en pompe avec Batman Unlimited: Animal Instincts qui, bien qu’étant assez léger et très oubliable, demeurait suffisamment intéressant et dynamique pour qu’on veuille visionner une suite. C’est ainsi que le premier chapitre de cette trilogie eut un énorme succès et des critiques quand même positives de la part des consommateurs. Pendant que la filière de DC Comics donnait ses trios annuels de longs-métrages avec Justice League: Throne of Atlantis, Batman vs. Robin et Justice League: Gods and Monsters, la suite tant attendue de Batman Unlimited: Animal Instincts fut rapidement offerte, à peine quelques mois plus tard. Celle-ci se nomma Batman Unlimited: Monster Mayhem et portait sur la troupe de Batman qui devait affronter cette fois-ci le Joker et quelques autres méchants connus des fans. Ne restait qu’à voir si cette suite saurait offrir un divertissement plus costaud que le précédent chapitre!

batman-unlimitedAprès avoir vaincu le pingouin et ses sbires, Batman, Nightwing, Red Robin et leurs autres co-équipiers reviendront dans un calme serein. Pour autant, il s’avère assez vite que Solomon Grundy et Silver Banshee s’échapperont d’Arkham Asylum et en profiteront pour commettre plusieurs crimes à Gotham City, pendant que celle-ci fête Halloween. Heureusement, Batman et sa troupe de héros interviendront rapidement. Malheureusement pour ceux-ci, Solomon Grundy et Silver Banshee s’échapperont avec l’aide de Scarecrow. Au même moment, Cyborg viendra offrir ses services au commissaire Gordon dans son enquête sur plusieurs crimes que les malfrats feront dans la ville. C’est au même moment que Gogo Shoto, un programmeur de jeux-vidéos hors-pair, sera enlevé par Clayface. Il s’avère bien vite que les quatre malfrats sont sous les ordres du Joker qui profite de la présentation de Cyborg, dans un musée, pour voler une pierre précieuse. Après cela, le plan du Joker demeure encore plus clair avec une panne générale dans la ville de Gotham et une dictature totale du Joker et de ses sbires sur celle-ci. Pour autant, les plans du Joker seront encore plus ambitieux avec la domination totale de la planète, et c’est là que Batman, Red Robin, Nightwing, Cyborg et Green Arrow devront intervenir!

Donnons à César ce qui est à César, Batman Unlimited: Monster Mayhem est beaucoup mieux que son prédécesseur. Cela se voit définitivement grâce à l’amélioration scénaristique de Heath Corson (Batman Unlimited: Animal Instincts) qui est beaucoup plus ambitieux et cohérent dans son écriture. En effet, l’homme aura compris que les jeunes enfants masculins veulent beaucoup plus que des blagues faciles, des véhicules pour vendre des jouets et une intrigue décousue et imbécile. Dans cette optique, ce second chapitre en donne pour son argent avec, dès le début, une meilleure introduction des méchants, sur comment ils se sont évadés, et une meilleure élaboration du plan du Joker. En effet, bien qu’imbécile, le plan du Joker demeure quand même cohérent et donne toute la folie que le personnage doit avoir dans son anarchie saugrenue. Puis, tout comme le précédent chapitre, Batman Unlimited: Monster Mayhem sait offrir une bonne élaboration dans son concept de par son titre, mais aussi l’halloween, avec l’utilisation des méchants qui sont totalement appropriés dans cette fête et le concept du récit.

L’autre grosse qualité de Batman Unlimited: Monster Mayhem est d’avoir aussi une meilleure gestion de la pub de ses jouets. En effet, bien que les scènes d’action soient toujours aussi nombreuses, elles ne sont pas un vulgaire prétexte pour montrer des nouveaux prototypes, mais une véritable élaboration scénaristique. Cela se voit dès le début avec la course poursuite entre la troupe de Batman et le duo composé de Solomon Grundy et de Silver Banshee qui donne de véritables moments forts et une utilisation plus sobre des véhicules. L’œuvre a même le mérite de détruire la Batmobile, le jet et la moto animale robotisée de Batman, tout en utilisant un concept fort où le Joker aura coupé entièrement la technologie sur la ville de Gotham City. Bien que la subtilité du plan du Joker soit facilement remise en question, il demeure que le scénariste Heath Corson a bien utilisé cet élément et rend Batman Unlimited: Monster Mayhem beaucoup moins stupide et enfantin que son prédécesseur. On donnera également à l’œuvre d’être légèrement plus consistante dans ses péripéties, ne donnant pas toujours l’impression de revoir une longue course poursuite pendant toute la durée de l’œuvre.

Ce second chapitre s’accommode aussi d’une bonne gestion de l’humour. Bien que les blagues mal agencées soient encore de mises (Le personnage de Red Robin en n’est un peu la cause…), il demeure que nous ne sommes pas autant fatigués d’entendre les personnages lancer des répliques assassines et d’avoir l’air idiot à se répondre avec des blagues malaisantes. Même le Joker, qui demeure le support comique de l’œuvre, n’est pas agressant dans son humour noir et propose plusieurs moments euphoriques qui marchent parfaitement. D’ailleurs, la gestion des blagues permet à ce second chapitre d’avoir un côté plus sérieux et sobre qui joue en sa faveur durant une bonne partie des événements, surtout pendant le dernier acte où Batman se retrouve avec un tyrannosaure robotisé dans un programme informatique contre le Joker. Bien que les décors rappellent un peu trop Road Runner, il demeure que l’intention sérieuse fonctionne parfaitement, tout comme les multiples altercations entre la bande de Batman et celle du Joker; surtout pendant le combat final où le Joker est muni d’une armure semblable à Batman et combat Cyborg dans les airs!

Pour autant, Batman Unlimited: Monster Mayhem est tiré vers le bas à cause de l’ambition assez décevante de la compagnie DC Comics qui donne le minimum syndicale et qui veut toujours autant offrir une œuvre qui comprend les jeunes enfants. Cela se voit avec un jeune enfant qui demande textuellement de prendre un «selfie» avec Batman. Non seulement cette scène est complètement stupide, mais elle vient briser le sérieux et le côté anonyme de Batman. C’est même tellement un instant stupide qu’on pourrait dire que la version d’Adam West était plus subtile dans son élaboration! Même qu’on en rajoute une couche avec le même enfant qui demande un autre «selfie», en fin de parcours, aux méchants de l’œuvre. D’un autre côté, bien que ce second chapitre a une bonne relation avec l’aspect technologique très présent, il demeure qu’on pousse le bouchon un peu trop loin avec les jeux vidéos en réalités virtuelles ou le personnage de Gogo Shoto, qui est beaucoup trop présent dans l’œuvre. Je serais tout aussi négatif envers le Joker qui, avec quelques virus, peut contrôler totalement la ville et peut dominer le monde en quelques minutes!

L’œuvre touche aussi le fond en essayant trop souvent d’aller dans une démesure toute aussi mal contrôlée que le chapitre précédent. Bien que cela ne va pas aussi loin qu’un astéroïde sur tout Gotham City, il reste que le plan final du Joker vient anéantir le sérieux que l’œuvre pouvait avoir jusqu’à un certain degré. Je dirais même que Batman Unlimited: Monster Mayhem ne sait plus s’arrêter à un certain moment et exagère beaucoup les choses avec le Joker qui possède un clown robotique géant, tout comme une armure dans le style de Batman. Ce n’est peut-être pas aussi mauvais que le chapitre précédent, mais ce second chapitre aurait été beaucoup mieux d’offrir une simple panne d’électricité et une dictature du Joker et de ses sbires tout du long, donnant ainsi un résultat beaucoup moins saugrenue que ce qui nous est offert ici.

Je serais aussi assez négatif envers l’utilisation de nouveaux véhicules et gadgets pour les méchants. Bien que je puisse comprendre que la gamme de jouets de la compagnie Mattel soit obligatoire dans cette franchise, il reste que d’avoir plusieurs robots et véhicules pour le Joker est un peu une grosse exagération, même pour un personnage aussi ridiculement riche que celui-ci. Le résultat atteint d’ailleurs son paroxysme de ridicule, lorsqu’il utilise une armure semblable à Batman! Pour autant, l’insulte vient évidemment du tyrannosaure robotisé de Batman, qui est non seulement virtuel, mais qui n’est pas un élément crucial de l’œuvre. C’est encore plus mal agencé lorsque nous voyons que cedit tyrannosaure est sur la couverture officielle de Batman Unlimited: Monster Mayhem. Mais bon, dans l’optique d’un divertissement décérébré, ce fameux dinosaure est quand même intéressant dans son utilisation!

Au niveau de l’animation, Batman Unlimited: Monster Mayhem transparaît sa rapidité de production de quelques mois après le précédent chapitre. Non seulement les «speedlines» sont abusivement utilisées, mais nous voyons trop souvent une utilisation de l’animation 3-D pour des environnements, comme un décor ou des véhicules. Bien que Batman Unlimited: Animal Instincts avait aussi ce style d’utilisation facile, cela demeurait justifié et avec une envie de donner des détails plus impressionnants. Ce n’est pas le cas de cette suite qui s’en sert simplement pour une économie facile et pour aller plus vite dans la production. Malgré ses défauts au niveau de l’animation, cette suite peut au moins se dire victorieuse dans les scènes d’action et de combats qui sont toutes impressionnantes dans leur élaboration, même chose pour les designs des personnages et des robots qui, bien que toujours cartonnesques, sont appréciables.

Pour ce qui concerne le côté technique, cette suite est quand même appréciable. À la réalisation, Butch Lukic (Batman Unlimited: Animal Instincts) donne une réalisation toujours aussi inventive et énergique où l’on sent qu’il veut offrir une bonne élaboration visuelle de l’univers futuriste de cette franchise, tout en donnaent des excellentes scènes d’action et de suspense. On donnera également à ce réalisateur d’offrir une bonne crédibilité à la ville de Gotham City, qui demeure vivante et bien représentée par ses plans autour des édifices et maisons. Wes Gleason est également digne de mention dans son montage plutôt élaboré qui donne à Batman Unlimited: Monster Mayhem une cohérence et une bonne gestion de son temps avec une durée de 80 minutes. Au niveau musical, Kevin Riepl (Batman Unlimited: Animal Instincts) donne une palette musicale tout aussi excellente que le précédent chapitre avec des nouveaux thèmes qui transpirent l’héroïsme, l’épique et le côté impressionnant des gentils et méchants de l’œuvre.

Les acteurs se défendent toujours également aussi bien. Roger Craig Smith (Ultimate Spider-Man, Avengers Assemble) est toujours aussi sombre et sérieux, avec une voix aussi grave que pour le précédent chapitre, donnant une crédibilité certaine au personnage de Batman. Toujours dans les rôles de Nightwing et Red Robin, Will Friedle et Yuri Lowenthal restent assez crédibles et intéressés dans leurs interprétations pour que nous puissions y croire. Chris Diamantopoulos (Mickey Mouse) tient toujours autant la route dans le rôle de Green Arrow. Bien que son personnage soit très peu présent, Khary Payton (DC Super Hero Girls: Hero of The Year, Teen Titans Go !, Justice League Action, Transformers: Robots in Disguise) est plutôt convaincant dans le rôle de Cyborg. Troy Baker (Batman Arkham: Origins, Batman: Assaut on Arkham, Transformers: Robots in Disguise, Avengers Assemble, Guardians of The Galaxy) a beau n’être pas aussi bon que Mark Hamill dans le rôle du Joker, il est parfaitement délicieux dans ce rôle et sa voix est simplement fascinante et dynamique. Fred Tatasciore (Batman Arkham: Origins, Avengers Assemble, Teenage Mutant Ninja Turtles, Ultimate Spider-Man) est aussi assez dynamique dans le rôle de Solomon Grundy, livrant la simplicité d’esprit et le langage limité du personnage avec brio. Dans les rôles de Scarecrow et Silver Banshee, Brian T. Delaney (Batman: Arkham Knight) et Kari Wuhrer (The Avengers: Earth’s Mightiest Heroes) sont aussi très biens dans leurs interprétations.

Bien que Batman Unlimited: Monster Mayhem ne soit pas exempt de défauts et qu’il soit aussi en dents de scie que son prédécesseur, nous sentons quand même une nette amélioration dans son intrigue beaucoup moins décousue et mieux ficelée dans son produit fini. Malgré tout, nous sentons trop souvent que l’œuvre est destinée aux jeunes gamins et, dans cette optique, DC Comics s’assure de garder une légèreté et un contenu franchement stupide à certains moments (Le «selfie» utilisé à deux reprises vous restera profondément dans la gorge…). Pour autant, nous pouvons encore compter sur une animation intéressante, des acteurs polyvalents et une équipe technique suffisamment talentueuse. Mais bon, tout comme pour le précédent chapitre, Batman Unlimited: Monster Mayhem ne s’est pas assez amélioré ou ne divertit pas plus pour que nous ne puissions l’oublier moins rapidement…

Note : 2.6 / 5

En résumé : Si vous voulez essayer cette suite dans l’optique d’avoir un meilleur spectacle que son prédécesseur, nous pouvons dire que vous serez à moitié servis. Car, à défaut de remplir totalement le cahier des charges, Batman Unlimited: Monster Mayhem a au moins le mérite d’offrir des qualités beaucoup plus dignes de mention que le précédent volet. Non seulement les acteurs sont excellents, l’animation tient la route et l’équipe technique est brillante, mais le scénario est bien mieux peaufiné et n’est pas qu’une pauvre excuse stupide pour vendre les jouets de la compagnie Mattel. Pour autant, ne vous attendez pas nécessairement à un divertissement exceptionnel, il reste encore du chemin à faire. Au moins, la qualité minime donne envie de voir le troisième chapitre de la trilogie…

Réalisation : Butch Lukic

Scénario : Heath Corson

Avec : Roger Craig Smith, Troy Baker, Khary Payton, Chris Diamantopoulos, Will Friedle, Kari Wuhrer, Fred Tatasciore, Brian T. Delaney, Dave B. Mitchell, Noel Fisher, Cedric Yarbrough, Eric Bauza, Richard Epcar, Alastair Duncan, Amanda Troop, Steven Blum

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